Incendie Notre-Dame : un robot éloignant l’homme du risque

Source : France Info

Le robot Colossus est intervenu lors de l’incendie de Notre-Dame lorsque la flèche menaçait de s’écrouler permettant ainsi de continuer à lutter contre le feu sans mettre en péril la vie des pompiers. Ce drone terrestre pesant 500 kilos, équipé des caméras et rassemblant à une petite chenillette, est créé par l’entreprise Shark Robotics et est à la disposition des sapeurs-pompiers de Paris depuis deux ans. Étant très agile, ce robot peut transporter de l’eau, du matériel ou même des blessés.

Notre analyse : Si la plupart des robots sont destinés à faciliter la vie de ses utilisateurs, le robot-pompier va encore plus loin : il éloigne l’homme du risque. En se jetant dans des « hot spots », une machine peut désormais à la fois servir pour la surveillance des endroits en danger, mais aussi entreprendre des actions. Le soutien opérationnel de ce robot est inestimable : résistant au feu et aux fumées toxiques il est capable de reprendre une partie des tâches des pompiers en leur sauvant la santé ou même la vie. Nous pouvons espérer ainsi que des robots puissent rendre certains métiers moins pénibles dans le futur, ainsi que réduire le degré de l’exposition aux risques pour des pompiers, des sapeurs, des policiers… La valeur de la vie d’une personne est inestimable. Toutefois, celle d’un robot se réduit au prix de sa construction et de son entretien. Le gain en arbitrage pour l’humanité est évident : payer la reconstruction d’un robot est sans doute cher, mais la revitalisation d’un humain est irréalisable à tout prix.

 

Un logo Pepsi au milieu du ciel étoilé ?

Source : Numerama

L’« affichage orbital », c’est la nouvelle forme que pourrait prendre la publicité dans quelques années. L’entreprise russe StartRocket propose à ses partenaires commerciaux une solution bien originale : mettre en orbite un essaim de nano-satellites appelés « CubeStats » prenant la forme du logo de ces marques. StartRocket présente le PepsiCo comme son premier client, information qui a été confirmée par le porte-parole russe du groupe. Techniquement, les satellites pourraient être déployés d’ici 2020 et devenir visibles la nuit depuis la Terre l’année suivante. En pratique, la société n’en est encore qu’à la phase de levée de fonds. Le site Numérama met en avant plusieurs problèmes qui méritent d’être soulignés. Le premier est celui de la régulation. En effet, les pays n’ont pas les mêmes régulations en matière de publicité. Or ce qui est visible de l’espace ne dépend pas des frontières nationales. Un autre problème est celui de la « pollution spatiale ». Des milliers de débris gravitent déjà autour du globe aux côtés de satellites dont l’utilité n’est pas questionnée. La multiplication de ces débris pourrait se faire au détriment de projets plus indispensables.

Notre analyse : Souhaitons-nous voir le ciel étoilé, un des plus beaux paysages que l’univers a à nous offrir, complètement pollué par des publicités orbitales ? Si chacun a son opinion personnelle, comment trouver un terrain d’entente qui serait l’expression de la « volonté générale » ? Avec le lancement de plus en plus de projets spatiaux privés, allant du tourisme spatial à l’exploitation des ressources comprises dans les astéroïdes, la question de la propriété de l’espace se pose. Concernant l’ « affichage orbital » en particulier, le problème est plus délicat. Devrions-nous considérer que ce qui arrive jusqu’à nos rétines n’interfère en rien avec notre liberté, et que par conséquent tout n’est qu’une question de tolérance ? Ou au contraire devrions nous considérer le ciel comme un bien public dont la gestion devrait être assurée par un gouvernement mondial ? Quoiqu’il en soit, avant que la communauté internationale ne se mette d’accord sur toutes ces problématiques, il est certain que les groupes privés auront déjà entrepris leur conquête de l’espace. En résultera sûrement une forme d’anarchie, une Tesla en orbite par ici, un logo Pepsi par-là, avant que la régulation des activités spatiales privées ne devienne un enjeu majeur des relations internationales.

