Industrie et sécurité, les enjeux mondiaux de la 5G

Source : La Croix

La technologie 5G devrait révolutionner de nombreux secteurs (voitures autonomes, développement des villes autonomes et de la robotisation dans l’industrie) du fait de son débit vingt fois plus rapide que celui de la 4G. Déjà active en Corée du sud, cette technologie est en cours de déploiement aux États-Unis et devrait l’être en Europe en 2020. Le déploiement de la 5G nécessite l’installation de nombreux nouveaux équipements (de l’antenne d’émission au smartphone du consommateur). C’est dans ce contexte que les États-Unis ont interdit les deux géants chinois (Huawei et ZTE) sur leur territoire au nom de la « protection de la sécurité nationale ». D’autres pays leur ont emboité le pas, mais des voix s’élèvent contre ce protectionnisme notamment chez les industries européennes du numérique.

Notre Analyse : La décision des pays, concernant la possibilité pour les entreprises étrangères de réaliser les installations de la 5G, repose sur deux notions.

La première est celle de l’efficacité ; autoriser les entreprises étrangères (et notamment chinoises) sur son territoire permettra de gagner de précieuses années sur l’implantation de la 5G en permettant aussi de réduire les coûts d’installation des infrastructures.

La seconde concerne l’indépendance des États vis-à-vis d’entreprises étrangères. En effet, abandonner totalement l’installation de la 5G à des entreprises étrangères pourrait avoir des effets négatifs à long terme (du fait du caractère stratégique du secteur) De plus, les deux entreprises chinoises interdites de s’implanter aux États-Unis, sont suspectées de livrer des informations aux autorités chinoises.

L’espionnage industriel, l’indépendance nationale, l’efficacité et la rapidité de l’implantation sont donc au cœur de ce dossier sur lequel le gouvernement français devra statuer.

 

Après Amazon, Fedex teste à son tour un robot livreur

Source : Les Échos

Le développement des expérimentations de véhicules autonomes s’accélère et les robots livreurs ne font pas exception. Dans un contexte d’augmentation du secteur du commerce en ligne, Fedex présente, après Amazon, son robot livreur. Il s’agit d’une réponse au problème de la livraison du dernier kilomètre. Ce robot serait donc capable d’éviter les piétons, de monter les escaliers mais aussi de communiquer avec l’humain via des messages affichés sur un écran.

Les expérimentations commenceront à Memphis dès que les autorités locales auront donné leur feu vert.

 

Notre Analyse : La problématique du dernier kilomètre de livraison est un enjeu majeur pour le commerce en ligne, il s’agit en effet de la partie la plus coûteuse de la livraison (plus le produit se rapproche du destinataire final, plus le coût unitaire du transport augmente). Amazon et Fedex, les géants du secteur, commencent leurs expérimentations et prennent une avance considérable. Il est nécessaire, dans le but de ne pas laisser les géants américains en situation de quasi-monopole dans le secteur des véhicules autonomes, que les autorités publiques débloquent davantage de ressources pour encourager une véritable recherche dans ce secteur. Une action nationale ne ferait pas le poids face à la Chine ou face aux États-Unis ; une réponse européenne reste indispensable et nécessite le renforcement des actions mises en place par l’UE (notamment via l’AI Watch, le programme de la Commission européenne pour superviser l’implantation de l’intelligence artificielle en Europe).

L’impression 3D des produits alimentaires pour lutter contre la famine

Source : Siècle Digital

Une startup néerlandaise développe une technique de l’impression 3D nommée « Upprinting Food » qui permet de recycler les déchets alimentaires en nourriture comestible.  Avec le but de fabrication des produits à longue durée de conservation, cette méthode peut devenir un outil de lutte contre le gaspillage et la famine. Le ‘design’ de la nourriture comprend plusieurs étapes : commençant par le traitement des déchets, on passe ensuite à la préparation d’une base de l’impression ou d’une purée composée du pain sec, des fruits et des légumes, avec un rajout des herbes et des épices. Lors de l’impression de la pâte, la technique crée des produits avec une apparence agréable donnant envie de les consommer. Le processus se termine par la cuisson et, au final, fait sortit des produits alimentaires salés et sucrés.

