Un minuscule robot insecte vole et est autonome en énergie

Source : Siècle Digital

Des chercheurs de l’Université d’Harvard ont développé un robot de la taille d’un insecte capable de voler. Baptisé « RoboBee XWing », le robot-insecte est autonome en énergie grâce à ses « panneaux solaires » miniatures positionnés sur ses ailes. En augmentant la taille des ailes et en ralentissant la vitesse de leurs battements, les chercheurs sont parvenus à faire voler RoboBee avec seulement 7 watts d’énergie. Toutefois, le prototype actuel n’est capable de voler qu’une demi-seconde. Plusieurs pistes sont envisagées pour améliorer son temps de vol : l’augmentation de la charge de Robobee, la miniaturisation du système de commande des ailes et l’amélioration de l’efficience énergétique du moteur.

Notre analyse : Alors que les actions humaines peuvent être à l’origine de la destruction d’une partie de la biodiversité, l’Homme est aussi une importante source de création. Cette ambition d’imiter la nature illustre parfaitement l’image de « l’Homme-Dieu » qui aurait un contrôle parfait sur la nature, alors qu’il en est lui-même issu. Cette capacité de l’Homme à étendre son emprise sur la nature, et même de devenir un véritable créateur, fascine. Les robots d’origine humaine prendront-ils progressivement le pas sur les êtres vivants biologiques ? C’est peu probable et les deux ne sont pas nécessairement en opposition, ils peuvent coexister. En tout cas, ces robots miniatures trouveraient des applications multiples : chasser les moustiques, surveiller discrètement des zones de grande ampleur, entrer des zones étroites difficiles d’accès, polliniser les plantes… L’entreprise de robotique Festo pense même que les robots-insectes sont l’avenir des systèmes industriels automatisés. Pour l’instant, de nombreux obstacles technologiques restent néanmoins à être surmontés.

La Chine est en train de gagner la course au solaire spatial

Source : Slate

D’ici 2050, la Chine souhaite commercialiser une centrale solaire orbitale, c’est-à-dire des panneaux solaires qui seraient capables de capter l’énergie depuis l’espace puis de la rediriger vers la Terre. Or, d’après un rapport de l’US-China Economic and Security Review Commission, le programme spatial de la Chine est entièrement géré par l’armée. D’après les auteurs, si la Chine obtenait le leadership sur cette technologie, « Pékin contrôlerait presque de facto les pays acheteurs ». L’enjeu géopolitique est donc énorme. De son côté, la Nasa, bien qu’elle ait débuté à travailler sur cette technologie dans les années 1960, « ne prévoit à ce jour aucune mission consacrée à l’énergie solaire ». Si les auteurs tirent la sonnette d’alarme par rapport à l’avance que la Chine est en train de prendre, ils soulignent néanmoins que le projet le plus « abouti » est celui de l’agence spatiale japonaise. Quoiqu’il en soit, selon les auteurs, « la première nation capable de capter la lumière du soleil depuis l’espace dominera toutes les autres ». D’où leur inquiétude quant au désintérêt des États-Unis, la seule puissance actuellement capable de rivaliser avec la Chine.

Notre analyse : La technologie en tant que telle est prometteuse. Elle donnerait accès à une source d’énergie illimitée et permettrait de répondre aux insuffisances des panneaux solaires actuels : leur intermittence et le vaste espace nécessaire pour produire une quantité d’énergie raisonnable. Le contrôle sur cette technologie pourrait-il constituer un pouvoir exorbitant ? Si tous les pays du monde devenaient dépendants de la Chine pour leur approvisionnement en énergie, il est clair que cette dernière disposerait d’un pouvoir de négociation hors du commun. Par ailleurs, on ne voit pas très bien pourquoi un tel scénario se réaliserait. Rien n’empêche que plusieurs centrales appartenant à différentes organisations (publiques ou privées) soient en orbite autour de la Terre. Une situation où la Chine serait en monopole complet ne pourrait survenir que s’il n’existait aucune offre concurrente pour cause de désintérêt des autres acteurs potentiels (ce qui n’est pas le cas) et si une pénurie d’énergie sur Terre rendait les pays entièrement dépendants au premier offrant (ce qui est peu probable). On peut même s’attendre à ce que l’effet d’annonce recherché par la Chine en dévoilant son plan pour 2050 intensifie la concurrence, ce qui serait dans l’intérêt de tous. La panique des auteurs est donc sûrement exagérée, il faudrait au contraire se réjouir des investissements réalisés dans ce secteur.