 

Facebook cartographie la population africaine via l’intelligence artificielle

Source : Le Big Data

A l’aide d’une intelligence artificielle, les ingénieurs de Facebook ont nourri un système d’open-source provenant du projet de cartographie « Open Street Map ». Sans l’aide de l’IA, cartographier le continent africain aurait été extrêmement fastidieux. 11.5 milliards d’images ont été analysées avec comme résultat la détection 110 millions de foyers en seulement quelques jours. Cette précise cartographie de la densité de la population africaine est une première et ouvre de nombreuses perspectives quant à l’utilisation des résultats. Facebook affirme que les données seront en libre accès d’ici quelques mois à des fins humanitaires mais de nombreuses voix s’élèvent contre le géant américain. En effet, Facebook fait actuellement l’objet d’une enquête pénale pour avoir fourni les données de ses utilisateurs à des tiers…

Notre analyse : Cette précieuse cartographie ouvre de nombreuses nouvelles possibilités dans de nombreux domaines. Il s’agit d’une première, rendue possible par les nouvelles technologies dont les géants américains (GAFA) et chinois (BATX) sont les seuls possesseurs. Le pouvoir de ces firmes constitue à la fois une chance et une menace pour la société. Les résultats de cette analyse de densité permettraient aux différentes ONG présentes en Afrique d’améliorer leurs actions sur place et pourrait servir en cas de désastre naturel afin d’identifier les zones prioritaires pour intervenir plus efficacement. Malgré tout, le monopole de la firme américaine pose aussi des problèmes dans le domaine du traitement des données. Au vu des déboires passés, il est logique de se poser des questions concernant les réelles intentions de Facebook. Malgré tout, il est aussi possible de faire converger les intérêts : identifier les personnes qui n’ont pas accès à internet en Afrique pourrait potentiellement bénéficier aux populations et à Facebook afin de « connecter les non connectés ». Il faut donc rester attentif sur les réelles motivations et les utilisations de ces données par le géant américain.

 

Oceanix, la ville flottante soutenue par l’ONU pour les réfugiés climatiques  

Source : L’Obs

Un projet de ville sur l’eau afin d’anticiper les conséquences du réchauffement climatique ? Selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), si la hausse de la température moyenne mondiale se limite à 1.5 degré Celsius, le niveau de l’eau augmentera de 77 cm d’ici 2100. Cela représente un changement définitif pour les populations vivantes : avec 3 humains sur 4 vivants près d’un littoral. Or, au vu du rythme actuel du réchauffement climatique, l’augmentation du niveau de 77 cm pourrait arriver beaucoup plus tôt selon le GIEC : entre 2030 et 2052 … Au début du mois d’avril, l’agence ONU-Habitat (Programme des Nations unies pour les établissements humains), a présenté son projet de ville flottante. La ville se composerait de plusieurs plateformes, chacune d’entre elles pouvant accueillir jusqu’à 300 habitants. L’agence spécialisée de l’ONU prévoit des livraisons par drones, des déplacements via bateaux électriques ou vélos… La ville tendrait vers l’autosuffisance (grâce à des fermes marines, au recyclage des déchets et au dessalage de l’eau de mer).

Notre analyse : Ce type de projet est essentiel afin d’anticiper les nombreux changements de nos environnements de vie affectés par le réchauffement climatique. Il est en effet primordial de s’intéresser aux conséquences de la montée du niveau de la mer dû à la fonte des glaces. Si les prédictions du GIEC s’avèrent correctes, les trois quarts de l’humanité seraient affectés il est donc primordial de réfléchir rapidement à ces questions. L’échéance 2030-2052 approche et pour le moment rien n’est prêt. Un prototype de ce projet d’île flottante devrait être testé à New-York mais pour le moment les technologies pensées pour assurer l’autosuffisance sont pour le loin d’être développées. Ces expérimentations sont indispensables afin de préparer au mieux les nombreux prochains grands changements de nos cadres de vie dû au changement climatique.


Informations analysées par Anastasiia Kyrylesku, Guillaume Moukala Same et Antoine Tantot, chargés d’études à l’Institut Sapiens. 

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