On finance des usines neuves. On laisse fermer celles qui marchent.
La France va affronter une vague massive de transmissions d’entreprises d’ici 2035. Près de 500 000 dirigeants de TPE-PME partiront à la retraite, mettant en jeu plus de 3 millions d’emplois. Faute de repreneurs, une partie de ce capital productif risque de disparaître silencieusement.
Ce ne sont pas seulement des entreprises qui ferment, mais des savoir-faire, des emplois, des fournisseurs locaux et des chaînes industrielles qui se fragilisent. La France finance des usines neuves, mais laisse parfois mourir celles qui fonctionnent déjà.
Le plan Objectif Reprises marque une avancée, mais ne constitue pas encore une stratégie industrielle complète. La note propose sept leviers : mesurer le risque, créer un guichet unique, former les repreneurs, fixer des objectifs, mieux cibler le Dutreil, développer le repreneuriat dans l’enseignement supérieur et créer un Crédit d’Impôt Continuité Productive.
Le Japon et l’Allemagne montrent qu’une politique structurée de transmission est possible. L’enjeu est simple : consolider avant de reconstruire.
Une entreprise transmise, c’est une usine sauvée ; une entreprise perdue, c’est dix ans de capital détruit.