La diffusion d’une innovation dans une économie provoque la disparition de certains métiers et en fait émerger de nouveaux. Même si Schumpeter n’en avait pas fait un concept économique, à travers sa théorie de la destruction créatrice bien connue, nous pourrions aujourd’hui en faire le constat tous les jours autour de nous.

L’accélération technologique de ces dernières années témoigne de la force de la révolution digitale qui bouleverse notre société. Cette lame de fond fait disparaître de nombreux emplois, sans que l’actif occupant puisse toujours l’anticiper suffisamment tôt. C’est pourtant cette compréhension qui est la clé d’une capacité de rebond, à travers un effort de formation ou la recherche d’un emploi dans un autre secteur.

S’il existe une alternative technologique à un emploi humain, celle-ci sera systématiquement choisie, dans une optique de gain de productivité. Le mouvement de remplacement de l’homme par la machine est favorisé par le mouvement cyclique suivant : l’automatisation génère de la croissance par une augmentation des gains de productivité, et la croissance génère à son tour de l’automatisation par l’augmentation des salaires qui engendre une incitation à automatiser.

La vague digitale qui engloutira de nombreux emplois risque d’être socialement néfaste si elle n’est pas anticipée. Ne pas prévoir les métiers qui vont disparaître, c’est risquer une aggravation du taux de chômage et donc un déséquilibre critique de nos comptes sociaux.

Quels sont les emplois menacés ? John Maynard Keynes prévoyait que d’ici la fin du XXe siècle, la technologie aurait détruit les emplois aliénants et pénibles. Une intuition qui se révèle exacte :  le classement DARES des métiers les plus pénibles se superpose avec celui des métiers menacés. L’anthropologue David Graber, professeur à la London School of Economics, juge que les robots vont éradiquer ce qu’il nomme les « bullshit jobs », ces emplois inutiles qui ne portent aucun sens ni pour l’employeur ni pour l’actif occupant.

Nous proposons dans cette courte note de mettre en lumière 5 métiers fortement menacés.

Les métiers retenus sont ceux qui sont à la fois directement remis en question par une technologie et qui ont vu leurs effectifs diminuer depuis 30 ans.

Au total, selon nos estimations, ce sont près de 2,1 millions d’actifs concentrés dans ces 5 métiers qui ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années. Les métiers sélectionnés pour illustrer cet effet sont donc ceux ayant connu la plus forte diminution de leurs effectifs depuis 1986[1] : manutentionnaires, secrétaires de bureautique et de direction, employés de comptabilité, employés de la banque et de l’assurance et caissiers et employés de libre-service.

Néanmoins, si de nombreux métiers vont disparaître, d’autres, en plus grande proportion vont également émerger. Parce que nous ne pouvons encore cerner avec certitude la nature de ces nouveaux emplois, nous devons alors créer un cadre propice à leur émergence, basé notamment sur une formation professionnelle agile et personnalisée.

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[1] Données issues de l’INSEE et de la DARES.

5 pensées sur “Top 5 des métiers en voie de disparition”

  1. LES 8 SECTEURS DE REMPLACEMENT (total ou partiel) :
    Robots ou migrants ?
    – 1 Chauffeurs
    – 2 Services comptables
    -3 employés aux écritures des secteurs financiers
    -4 Caissières et employés de la distribution
    -5 manutentionnaires
    -6 Secrétaires
    -7 Agriculteurs
    -8 Personnels politiques & fonctionnaires

  2. Une étude américaine récente https://singularityhub.com/2019/07/22/will-robots-take-our-jobs-careful-its-a-trick-question/
    traduction (automtique) Les robots viennent-ils pour nos emplois? Attention, c’est une question piège
    Par Vanessa Bates Ramirez – 22 juillet 2019 2338

    Les robots arrivent et ils vont probablement accepter votre travail quand ils arriveront ici.

    Oh, attends, tu as entendu ça récemment? Aussi récemment que, disons, hier? Dans les nouvelles, ou d’un collègue, ou dans un sinistre film dystopique, peut-être?

    Sonner l’alarme au sujet des pertes d’emplois liées à l’automatisation est devenu monnaie courante. En fait, il s’agit davantage d’une sirène sans escale de nos jours. Les candidats à la présidentielle multiple démocrate présentent leurs plans pour combattre le Big Tech et résoudre le chômage technologique comme points de discussion de leurs campagnes. La peur d’un avenir dominé par les robots est en train de monter.

