Qui est l’investisseur-activiste ? Un investisseur minoritaire engagé, qui suit ses participations de près et travaille sans cesse à améliorer leur valorisation. Il est un des propriétaires de l’entreprise et peut voir son patrimoine directement affecté par les décisions des dirigeants. Pour influencer la stratégie de l’entreprise, il dispose d’analyses détaillées du marché de l’entreprise, il propose des modifications d’organisations, des changements de dirigeants et utilisent toutes les possibilités de communication externe comme interne. Il se fédère avec d’autres actionnaires minoritaires pour peser davantage sur les orientations stratégiques, financières comme non financières (attentes des salariés, préoccupations environnementales, etc.).

Souvent victimes d’une forte défiance de la part de l’opinion publique, l’actionnaire est pourtant essentiel au fonctionnement de l’économie. Par ses investissements, il assure un financement pérenne et stable des entreprises. Son but principal est d’éviter une chute de la valeur de son capital et de lutter ainsi contre un potentiel rachat agressif de l’entreprise. Pour cela, il se doit d’être actif, en orientant et en approuvant les décisions clefs proposées par le leadership de l’entreprise lors des Assemblées, pour mener l’entreprise sur le chemin de la prospérité, de la croissance et du développement en général. Parmi la diversité des profils d’actionnaires, cette note se concentre sur les plus dynamiques d’entre eux, les actionnaires activistes.

L’activisme s’est jusqu’à présent surtout développé chez les Anglo-Saxons. Le taux de participation des petits actionnaires est de 50% dans l’Hexagone contre 63% au Royaume-Uni. Plusieurs freins culturels expliquent cette situation française, dont la pratique des droits de vote double qui avantage fortement les actionnaires les plus importants, le poids de la participation de l’Etat qui occupe la position ambivalente d’actionnaire-régulateur, et l’habitude française de favoriser les négociations « en off » plutôt qu’en toute transparence.

Actionnaires et dirigeants sont tous les deux nécessaires à la bonne marche de l’entreprise à condition que chacun soit à sa place. Le cadre actuel favorise plutôt des dirigeants qui ne sont que les locataires d’une entité productive, plutôt que des actionnaires qui en sont les véritables propriétaires.

Cette tentation de protection du management contre les actionnaires activistes est nuisible pour l’entreprise. De nombreux travaux académiques démontrent les effets positifs de l’actionnariat activiste sur les performances de l’entreprise, sa compétitivité et donc sa valorisation. De plus, ce contre-pouvoir aux décisions prises par la direction pose les fondements d’une nouvelle dynamique pour sortir l’entreprise d’une forme de « zone de confort » alignant les intérêts et les objectifs des dirigeants et ceux des propriétaires dans un objectif commun.

L’actionnaire dynamique travaille pour la communauté des actionnaires minoritaires, dont font partie les salariés de l’entreprise propriétaires d’actions.

Développer une démocratie actionnariale au sein de l’entreprise, avec tous les acteurs concernés, est donc un gage de croissance et de pérennité pour elle sur le long terme. Le législateur doit ainsi se positionner en faveur de l’actionnariat dynamique pour lui permettre d’exister pleinement et de cohabiter avec un management traditionnel parfois plus frileux. Favoriser l’actionnariat activiste c’est favoriser des entreprises solides, agiles et capables de se remettre en cause, des entreprises qui embauchent, qui remplissent leur responsabilité sociétale et participent à leur façon à la prospérité collective. Enfin, mettre en avant les actionnaires minoritaires c’est également l’occasion d’envoyer aux marchés européens le signal que « la finance est l’amie » de la France. Un message qui constituerait un avantage comparatif indéniable et un formidable argument d’attractivité dans un contexte d’incertitude des marchés.

 

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