Pour une dose de capitalisation dans nos retraites

Erwann Tison, Dominique Calmels, Damien Verdier, Pierre Brajeux
Profitons du creux démographique de 2028 pour sauver notre système de retraite

Notre système de retraite par répartition est à bout de souffle, principalement pour des raisons démographiques. En plus de prélever de plus en plus de richesses sur les salariés en activité, notre système organise la paupérisation à venir des prochains retraités. Les cotisants actuels se retrouvent donc condamnés à une double peine : leur pouvoir d’achat actuel stagne et leurs pensions sont amenées à diminuer quand ils seront retraités.

Pour juguler cette situation, il nous faut sortir de la logique du 100 % répartition, en ajoutant un pilier capitalisation. Notre proposition est de profiter du creux démographique de 2028 pour ventiler le léger surplus budgétaire de notre système vers une caisse d’épargne collective et individuelle, qui sera chargée de verser des dividendes à tous les salariés cotisants à partir de 2042, moment où la soutenabilité de notre système actuel sera mise à mal. Selon nos estimations, la mise en place d’une épargne productive pour tous les cotisants permettrait de compenser largement la baisse à venir des pensions, de manière totalement indolore pour les contributeurs actuels. La pension moyenne ainsi offerte en surplus à chaque retraité pourrait être de 1310 € par an en 2042, soit l’équivalent d’un treizième mois par bénéficiaire (venant s’ajouter à la pension minimale prévue par le gouvernement) sans demander un effort supplémentaire aux entreprises, aux cotisants ou aux finances publiques.

La création de ce fonds de retraite par capitalisation, pouvant atteindre 565 milliards d’euros d’ici 20 ans, pourrait ainsi offrir une épargne à ceux qui ne peuvent aujourd’hui en constituer, mais également financer en partie l’économie française en augmentant les investissements dans les entreprises. Ce fonds, piloté avec les partenaires sociaux et géré par la BPI, la Caisse des dépôts et des représentants de banquiers et d’assureurs privés, pouvant également servir de réceptacle à la sur-épargne créée pendant la période COVID, devra en revanche être totalement protégé d’autres dépenses, afin que les fruits de sa rentabilité ne servent pas d’autres objectifs que le versement de pensions de retraite. Il ne devra donc en aucune manière être dévoyé pour financer la dette sociale ou d’autres dépenses conjoncturelles. Une inscription dans ce sens dans la Constitution en serait la meilleure garantie.

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AUTEUR DE LA PUBLICATION

Erwann Tison

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Erwann Tison est le directeur des études de l’Institut Sapiens. Macro-économiste de formation et diplômé de la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il intervient régulièrement dans les médias pour commenter les actualités liées au marché du travail, aux questions de formation et aux problématiques européennes. Il est également chargé de cours à la faculté d'économie de l'Université de Strasbourg. Il codirige également les observatoires "santé et innovation" et "emplois, formation et compétences" de l'Institut Sapiens. Il a publié « les robots, mon emploi et moi » (2019) et « un robot dans ma voiture » (2020) aux éditions ESKA.

Dominique Calmels

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Directeur financier d'Accenture France-Bénélux, il cofonde en décembre 2017 l'Institut Sapiens avec Olivier Babeau et Laurent Alexandre. Il est l'un des spécialistes français de la fiscalité des entreprises.

Damien Verdier

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Ancien directeur du groupe Sodexo France, il a été également en charge au niveau mondial sur le plan mondial, de la stratégie, des achats, du marketing, du développement durable et de l’innovation. Il préside aussi l’association « International Food Waste Coalition », qu’il a fondée en 2015 aux côtés de WWF et d’autres entreprises, dont l’objectif est de lutter contre le gaspillage alimentaire tout au long de la chaîne de valeur. Il préside le GPS depuis novembre 2019.

Pierre Brajeux

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Fondateur et PDG de la société de sécurité privée TORANN-FRANCE, il est engagé dans la défense et la représentation des entreprises. Actuel Président Délégué de la Fédération Française de la Sécurité Privée (F.F.S.P), il a été Président du MEDEF Hauts- de-Seine et Vice-Président du MEDEF.