Les fractures sociale et territoriale ont un nouveau visage : elles séparent désormais ceux qui bénéficient d’une bonne connexion numérique et les autres. Au XXIe siècle, un département, une ville, une institution, une entreprise ou un ménage ne peuvent plus se permettre de vivre « en mode avion ». Ils y perdent de nombreuses opportunités de développements locaux et voient les centres de création de valeur économique s’éloigner.

De ce constat est né un projet : Isère Très Haut Débit (Isère THD). Représentant un investissement de 525 millions d’euros, le réseau d’initiative publique Isère THD a pour but d’équiper en fibre 90 % du territoire isérois d’ici à 2024, dans la mesure où seulement 10% ont été retenus en zone d’initiative privée – en zone urbaine. La performance de ce réseau 100% fibre «  tout-terrain » résulte d’une part de sa puissance, 200 fois plus rapide qu’une connexion internet traditionnelle et d’autre part, de sa stabilité. De quoi faciliter l’essor de la 5G, le temps venu.

Cette connectivité va redessiner en profondeur les habitudes de consommation et les modes de production en Isère : démarches en ligne, livraison de biens par drones, réseaux de travail collaboratifs, développement des Fab-Lab — ces usines de poche permettant une production de proximité à forte valeur ajoutée. Engagés depuis 2017 dans la démarche « station du futur », les acteurs isérois fédérés sous la bannière Alpes Isère s’y préparent activement.

L’ère digitale qui s’ouvre va révolutionner aussi, le mode de déplacement des Isérois. Suivi des conditions de circulation à l’instant T notamment grâce au développement de la route intelligente et des véhicules connectés, connaissance de l’offre multimodale pour optimiser les trajets, développement du covoiturage de concert avec la Région Auvergne-Rhône Alpes et les intercommunalités, l’innovation numérique sera au service de la multimodalité et de l’alternative à l’autosolisme,  en particulier dans les territoires ruraux.

Le travail de demain sera également, nomade. Le télétravail, qui se définit comme le fait de travailler une partie du temps depuis chez soi ou dans des tiers lieux, offre une flexibilité permettant d’être plus efficace et de mieux concilier vies professionnelle et personnelle. Grâce à une connexion puissante et fiable, de nombreux actifs pourront réinvestir les zones rurales tout en menant une activité professionnelle. Un mode de travail gagnant-gagnant qui concilie qualité de vie, régénération territoriale et intérêt de l’entreprise.

Rien de ces nouveaux usages ne devra altérer pour autant, le contact humain.

Bien au contraire, Isère THD a vocation à faciliter l’accès aux services à tous les Isérois sur tous les territoires,

Face à la montée de la dépendance des personnes âgées ou en situation de handicap, et aux changements de notre façon de vivre, il convient de faciliter le quotidien des Isérois par le déploiement d’objets connectés sur le territoire, comme cela est le cas avec les dispositifs « IsèreADOM » ou encore « ActivAge ».

L’Isère bénéficie aujourd’hui d’une offre de soins dense, mais la moitié des médecins généralistes du territoire partiront à la retraite au cours des dix prochaines années. Isère THD permettra le développement de la télémédecine. Libre ainsi à un patient de consulter son médecin généraliste ou un spécialiste se trouvant à plusieurs kilomètres, tout en restant à son domicile.

Bien déterminé à encourager les territoires de faire valoir leurs nombreux atouts, le Département de l’Isère actionne un levier essentiel à un rééquilibrage territorial crucial, face à des métropoles qui ont concentré les habitants et les activités économiques. Ce défi revêt de toute évidence un caractère humain. Il s’agit de le relever en accompagnant tous les publics dans la transition numérique.


 

Jean Pierre Barbier

Président du Département de l’Isère

 

 

 

Olivier Babeau

Président fondateur de l’Insitut Sapiens

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