L’AIE s’inquiète du déclin du nucléaire et de ses conséquences

Source : Le Point

Dans un rapport publié le 28 mai, L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré que l’énergie  nucléaire « pourrait être bientôt sur le déclin à travers le monde », et a plaidé pour des mesures de soutien à cette énergie. « Si les gouvernements ne modifient pas leurs politiques actuelles, les économies avancées seront en chemin pour perdre les deux tiers de leur flotte nucléaire, risquant une énorme augmentation des émissions de CO2 », prévient Fatih Birol, le directeur exécutif de l’agence. Si le nucléaire représente aujourd’hui 10% de la production d’électricité mondiale, les centrales vieillissantes sont rarement remplacées, ce qui conduit au déclin du nombre de centrales dans le monde. Même s’il est possible d’assurer la transition énergétique avec moins de nucléaire est plus d’énergies renouvelables, le coût serait extrêmement plus élevé et l’effort bien plus considérable. « Sans investissements dans le nucléaire, il serait beaucoup plus difficile d’atteindre un système énergétique durable », affirme l’AIE.

Notre analyse : En France, la loi de transition énergétique de 2015 prévoit d’abaisser la part du nucléaire dans la production totale d’électricité de 75% à 50%. Une stratégie qui va à l’encontre des préconisations de l’AIE. La France est donc un bel exemple de ce « déclin » du nucléaire, alors qu’elle pourrait servir de modèle au reste du monde. Baisser la part du nucléaire au profit des énergies renouvelables est une stratégie très risquée – pour ne pas dire condamnée à échouer. L’éolien et le solaire sont des énergies intermittentes : comme l’énergie qu’elles produisent par temps ensoleillé ou venteux ne peut être stocké dans leur intégralité à un coût raisonnable, quand il y a ni vent ni soleil, il faut avoir recours à une source d’énergie alternative. Et si ce n’est pas le nucléaire, ce sera le charbon, le gaz ou le fioul, qui sont pourtant nocifs. Ainsi l’Allemagne, malgré un investissement massif dans les énergies renouvelables, est le premier pollueur d’Europe. Une erreur que la France devrait éviter de reproduire.

La Chine menace de couper l’accès des États-Unis aux terres rares

Source : Les Echos

Les États-Unis de Trump ont récemment placé l’entreprise chinoise Huawei sur liste noire. En guise de représailles, la Chine menace de limiter l’accès des États-Unis aux terres rares. Or, ces métaux sont essentiels à la confection de nos smartphones et autres technologies (batteries de voitures électriques, panneaux photovoltaïques, éoliennes, écrans d’ordinateurs, etc). La production de ces terres rares est actuellement dominée par la Chine qui représente plus de 90% du marché, faisant de ces métaux une véritable arme de dissuasion. De leur coté, les États-Unis sont en quête de fonds pour stimuler la production nationale de terres rares et gagner progressivement leur indépendance par rapport à la Chine. Toutefois, rien ne dit que la stratégie chinoise soit gagnante : elle pourrait se mettre à dos l’OMC et inciter les acteurs américains à trouver des alternatives aux terres rares.

Notre analyse : La Chine a acquis sa position hégémonique non parce qu’elle était la seule à posséder ces minéraux en grande quantité dans son sol mais grâce à une politique industrielle agressive (faible coût de la main d’oeuvre, peu d’attention portée aux conditions des travailleurs et à l’impact environnemental) qui a permis d’abaisser le prix des terres rares à un niveau imbattable. En partie à cause de ce « dumping », la mine située en Californie a été forcée de fermer en 2002. Laisser à la Chine la production de la quasi-totalité des terres rares a ainsi permis à toutes les industries qui y sont liées de bénéficier de prix très bas et aux pays développés d’externaliser la pollution liée à cette production. Si la Chine en fait une arme de dissuasion, les États-Unis ont tout a fait les capacités de relancer leur industrie (tout comme d’autres pays, l’Australie par exemple), mais cela impliquerait également que le coût des ces métaux devrait augmenter et que les États-Unis devront soit assumer les coûts environnementaux, soit trouver un moyen de les dépasser.