L’IA-auteur des discours politiques

Source : MIT Technology Review

En collaboration avec des chercheurs de Global Pulse, l’ONU a pris l’initiative d’utiliser une IA afin de tester un générateur de parole à partir de données open source. Un modèle linguistique adapté aux différents discours prononcés par les dirigeants politiques lors de l’Assemblée générale des Nations Unies de 1970 à 2015 a été développé grâce aux textes disponibles sur Wikipédia. Après 13 heures et avec un coût de 7,80$ (dépenses consacrées à la sauvegarde des ressources sur le ‘cloud’), le modèle est parvenu à produire des discours réalistes sur une grande variété de sujets d’actualité.

Notre analyse : Grâce à cette expérimentation, l’ONU a démontré à quelle vitesse il était possible de mettre en place un générateur des discours officiels, bien cadrés et conçus spécialement pour le grand public. Capable de « se prononcer » sur des sujets extrêmement sensibles comme celui de désarmement nucléaire, du réchauffement climatique ou encore des réfugiés, l’IA pourrait devenir une sorte de ‘souffleur théâtral’ capable de dicter aux grands politiques les opinions artificielles désignées à partir des informations disponibles.

Avec les techniques de deep learning, il devient de plus en plus facile pour tous de générer et de diffuser de fausses informations. De plus, les chercheurs ont conclu qu’un effort immense était nécessaire pour trouver des moyens de détecter le contenu généré par l’IA. Toutefois, la force de conviction de telles informations dépend de l’organisme ou d’une personne qui les diffuse. Le fait que certains politiques s’adressent aux concepteurs professionnels des ‘discours grand public’ n’est pas un grand secret. L’IA reprenant la même tâche, mais à un coût largement inférieur, pourrait perfectionner le processus du design de la ‘parole au public’ pour les hommes politiques. Imaginons qu’avec la vitesse avec laquelle l’IA est capable de feuilleter et de trier toutes les informations d’open source, dont les critiques et les commentaires des citoyens mécontents, elle serait en mesure de définir facilement des ‘points de tension’ à appuyer pour persuader le public. Toutefois, rappelons que l’IA ne s’est basée que sur des ressources existantes, des discours imaginés par des humains, et demeure pour le moment incapable de faire preuve de créativité dans ce domaine.

L’IA-copieuse de votre voix

Source : Siècle Digital

Des chercheurs de ‘Facebook AI’ ont développé une IA capable de copier parfaitement la voix de n’importe quelle personne. Basé sur un système d’apprentissage, ce synthétiseur vocal appelé MelNet, utilise des spectrogrammes pour former leur réseau de neurones profonds capables d’enregistrer tout le spectre des fréquences audio et leur évolution dans le temps. Un algorithme recopiant la voir de Bill Gates est actuellement en phase de test.

Notre analyse : Cette expérience représente sans aucune doute un grand avancement du machine learning sur le terrain de la synthèse vocale. Un algorithme apte à « générer des échantillons de parole et de musique inconditionnels avec une constance de plusieurs secondes », ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie du spectacle et de la reproduction sonore. Malgré cela, en combinaison avec des techniques récentes capables de générer une animation faciale à partir des photos d’une personne, l’IA-imitateur des voix pourrait être utilisée à des fins malhonnêtes. Par exemple, actuellement, le problème des faux profil LinkedIn devient de plus en plus commun. Reprenant très souvent des personnalités connues, de tels profils peuvent se connecter avec des millions d’utilisateurs légitimes sur LinkedIn ou leur envoyer un message avec des demandes particulières. Avec des IA-reproducteurs des visages et des voix, le problème des faux profils pourrait prendre de l’ampleur. Ces nouveaux ‘outils’ peuvent également devenir un vrai cadeau pour les prankeurs téléphoniques, et même ouvrir la porte à des scénarios inquiétants : « imaginez que des pirates passent un appel téléphonique à Xi Jinping avec la voix de Donald Trump … ».

Chargés d’études à l’Institut Sapiens

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