Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Des neuroscientifiques ont réussi à connecter trois cerveaux

Source : Numerama

Des chercheurs de l’Université de Washington et de l’Université Carnegie-Mellon ont réussi à connecter trois cerveaux pour qu’ils collaborent ensemble à une partie de Tetris grâce à la technologie « BrainNet » qu’ils ont conçu. Cette expérience a regroupé deux « expéditeurs » qui prenaient la décision de tourner une pièce ou non et un récepteur, qui ne voyait pas les pièces déjà posées et qui devait valider ou non les informations reçues par les expéditeurs. De plus, le récepteur pouvait sélectionner l’information de l’un des deux expéditeurs qu’il jugeait la plus pertinente. De même, les expéditeurs pouvaient évaluer la prise de décision du récepteur et lui adressé des rectifications. Grâce à cette technologie, 81% des pièces ont été bien positionnées.

Notre analyse : L’Homme est supérieur à l’IA dans de nombreux domaines, comme au niveau des interactions sociales ou de l’émotivité. Toutefois l’IA dépasse l’Humain dans le domaine de l’empilement et l’exploitation de données. Un réseau de neurones artificielles peut en effet retenir et exploiter des millions de données, lorsqu’un être humain ne peut en retenir qu’un nombre réduit. Le problème de l’Homme est qu’il a des capacités cognitives limitées, ce qui ne lui permet pas de résoudre des problèmes complexes lorsqu’il est seul. C’est grâce à la mise en commun de sa puissance cognitive que l’être humain peut traiter et inventer des technologies complexes, c’est ce que Frédéric Laville appelle « la distribution sociale de la cognition entre plusieurs agents ». Par exemple l’élaboration du BrainNet a mobilisé des mathématiciens, des neuroscientifiques, des ingénieurs etc, soit la puissance cognitive de plusieurs agents mais également la connaissance qui diffère d’un agent à l’autre. Cette technologie rendrait donc possible la distribution sociale, numérique et directe de la cognition et de la connaissance entre l’ensemble des êtres humains. 

 

Les Etats-Unis continuent la guerre commerciale avec la Chine au travers du nouvel accord de libre-échange Nord-Américain

Source : La Tribune

Le Canada a accepté la modernisation de l’accord de libre échange avec les Etats-Unis et le Mexique, qui sera désormais appelé AEUMC (Accord États-Unis Mexique Canada). Ce dernier a été modernisé sur deux points importants. Tout d’abord l’ouverture du marché laitier canadien à hauteur de 3,59%, ce qui inquiète fortement les producteurs québécois qui représentent plus de la moitié du marché national. Mais l’information majeure réside dans l’ajout d’une nouvelle clause qui rendrait quasi-impossible l’élaboration d’un partenariat économique entre une des trois nations de l’accord, et un pays n’ayant pas acquis le statut d’économie de marché, comme la Chine par exemple. Ceci représente une nouvelle attaque américaine dans la guerre commerciale qui l’oppose à la Chine.

Notre analyse : Ce nouvel accord était primordial pour le commerce mexicain et canadien dont 74% des exportations des deux économies se dirigent vers les Etats-Unis. Ces derniers avaient également intérêt à voir cet accord signé puisque le Mexique et le Canada représentent près d’un tiers des exportations américaines et 27% de ses importations Toutefois le dispositif, qui ne permet pas d’effectuer de partenariat commercial avec la Chine, pourrait s’avérer pénalisant tant pour le Canada que pour le Mexique dont les importations en provenance de l’Empire du Milieu représente respectivement 12% et 17% de leurs importations totales, ce qui place la Chine comme 2ème exportateur concernant ces deux pays derrière les Etats-Unis. À propos de la Chine, ce dispositif ne devrait que très peu les concerner puisque ses exportations au Canada et au Mexique ne représente que 4,9% de son total. Ainsi, avec ce nouvel accord, le Président Trump semble affaiblir ses partenaires commerciaux d’une manière bien plus dommageable que son ennemi dans sa guerre commerciale.

 

Accord européen sur la réduction de la TVA pour les publications numériques

Source : Le Monde

Les 28 Etats membres se sont mis d’accord mardi dernier concernant la réduction de la TVA sur les publications numériques, et notamment les e-books, au même titre que la presse imprimée. Cette initiative a été fortement soutenue par la France et l’Allemagne et permettra d’entrer un peu plus de l’économie numérique. Les pays de l’Union Européenne seront donc autorisés à appliquer des taux de TVA réduits, très réduits ou nuls pour la presse numérique. Ce nouveau dispositif est mis en place dans une optique de liberté des médias et de soutenir le développement de la presse numérique.

Notre analyse : En 2017 en France, la lecture de la presse numérique (53%) a dépassé pour la première fois celle de la presse papier (47%). Cet allègement de TVA en Europe permettra à la presse numérique de prendre un peu plus d’ampleur face à la presse papier qui a vu ses ventes de titres de presse grand public en France diminuer de 3,1% en 2017, suite aux baisses consécutives de 3,2% en 2016, et 3,8% en 2015. Dans le même temps en 2017, les ventes de versions digitales se sont envolées de 42,3%, affirmant un peu plus la montée en puissance des publications numériques. La nouvelle TVA entraînera un peu plus la globalité de la presse européenne dans l’aire du digital en la rendant plus compétitive. Ceci s’ajoute au droit voisin voté par le parlement européen en septembre dernier et qui introduit de nouveaux revenus, notamment publicitaires, pour la presse numérique.

 

Le budget Italien 2019 pose problème à l’Europe

Source : Le Monde

Le probable budget Italien 2019 inquiète l’Europe et alarme la Commission Européenne qui s’apprête à refuser cette proposition de budget. Le problème de ce dernier réside tant dans le déficit qu’il prévoit pour les trois prochaines années (+2,4% du PIB) que dans la dette publique italienne qui représente 130% de son PIB. À titre de comparaison, celle de la France est à 99% de son PIB et celle de l’Allemagne à 61%. Pour faire face à ce déficit important, la Commission espérait donc un déficit contrôlé à hauteur de 0,8% du PIB dès 2019. Le texte final doit être présenté avant le 15 octobre mais selon le Commissaire européen à l’économie, Pierre Moscovici, ce dernier semble « hors des clous » et ne pas être compatible avec le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) de la zone euro. Pour rappel, le déficit structurel de l’Italie, selon le PSC, ne devrait pas excéder 1% de son PIB.

Notre analyse : Suite à la fin de l’aide pour la Grèce en août dernier, qui représente la supposé fin de la crise de la dette en Europe, la Commission Européenne ne peut accepter de nouveaux déficits qui entraîneraient un emballement des marchés financiers, et donc des coûts d’emprunts plus élevés pour les pays, les entraînant encore plus dans la difficulté. Le but de la Commission est d’avoir à terme des budgets structurels nationaux équilibrés et de ramener la dette publique des pays de la zone euro à 60% du PIB, ce que l’Allemagne est sur le point de réaliser. Concernant l’Italie, elle en est encore loin avec une dette de 130% de son PIB. 

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

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