Vers des cultures plus résistantes à la sécheresse

Source : European Scientist

« L’efficacité du processus de photosynthèse dépend de la capacité pour une plante à transporter le CO2 vers ses cellules » écrit Siobhán Dunphy. Les scientifiques savent depuis un moment que ce transport s’effectue grâce à un réseau des pores, comparable à un poumon avec ses bronches. Mais les scientifiques ont fait récemment un bon en avant dans la compréhension de la structure interne d’une feuille. « Jusqu’aujourd’hui, la manière dont les plantes forment leurs canaux d’air demeurait étonnamment mystérieuse. » explique le professeur Andrew Fleming de l’Institute for Renewable Food de l’Université de Sheffield. Les chercheurs ont découvert que « le mouvement de l’air à travers les feuilles façonne leur fonctionnement interne ». Ces découvertes ont des implications qui vont au-delà de la compréhension de la respiration des plantes : à l’avenir, les plantes cultivées pourraient être rendues moins gourmandes en eau en modifiant leur structure interne – notamment en ciblant le réseau de canaux d’airs. D’autres chercheurs de l’Institute for Stustainable Food sont déjà en train d’exploiter cette découverte afin de développer du riz et du blé résistants à la sécheresse.

Analyse : Cette découverte et ses potentielles applications sont prometteuses. Que les changements climatiques soient induits par l’homme ou pas, la survie d’une civilisation a toujours dépendu de sa capacité à s’adapter à son environnement. Comme l’explique le prix Nobel d’économie spécialiste du changement climatique, William Nordhaus, « l’histoire de l’humanité est pleine de civilisations qui ont décliné ou ont disparu parce qu’elles dépendaient d’approvisionnements alimentaires non gérés qui se sont asséchés avec la sécheresse, les périodes froides ou la mauvaise gestion des ressources locales. » Les changements que nous traversons actuellement sont inédits pour au moins deux raisons : ils sont en majeure partie induits par l’Homme et se déroulent à un rythme sans précédent, mais d’un autre côté la société moderne est la société la plus résiliente de toute l’histoire de l’humanité, par sa capacité d’adaptation et d’innovation. Finalement, comme le dit le prix Nobel d’économie de la même année Paul Romer, le destin de l’humanité dépend du rapport entre les forces restrictives de la nature, et les forces émancipatrices du progrès.

 

Les usines spatiales et le minage d’astéroïdes pourraient rapporter des milliards

Source : Huffington Post

Le cabinet de conseil PwC a estimé dans une étude commandée par les agences spatiales luxembourgeoise et européennes (ESA) que le minage d’astéroïdes et la construction d’usines dans l’espace pourraient générer entre 73 et 170 milliards d’euros de chiffres d’affaire d’ici 2045 et créer plus d’un million d’emplois, à condition d’investir massivement dans des secteurs tels que la prospection et le minage, les transports, l’approvisionnement, le raffinage, l’industrie orbitale…  Selon Mathias Link, directeur des affaires internationales au sein de la Luxembourg Space Agency, « un tel développement va se produire, la seule incertitude est le timing ». Les ressources spatiales telles que l’eau ou certains minerais pourraient être ramenées sur Terre et être exploitées par les industries automobile, électronique ou médicale. Les acteurs qui investissent dans le spatial sont divers, allant des acteurs publics traditionnels (les États) aux sociétés privées – SpaceX, Blue Origins, mais aussi de nombreuses start-up comme Made in Space. Cette dernière mise sur l’impression en 3D directement dans l’espace. En effet, d’après l’étude de PwC, il est plus rentable de produire directement dans l’espace car l’énergie y est abondante et le coût d’exploitation des ressources réduit.

Analyse : Ce qui, il y a quelques décennies, n’était que de la science-fiction, est aujourd’hui envisagé très sérieusement par de nombreux acteurs qui n’hésitent pas à investir dans des projets pour faire de la science-fiction d’hier la réalité de demain. Jeff Bezos paraît déraisonnable lorsqu’il affirme que la Terre n’est que le berceau de l’humanité, mais la concrétisation de nombreux projets spatiaux montre bien que l’exploration et l’exploitation de l’espace est bel et bien l’avenir de l’humanité. Jusqu’ici, nous avons toujours considéré que le désir était infini mais le monde clos. Or, peut-être est-il temps de changer de référentiel : l’air de jeu de l’humanité va très bientôt s’étendre à l’espace proche et, qui sait,  peut-être un jour au système solaire et au-delà — même si ce n’est pas pour maintenant.

