La Falcon Heavy de SpaceX a réussi son premier vol commercial

Source : BFMTV 

La fusée lourde « Falcon Heavy » de SpaceX a réalisé avec succès son premier vol commercial qui visait à placer un satellite saoudien en orbite. Les trois boosters ont également été récupérés. Les deux premiers se sont posés au bout de 8 min sur la terre ferme et le dernier sur une plateforme flottante située sur l’océan. Ces trois boosters sont donc ré-utilisables et devraient servir au lancement de la fusée pour le prochain voyage spatial. En février 2018, la mission de la Falcon Heavy qui consistait à mettre une Tesla décapotable en orbite a été remplie mais la récupération d’un des trois lanceurs avait échoué.

Notre analyse : Avant l’arrivée d’Elon Musk sur le marché spatial, l’idée de recycler les lanceurs semblait impossible. Pourtant, le coût d’un lanceur dépasse largement les 100 millions de dollars. L’ambition d’Elon Musk était de rendre ce coût fixe. Ce pari technologique, peu y croyaient et SpaceX a dû encaisser plusieurs échecs. Mais grâce à cette innovation, le coût unitaire des voyages dans l’espace est maintenant drastiquement réduit. Elon Musk, en s’inspirant de son expérience dans d’autres secteurs, a aussi apporté des processus industriels simplifiés et automatisés, conduisant à des gains importants. Finalement, l’aventure de SpaceX témoigne des bienfaits de la concurrence : inciter les acteurs à innover et bousculer les schémas de pensée traditionnels.

 

La 1ère chirurgie cérébrale à distance au monde

Source : Services Mobiles

Le Docteur chinois Ling Zhipei a réalisé la première opération cérébrale à distance en implantant dans le cerveau d’un patient situé à 3 000km et atteint de la maladie de Parkinson un neuro-stimulateur. Si la première opération chirurgicale à distance a eu lieu au début des années 2000, c’est la première fois qu’une chirurgie cérébrale est réalisée à distance.  Cette opération inédite a été permise par la technologie 5G, qui est 10 à 15 fois plus rapide que la 4G et permet un « délai opérationnel extrêmement faible ». En effet, en 4G, le décalage vidéo et les délais de contrôle à distance du robot chirurgien auraient été trop importants pour une opération sur le cerveau sans risque.

Notre analyse : Cette technologie permettra-t-elle de démocratiser l’accès aux meilleurs chirurgiens du monde ? En théorie, il n’y aurait plus besoin d’habiter dans les grandes métropoles  pour pouvoir bénéficier de l’intervention d’un excellent chirurgien. Ainsi, comme le souligne l’article, la chirurgie à distance pourrait permettre à des personnes vivant dans des régions pauvres ou en guerre de bénéficier immédiatement de l’aide de chirurgiens du monde entier. Mais cette technologie sera-t-elle mise à disposition  des plus démunis ? En effet, il est possible qu’une concurrence accrue se développe pour avoir accès aux meilleurs chirurgiens, réservant ainsi le droit d’être opéré par les chirurgiens les plus compétents du monde à ceux qui seraient prêts à payer le prix fort. De plus, il ne faut pas oublier qu’une telle opération « à distance » ne peut pas avoir lieu si un robot chirurgical n’est pas présent sur place, ni sans une couverture 5G. Un réel investissement dans ces infrastructures est donc nécessaire avant toute démocratisation. Un autre scénario possible à plus long terme est que les chirurgiens soient complètement remplacés par des robots autonomes comme STAR (Smart Tissue Autonomous Robot).

 

Le recrutement du futur sera plus humain grâce à la technologie

Source : Les Echos

Dans un contexte de continuelle évolution du marché de l’emploi et de la formation continue, l’intelligence artificielle a un rôle à jouer dans l’amélioration de la correspondance entre l’offre et la demande de travail. L’IA va permettre de gérer des volumes plus importants de postes à pourvoir et de candidatures. Il sera donc possible de traiter des quantités importantes d’informations afin de hiérarchiser les candidats en fonction de nombreux critères (niveaux hiérarchiques, formations, bassins d’emplois dont ils sont issus…). Ce classement permettra aux candidats d’obtenir un connaissance approfondie de leur position par rapport  à leurs concurrents. Cela permet également au candidat de mieux cibler sa recherche lors de l’envoi d’une candidature spontanée. C’est par exemple le cas avec « La Bonne Boîte » (algorithme permettant d’identifier les entreprises susceptibles s’embaucher dans les 6 prochains mois), utilisée par Pôle Emploi pour identifier les entreprises à fort potentiel d’embauche et qui préconise au candidat le meilleur canal pour obtenir un rendez-vous.

Notre analyse : L’introduction de l’IA dans le recrutement de nouveaux collaborateurs permettra de traiter de manière plus efficace les nombreuses candidatures. En effet, une offre d’emploi amène 50 à 70% de profils non pertinents. De plus, cela permettra aux entreprises qui n’ont pas les connaissances, le temps ni l’argent d’étudier les différents profils, d’avoir un outil efficace d’aide à la décision pour le recrutement de nouveaux collaborateurs. Grâce à l’IA il sera désormais possible d’automatiser le bilan de compétences des travailleurs et le suivi de carrière personnalisé afin de réaliser un autodiagnostic, d’identifier les compétences manquantes ou encore d’acquérir de nouvelles compétences pour accéder à d’autres opportunités. Cependant l’introduction d’un algorithme afin de choisir ses futurs collaborateurs pourrait reproduire les biais déjà existants sur le marché du travail. Il est donc primordial de construire cet outil d’aide à la décision sur des critères objectifs et non-discriminants.

 

Un taxi-drone testé pour la première fois à Vienne est « prêt pour un développement industriel »

Source : Ouest France

A Vienne, le constructeur chinois EHang a invité des journalistes à tester en public le taxi-drone. Il s’agissait d’un court vol (une élévation verticale d’une dizaine de mètres, suivie par un atterrissage au point de départ). Cette expérimentation avait pour objectif de faire découvrir la nouvelle technologie au grand public. En effet, comme l’explique Derrick Xiong (responsable marketing de la société) : « notre principal défi n’est pas la technologie, ni la règlementation, c’est le public ». Malgré l’absence de certification, EHang a recueilli des milliers de pré-commandes et souhaite produire son appareil en série dès l’année prochaine.

Notre analyse : Cette démonstration publique montre l’avance technologique considérable de EHang sur ses concurrents en matière de transport de passagers par drone. Malgré tout, la dimension technologique n’est pas le seul critère afin de transformer ce prototype en réel moyen de transport utilisé quotidiennement par le public. Au vu des nombreux défis en termes de responsabilité et d’assurance qui entravent le développement de la voiture autonome, il est difficile d’imaginer une commercialisation des taxi-drones dans les prochaines années. Ce potentiel nouveau moyen de transport devra répondre à de nombreuses nouvelles questions concernant la gestion du trafic aérien de basse altitude, la sécurité des personnes au sol, etc. Dans le secteur des véhicules autonomes de transports de passagers il ne suffit pas uniquement de maîtriser la technologie mais aussi de savoir communiquer sur le produit et surmonter les différents obstacles, notamment légaux et assurantiels.


Analyses réalisées par Guillaume Moukala Same et Antoine Tantot, chargés d’études à l’Institut Sapiens

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