Nul ne conteste aujourd’hui la pertinence du principe de responsabilité élargie du producteur (REP).

Mais le système actuel des filières REP a connu une dérive dommageable en France. Alors que ces dernières devraient être un outil de maîtrise des déchets par le producteur, elles sont progressivement devenues des machines à collecter des fonds utilisés sans réel souci de leur performance économique et environnementale. Une dérive qui, en plus de représenter un gâchis écologique, nuit à la compétitivité de nos entreprises confrontées à la concurrence étrangère.

Alors que nous arrivons en France à la croisée de chemins, où l’économie circulaire rencontre inévitablement la REP, il faut remettre à plat ces filières REP pour leur permettre un emploi optimal des ressources prélevées et les doter de la transparence nécessaire.

Ceci est d’autant plus important que l’économie circulaire est devenue un axe important de la stratégie des entreprises. Ces dernières doivent donc être plus impliquées dans la mise en œuvre concrète de solutions permettant de progresser vers la minimisation des déchets finaux ou la réutilisation des matériaux, voire vers une économie de service.

Nous proposons de remettre la performance au cœur du mécanisme des filières REP.

Cela implique d’en simplifier les contraintes réglementaires, de promouvoir une meilleure cohérence entre l’argent dépensé et les performances, de clarifier le rapport entre création et partage de la valeur, d’en orienter la logique autour d’une confiance réaffirmée en la capacité des entreprises à développer des solutions de maîtrise des déchets issus des produits qu’elles vendent, et enfin de mettre en place de réelles incitations directement pour les ménages et les professionnels.

La REP est une responsabilité à partager dans laquelle chacun doit trouver son intérêt à contribuer.

Pour rénover cette filière, nous proposons de remettre l’incitation et la concurrence au cœur du système.

Par exemple, pour inciter les ménages à recycler leurs déchets ménagers pour leur donner une seconde vie, nous préconisons de créer une cryptomonnaie dédiée. Le « Trashcoin » serait alors la rémunération de chaque individu en échange d’un comportement vertueux de tri.

 

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Président fondateur de l’Institut Sapiens. Professeur à l’Université de Bordeaux, chroniqueur et essayiste, il a cofondé en décembre 2017 la 1ère Think Tech française.

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