Notre analyse : Si cette idée autant philanthropique que prometteuse, permet de nourrir les plus nécessiteux, elle deviendra sans doute une avancée pour résoudre un des plus graves problèmes contemporains : la sous alimentation. Toutefois, il existe un risque entrepreneurial pour une telle activité : pour promouvoir la technologie de l’impression de la nourriture, il convient de développer en parallèle une infrastructure adaptée à celle-ci. Il est nécessaire de favoriser la création des entreprises qui vont s’occuper de la collecte de déchets alimentaires, prévoir des entrepôts de stockages pour des produits finis, ainsi qu’organiser leur transport vers les pays en difficulté. Le succès de cette démarche ne sera possible que si de grands groupes de distributions alimentaires acceptent de participer à la formation des flux de déchets. Par exemple, Carrefour a décidé d’intégrer la blockchain pour améliorer la gestion de ses stocks et, par conséquent, limiter son gaspillage. L’impression 3D de la nourriture peut ainsi devenir à la fois un enjeu pour de grandes entreprises alimentaires en leur permettant de réduire le coût de gaspillage, ainsi qu’une contribution importante à la lutte contre la famine. 

 

La Federal Trade Commission ouvre une enquête sur la concurrence dans le secteur  technologique.

Source : Stratégies

La Federal Trade Commission (FTC), qui partage avec le ministère de la Justice américain le rôle d’autorité de la concurrence, dédie une équipe spéciale de 17 juristes à l’évaluation du niveau de la concurrence dans le secteur technologique. La FTC a précisé qu’elle envisageait de réexaminer des opérations passées, sans exclure de remettre en question des fusions déjà bouclées. Bruce Hoffman, à la tête du service de la concurrence de la FTC, a refusé de fournir des informations sur les entreprises concernées. Toutefois, la FTC a annoncé s’intéresser particulièrement à la publicité en ligne (dominée par Google et Facebook), les réseaux sociaux, les systèmes d’exploitation mobile et les « apps » (dominées par Google) et de manière générale, les plateformes, notion qui s’applique à tous les acteurs de l’économie du partage (Uber, Airbnb, etc.) Cette annonce est un véritable retournement de la part de la FTC qui a avait, en 2013, clôturé une enquête sur la position dominante de Google dans la recherche en ligne et la publicité.

Notre analyse : Si les dernières acquisitions de Facebook (Whatsapp et Instagram) et de Google (Youtube) étaient remises en cause, cela constituerait un tournant pour les pieuvres du numérique : la guerre contre les géants serait enfin assumée par les Etats. Les entreprises visées, de leur côté, devraient apprendre à composer avec un pouvoir coercitif de plus en plus menaçant. Cette nouvelle arrive alors que le pouvoir des GAFA inquiète de plus en plus. Quel risque pour que de cette réussite commerciale émerge un pouvoir qui écraserait systématiquement toute concurrence et empêcherait toute alternative de se former ? Les données, l’expertise technologique et la force de frappe financière dont ils disposent leurs attribuent un pouvoir inédit pour des entreprises commerciales. Toutefois, il faut aussi veiller à ne pas présenter une vision archaïque de la concurrence. La concentration, si elle peut paraître effrayante, est dans de nombreuses circonstances bénéfique au consommateur. Plus la part de marché d’une entreprise est importante, plus ses prix diminuent et plus sa capacité d’innovation augmente. Il y a un donc un arbitrage à réaliser, entre les avantages de la concentration, et les inconvénients de l’émergence d’un pouvoir incontrôlable. 


Informations analysées par Anastasiia Kyrylesku, Guillaume Moukala Same et Antoine Tantot, chargés d’études à l’Institut Sapiens. 

Crédit photo : Natural Machines

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