 

Robot-cueilleur de fruits rouges

Source : Le Monde

Au Royaume-Uni, dans le West Sussex, un robot doté d’une intelligence artificielle, de capteurs et de caméras 3D est capable de savoir si une framboise est mure ou non. Avec des bras robotisés, la machine enlève subtilement le fruit en évitant d’abîmer l’arbrisseau. Le robot effectue dépose ensuite le fruit dans un récipient, s’occupe du calibrage des fruits, et de la mise en barquette. L’opération complète prend un peu plus d’une minute. Ce robot a été développé par l’université de Plymouth et attire déjà les investisseurs : près de 800 000 euros ont déjà été investis par les principaux producteurs des baies en Angleterre. Il n’est encore qu’à sa phase de test, mais selon les prévisions il pourrait cueillir 25 000 framboises par jour, contre 15 000 pour un humain travaillant 8 heures par jour. La version finale de robot va entrer en production l’année prochaine.

Notre analyse : Même si le « Robocrop » n’est qu’en phase de test, ce robot pourrait révolutionner la récolte des fruits et des légumes. Assez lent pour l’instant, ce robot pourra, après quelques améliorations, cueillir un fruit en 10 secondes, et travailler 20 heures consécutives. Selon les prévisions des développeurs, cela permettra de cueillir 10 000 framboises en plus qu’un salarié humain pendant une journée de travail. Cette innovation va certainement marquer l’avenir de la cueillette : en s’attaquant d’abord à l’un des fruits les plus difficiles à cueillir, les développeurs pensent ensuite adapter la technologie pour récolter d’autres baies, fruits ou légumes.

L’intérêt croissant des producteurs pour le « Robocrop » témoigne du succès potentiel de cette innovation. Tout d’abord, un gain économique leur est promis, notamment grâce aux économies réalisées sur les salaires des ramasseurs, mais aussi en termes de réduction des pertes dues au manque de main-d’œuvre dans le secteur. En effet, le syndicat des récoltants, British Trade Fruits, a constaté un manque de main-d’œuvre pour l’été 2018 entre 15 % et 30 %. L’introduction des robots dans le processus de cueillette va ainsi permettre de combler la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur. Toutefois, ces emplois peu qualifiés de ramasseur sont menacés de disparaître. Par contre, la demande des cadres d’entretien des machines va s’accroitre. L’enjeu de reconversion des cadres demeure ainsi important et appelle au développement des politiques de la réinsertion professionnelle des individus touchés.

Des taxis utilisent la reconnaissance faciale

Source : Dailymail

DeNa, une société japonaise de services mobiles et électroniques, a équipé 8 000 taxis de Tokyo d’un outil de reconnaissance faciale. Dans les taxis japonais, les caméras situées sur la banquette arrière utilisent la reconnaissance faciale pour déterminer l’âge et le sexe d’un passager afin de lui proposer des publicités personnalisées. Une tablette à l’arrière de l’appuie-tête informe le passager que les scanners à reconnaissance faciale l’enregistrent via une caméra située à l’avant de l’appareil. Des notices indiquent également que le métrage et les données sont rapidement supprimés de l’appareil.

Notre analyse : La technologie de reconnaissance faciale est en train d’être déployée dans les aéroports, les caméras de sécurité et nos téléphones. A Tokyo une autre voie, plus inhabituelle, d’utilisation de la reconnaissance faciale a été imaginée pour proposer des publicités ciblées. Le fait d’être sollicité constamment pendant un voyage par des publicités ciblées constitue une captation de l’attention et du temps libre d’un passager. En ce qui concerne les compagnies publicitaires, avec la définition de l’âge et du sexe d’un passager grâce à la reconnaissance facile, elles démontrent leur capacité de profiter des innovations numériques pour adapter leurs stratégies marketing.

Le comportement des voyageurs en réponse à cette innovation reste ambiguë. Même si la société assure que ces données biométriques ne sont pas conservées et que le nom des passagers n’est pas connu, on n’a pas de garantie que ces informations ne soient pas stockées et ne peuvent pas être réutilisées ultérieurement à des fins différentes. La « promesse » d’effacer les données juste après le trajet n’a pas empêché les nombreux utilisateurs suffisamment soucieux d’attirer l’attention sur les risques d’atteinte à la vie privée associés à l’outil de la reconnaissance faciale : cette nouveauté a suscité de nombreuses craintes au sujet de la vie privée et de la surveillance.

Chargés d’études à l’Institut Sapiens

Laisser un commentaire