Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

La robotisation de notre système productif ne cesse de se développer

Source : Les Echos

Les ventes de robots industriels ne cessent de croitre et font un bond de 10% cette année par rapport à 2017 pour s’établir à 421 000 nouveaux robots en 2018 à travers le monde. Malgré l’actuelle guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, la croissance des achats de robots industriels devrait s’établir entre 9% et 14% par année sur la période 2019-2021. Cette hausse est plus particulièrement dû à l’industrie automobile qui représente 33% de la demande mondiale et le secteur de l’électronique avec 32%. Enfin, la Chine reste le premier demandeur de robots industriels et concentre 36% de commandes mondiales. Toutefois contenu de sa population, le taux d’équipements chinois en robots industriels pour 10 000 employés reste faible par rapport à certains de ses homologues asiatiques et notamment la Corée du Sud qui reste sur la première marche du podium avec une densité de 710 robots pour 10 000 employés selon la Fédération internationale de robotique (IFR).

Notre analyse : L’automatisation de notre système productif ne cesse d’aller de l’avant et notamment dans certains pays asiatiques et européens. La Corée du Sud par exemple est passée d’un taux d’équipements en robots industriels pour 10 000 employés à hauteur de 177 robots en 2005 à 710 robots aujourd’hui. De même, l’Allemagne a augmenté ce taux d’équipements de 93 robots sur la période 2005-2016. Cette augmentation a permis d’une part d’améliorer la productivité des deux pays, et donc entres autres leurs commerces extérieurs. D’autre part, cette hausse des robots industriels dans les différentes chaînes de production n’a pas eu d’effets négatifs sur l’emploi. La Corée du Sud a gardé son taux de chômage stable, fluctuant entre 3,1% et 3,7% sur la période. L’Allemagne a quant à elle réduit son taux de chômage de plus de 7 points, passant de 11,17% en 2005, à 3,4% en 2018.

 

Absence d’accord concernant le Brexit et annulation du sommet européen de novembre

Source : Le Monde

Les négociations du sommet européen du 17 et 18 octobre ont accouché d’une souris, butant sur la question irlandaise qui reste le principal obstacle pour envisager un accord. À ce propos, la Première Ministre Britannique souhaite ne pas rétablir de frontière physique entre le territoire d’Irlande du Nord et l’Irlande. Toutefois en théorie, la sortie de l’Union Européenne, et donc de l’union douanière, entraînerait de facto des contrôles de marchandises à la frontière entre les deux pays. Theresa May propose donc un « arrangement douanier provisoire » entre le Royaume-Uni et l’UE pour régler cette question. D’ailleurs, l’idée d’un allongement de la durée de transition est également évoquée, sans qu’il n’y ait de sérieuses discussions.  Cette absence d’accord a donc provoqué l’annulation du sommet européen de novembre qui devait finaliser les arrangements préétablis.

Notre analyse : La question Irlandaise est en effet cruciale puisque si aucune frontière physique n’est mise en place entre les deux pays, le Royaume-Uni pourra exporter ses biens et ses services à l’Union Européenne par cette porte d’entrée ne comportant aucun tarif douanier. Concernant l’idée d’un arrangement douanier provisoire, celle-ci est difficilement envisageable dans les deux camps : côté Britannique, cette mesure équivaut à rester dans l’union douanière, et donc à devoir continuer à respecter les normes et les quotas européens tout en ne participant pas aux négociations à propos de ces derniers. Côté européen, adopter cette position créerait un réel danger politique et serait synonyme de flexibilité concernant cette sortie de l’UE et ouvrirait la porte à de potentiels futures sorties.

 

Le plan pour l’intelligence artificielle « IA2021 » de la région Île-de-France dévoilé

Source : ÎledeFrance

Lundi dernier, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a dévoilé son plan pour faciliter le développement de l’IA sur ce territoire. Parmi les mesures annoncées, le pack IA sera destiné à accompagner une centaine d’entreprises franciliennes par an dans le but de rendre leurs productions pérennes. Ensuite, une mutualisation des bases de données de la SNCF ou d’Atos par exemple sera mise en place pour améliorer les IA de ces entreprises. Enfin, un soutien financier sera également disponible pour ces dernières avec une enveloppe de 20 millions d’euros pour le projet Digihall, qui a comme objectif de créer un espace d’échanges entre les universités et les entreprises sur le domaine de l’IA. Enfin, la formation est également concernée avec un programme de bourses doctorales à hauteur de 5 millions d’euros à partir de 2019, et la création d’un établissement scolaire dédié à l’IA.

Notre analyse : La mise en commun des bases de données de grandes entreprises comportant énormément d’informations représente une opportunité unique de développer nos IA nationales et de les rendre compétitives avec celles venant de l’étranger, comme de la Chine par exemple, qui stockent, analysent et utilisent les données sur leurs citoyens dans des quantités bien supérieures aux nôtres. Toutefois, le partage de ces données de la SNCF par exemple pose des problèmes éthiques et de libertés individuelles puisque nous ne savons pas précisément quels types de données seront partagés. Concernant le côté financier, les enveloppes annoncées seront bénéfiques au développement de l’IA. Toutefois, seule une politique européenne globale de recherche et de développement concernant cette dernière saurait concurrencer les Etats-Unis (2 milliards de dollars ont été récemment investis dans l’IA par la Darpa) et surtout la Chine qui ont alloué une enveloppe de 14 milliards de dollars pour la R&D dans le domaine. Enfin, toujours concernant le volet financier, une interrogation subsiste à propos des mesures prises au niveau national (Rapport Villani, start-up nation) et de ces dernières prises au niveau régional où les missions propres à chacun et leurs complémentarités ne s’avèrent pas claires.

 

Malgré une tension accrue sur le marché de la VDO, Netflix continue de croitre et vise de nouveaux marchés

Source : Le Figaro

Netflix a publié ses chiffres pour le 3ème trimestre 2018. Ces derniers montrent une hausse de 7 millions de son nombre d’abonnés. De ce fait, le revenu moyen par abonné a augmenté de 7%. Son chiffre d’affaires à quant à lui bondi de 34% par rapport à la même période de l’année dernière. Malgré la récente concurrence de Disney et Apple ou encore de l’alliance AT&T-Time Warner, le géant de la vidéo à la demande continue de croitre. Cela est notamment dû à sa stratégie de création de contenus originaux. Ces derniers requièrent un important investissement mais permettent de fidéliser et d’adapter de plus en plus le contenu aux clients. Par exemple, pour attirer les consommateurs indiens grâce à une personnalisation du produit toujours plus présente, la firme a lancé plusieurs créations originales en langue hindi et s’apprêtent à en lancer dans d’autres langues locales.

Notre analyse : Malgré les annonces de lancements de plateformes concurrentes sur le marché de la VOD, Netflix continu de présenter de très bons chiffres après un deuxième semestre légèrement décevant au niveau du recrutement de nouveaux clients (1 million de nouveau client au moins par rapport aux prédictions). Cette réussite est liée à sa stratégie de personnalisation toujours plus accrue de son contenu et de ses abonnements pour s’adapter aux clients. En 2018, le contenu disponible sur la plateforme Netflix est à 43,1% directement produit par cette dernière, contre seulement 15% en 2016, soit une croissance de 88% de ses contenus originaux en 2018. La personnalisation des contenus séduit donc clairement les consommateurs et notamment l’Inde, où huit séries originales Netflix ont déjà été commandées.

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

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