La santé mentale des soignants est devenue un déterminant stratégique de la qualité, de la sécurité et de la continuité des soins, donc de la soutenabilité du système de santé.
Les données montrent une exposition professionnelle spécifique : davantage de symptômes dépressifs et anxieux, davantage de besoins d’aide, avec un effet direct sur l’absentéisme, le turnover et l’attractivité.Le problème n’est plus conjoncturel (post-Covid) mais structurel : intensification du travail, horaires atypiques et imprévisibles, faible autonomie dans des organisations hiérarchisées, inflation administrative et numérique.
Cela produit un “travail empêché” et des blessures morales : impossibilité durable de soigner “comme il faut”, perte de sens, fatigue cognitive et émotionnelle.Le numérique et l’IA peuvent alléger la documentation, mais aussi fragmenter l’attention, déplacer la charge vers la relecture et rigidifier les organisations sans doctrine d’usage.
La culture de bravoure, l’omerta et la faible sécurité psychologique retardent la demande d’aide, et transforment des signaux faibles en ruptures.
Cette note propose de passer d’une logique de réparation à une prévention structurelle pilotée (plannings, repos, seuils d’alerte, accès confidentiel à l’aide, management, culture de l’erreur, sobriété numérique, prise en compte parentalité/aidance).