    L’un des chiffres les plus largement cités et suscitant la panique sur le sujet provient d’un article publié en 2013 par deux économistes d’Oxford, Michael Osborne et Carl Benedikt Frey. Leur recherche a révélé que près de 47% des emplois américains risquaient d’être automatisés au milieu des années 2030. Selon The Economist , le document a été cité dans plus de 4 000 articles, énervant les travailleurs de tous les secteurs de l’économie et justifiant des perspectives catastrophiques.

    Mais le mois dernier, Frey, un historien de l’économie suédoise, a publié un ouvrage intitulé  » Le piège technologique: capital, travail et pouvoir à l’ère de l’automatisation », qui vise à dissiper une partie de l’hystérie soulevée par le document. Le chiffre de 47% doit non seulement être déconstruit de manière plus nuancée, a-t-il déclaré, mais l’acceptation ou la résistance du public au progrès technologique pourrait jouer un rôle majeur dans la création d’emplois .
    Ce que dit le papier

    La recherche sous-jacente au document de 2013, intitulé judicieusement « L’avenir de l’emploi », visait à quantifier l’impact des progrès technologiques sur l’emploi. Les auteurs ont classé 702 professions utilisant un algorithme d’apprentissage automatique.

    Pour former l’algorithme, ils ont choisi 70 emplois dont ils avaient confiance en l’étiquette d’informatisation – conducteurs de livraison, femmes de chambre, techniciens en génie civil, tôliers et lecteurs de compteurs de services publics – et les ont étiquetés comme automatisables ou non. Pour chaque poste, ils ont examiné la question suivante: «Les tâches de ce poste peuvent-elles être suffisamment spécifiées, sous réserve de la disponibilité de données volumineuses, pour être exécutées par un équipement de pointe commandé par ordinateur?

    Les auteurs ont noté que l’automatisation dépendrait en partie du dépassement des «goulots d’étranglement» de l’informatisation dans des domaines de plus en plus complexes, en commençant par la perception et la manipulation, puis en passant à l’intelligence créative, puis en s’attaquant à l’intelligence sociale.

    Sans surprise, les emplois nécessitant une intelligence créative et sociale étaient considérés comme les moins automatisés: les thérapeutes de loisirs, les superviseurs des mécaniciens et réparateurs et les directeurs de la gestion des urgences étaient en tête de liste – aucun robot ne volera leur travail de si tôt. Les dentistes, les diététistes et les enseignants des écoles primaires peuvent également s’installer à long terme.

    De l’autre côté du spectre – ou dans ce cas, la liste longue et longue – certains des emplois les plus susceptibles d’être automatisés étaient les souscripteurs d’assurance, les télévendeurs, les préparateurs de déclarations de revenus et les officiels sportifs, comme les arbitres.

    Dans l’ensemble, les auteurs ont constaté que 47% de l’emploi aux États-Unis risquait d’être perturbé par l’automatisation.

    Mais considérons cette formulation. Il ne dit pas que 47% des emplois seront automatisés. Il est dit que 47 ordinateurs sur 100 pourraient éventuellement être réalisés par ordinateur un jour dans le futur si plusieurs énormes problèmes d’ingénierie étaient résolus, sans parler de la réglementation et de l’opposition du public.
    Le piège technologique

    Au cours de l’histoire, la technologie a toujours créé plus d’emplois qu’elle n’en a détruit.

    Pour utiliser une métaphore générique mais directe: si l’économie est une tarte, la technologie attribue plus de tranches à certaines personnes et moins de tranches à d’autres à court terme. Mais à long terme, les nouvelles technologies agrandissent toujours le gâteau. Il y a donc beaucoup plus à faire.

    Besoin d’un exemple concret et récent? Regardez l’utilisation du téléphone mobile dans les pays en développement. Une augmentation de 10% du nombre de téléphones portables chez les citoyens des pays en développement peut stimuler la croissance du PIB par habitant d’environ 1% par an. L’ajout de l’Internet mobile à l’équation stimule encore plus la croissance.