 

L’entreprise Commonwealth Fusion Systems, spécialisée dans la fusion nucléaire, lève 115 millions de dollars

Source : Boston Globe

La start-up Commonwealth Fusion Systems qui cherche à commercialiser l’énergie provenant de la fusion nucléaire vient de lever 115 millions de dollars. L’entreprise est en partenariat avec le Centre de fusion et de science du plasma du MIT. La recherche porte sur la combinaison forcée de deux atomes d’hydrogène en un seul atome d’hélium. Les résultats devrait arriver en 2021 avec une démonstration  d’aimants supraconducteurs à haute température et avec un prototype de centrale nucléaire complète d’ici 2025.

Analyse : La fusion nucléaire est le futur de l’énergie, cette affirmation est partagée par l’ensemble des experts du secteur. Elle permettra de produire une énergie propre, illimitée et sans déchet. Le principal problème du nucléaire actuel repose sur la gestion des déchets. Aujourd’hui encore la technologie n’a pas permis de surmonter cette problématique. La fusion est donc au centre de l’attention et une coopération internationale a vu le jour en 1985 avec le projet ITER qui regroupe 35 pays. Ce projet est actuellement un des plus colossal au monde avec la France en première ligne. C’est en effet Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône) qui accueille un projet de réacteur de fusion nucléaire. Le budget d’ITER a doublé en moins de 10 ans en passant de 10 milliards d’euros en 2008 à près de 20 milliards en 2016. Face à ce projet international au budget conséquent, on peut se demander comment la start-up Commonwealth Fusion Systems pourra rivaliser. Malgré tout, diversifier les canaux de recherche pour la maitrise de la fusion nucléaire (qui est considérée comme la source d’énergie de demain) est toujours une bonne idée et permettrait de créer des transversalités indispensables à la réussite de cet ambitieux projet. 

 

Google City, la ville intelligente futuriste qui inquiète

Source : Le Temps

C’est dans la ville de Toronto que Google souhaite lancer un nouveau projet : construire des quartiers intelligents. Parmi les initiatives communiquées par Google des feux de signalisation capables de mesurer la vitesse des piétons qui traversent la route, des bordures de routes qui pourront se déplacer en fonction du trafic, des capteurs qui mesurent le flux de piétons, la mesure de l’usage des bancs publics, un système de livraison de colis souterrain, des déchets récoltés par des robots… Les objectifs pour Google sont d’améliorer la qualité de vie des habitants, de favoriser la mobilité douce et de construire des bâtiments principalement en bois. Cependant, une levée de bouclier de la part des autorités locales et des habitants rend le projet incertain.

Analyse : Les projets de smart cities commencent à se multiplier comme nous le montre ce projet au Canada. Repenser la structure de nos villes est essentiel afin d’améliorer la qualité de vie des habitants en transformant la mobilité, l’environnement… La ville intelligente de demain jouera aussi un rôle écologique grâce à une meilleure gestion de l’énergie, des déchets, des déplacements… La ville intelligente souhaite concilier les piliers sociaux, culturels et environnementaux. Cette nouvelle approche structurelle repose principalement sur la donnée et nécessite de la générer, de la collecter et de la traiter. C’est la raison pour laquelle les géants du numérique sont les plus enclins à construire les villes intelligentes de demain. Malgré tout, la captation de ces données par les géants du numérique pose problème (comme nous le montre les inquiétudes dans la ville de Toronto). Il est aussi possible, pour les autorités publiques, de capter ces données via des entreprises locales ; cela a été le cas à Paris où la mairie récupère les données générées par les trottinettes électriques. Cela rejoint le dernière enjeu à surmonter pour développer les smart cities : l’acceptabilité de la technologie par les habitants. Il est donc nécessaire de davantage communiquer autour de ces nouveaux projets afin de les rendre possible.

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