    Les agriculteurs kényans et les commerçants indiens ne sont pas aussi bien lotis que les ingénieurs de la Silicon Valley qui ont conçu leurs téléphones – mais ils sont certainement plus riches qu’ils ne l’étaient auparavant. Les taux de pauvreté absolue dans le monde ont diminué plus rapidement au cours des 30 dernières années que jamais auparavant.

    L’avènement d’Internet est peut-être un exemple plus proche de chez nous. Des millions de personnes sont maintenant employées en tant que concepteurs Web, ingénieurs en logiciel, informaticiens et techniciens en informatique – mais il y a à peine 30 ans, ces emplois n’existaient presque plus.

    Ne pas gérer les conséquences à court terme des nouvelles technologies entraîne toutefois une adoption plus lente de celles-ci, ce qui signifie que la tarte reste plus petite et que l’économie ne parvient pas à atteindre son potentiel productif.

    L’historien économique britannique Robert Allen a inventé le terme « pause d’Engels » pour désigner le temps nécessaire aux compétences des travailleurs pour s’adapter aux nouvelles technologies. la production augmente, les prix baissent et la demande augmente, mais les salaires des travailleurs stagnent. C’est ici que les troubles peuvent commencer à s’infecter et que l’opposition à la technologie peut devenir omniprésente.

    Si la technologie accroît les inégalités à court terme mais les stabilise à long terme, quel type de contrôle des dommages à court terme peut amortir les chocs? Comment empêcher les inégalités de devenir si prononcées qu’elles provoquent une réaction en retour et une régression correspondante des politiques?

    Ce sont les questions que Frey examine dans The Technology Trap . Selon lui, une réaction anti-technologie est le piège que nous devrions essayer d’éviter.

    Les États-Unis, ainsi que d’autres pays du monde, risquent de basculer au bord de ce piège. Les disparités économiques sont devenues plus prononcées: les personnes au sommet des échelles des entreprises gagnent de l’argent alors qu’une grande partie de la main-d’œuvre ne voit aucune différence dans les revenus. Ces disparités (avec les technologies elles-mêmes) ont alimenté la polarisation politique et contribué à alimenter une montée en puissance de la politique identitaire, du nationalisme et de l’élection d’hommes forts.
    Ce qui peut être fait

    En dépit de ces tendances, Frey estime que nous devrions adopter l’ère de l’automatisation et non pas y résister. Si l’on peut faire confiance à l’histoire, même une reprise de 47% des emplois américains par des machines ne serait pas un présage de malheur. Au contraire, cela signalerait la croissance à venir de la tarte économique proverbiale.

    Les opposants soutiennent que malgré les exemples historiques, ce sera différent. La révolution industrielle, at-on dit, n’était rien comparée à la refonte économique et sociale de l’IA et les robots visitent déjà nos vies. L’ampleur et la rapidité du changement rendent ce moment plus inquiétant que toutes les périodes de changement qui l’ont précédée.

    Cela pourrait être vrai, mais probablement pas. L’électricité, la vapeur et la chaîne de montage constituaient un gros problème lorsqu’elles sont venues perturber le statu quo.

    Selon Frey, ce qui est différent dans cette période, c’est notre capacité à prévoir les pièges du changement et à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les prévenir. Cela inclut des mesures spécifiques pour aider les plus vulnérables tout au long de la transition, ainsi que la promotion d’une attitude générale d’ouverture plutôt que de peur.

    Plus directement, suggère Frey, les entreprises pourraient offrir une forme d’assurance salariale aux travailleurs licenciés et les gouvernements pourraient encourager le travail et réduire les inégalités au moyen de crédits d’impôt sur le revenu. Les villes pourraient aligner leurs lois de zonage sur les besoins des futurs travailleurs en matière de logement dans les zones où de nouveaux emplois apparaissent.

    À plus long terme, les écoles et les universités devront réorganiser leurs programmes de manière à préparer les étudiants à une carrière dans un monde informatisé, tout en favorisant la reconversion et l’adaptabilité.

    Un des points les plus saillants de Frey est que nos attitudes et actions vis-à-vis de la technologie peuvent jouer un rôle central dans l’impact de cette technologie sur nous. Frey et Osborne ont prédit une automatisation de 47%. Mais si le livre de Frey reçoit même la moitié de l’attention du journal, il devrait servir à apaiser certaines de nos peurs face à un avenir sombre dominé par une machine.

    Les robots viennent – mais ils ne signifient aucun mal.

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