L’Europe se place devant la Chine et les Etats-Unis en termes de publications scientifiques sur l’IA

Source : Developpez.com

Selon une étude publiée mercredi par le cabinet Elsevier, le contient européen est toujours en tête du nombre de publications scientifiques dans le domaine de l’IA avec près d’un tiers de ces dernières. La Chine est à quelques encablures avec 24% du nombre total de ces publications, suivie des Etats-Unis avec seulement 17%. L’Europe doit cette première place en partie à ses universités de pointe en matière d’IA, telles que Oxford ou l’ETH Zurich. Toutefois, cette étude nous renseigne aussi sur la croissance annuelle de ces publications. En 2017, la progression a été de 17% en Chine, 13% aux Etats-Unis et seulement 8% en Europe.

Notre analyse : Les pays européens sont clairement en retard sur le développement de l’IA par rapport à la Chine et aux Etats-Unis. Cependant des politiques et stratégies nationales qui se mettent en place en Europe, et ce malgré les faibles moyens financiers alloués (seulement 1,5 milliard d’euros en France contre 14 milliards de dollars en Chine) pourraient trouver un point d’appui sur le domaine scientifique, qui s’avère encore assez compétitif. Attention toutefois à ne pas trop tarder car la Chine pourrait dans un avenir proche dépasser l’Europe en matière de publications scientifiques dans le domaine de l’IA, au vu de la hausse annuelle de ces dernières. Néanmoins, il faut largement nuancer ce résultat, qui ne tient pas compte ni de la qualité des publications, ni de la transformation en innovations concrètes et tangibles, qui sont pourtant la clé de voûte de notre capacité à exister dans le grand bal mondial de l’IA. Etre bon en théorie n’est pas suffisant si l’on est mauvais en pratique. 

 

L’avis de 1000 experts sur les bienfaits de l’IA d’ici 2030

Source : Huffington Post

Pew Reasarch Center a interrogé 979 experts sur les bienfaits de l’IA d’ici 2030. Les réponses sont très majoritairement positives, même si quelques inquiétudes sont à noter. Finalement, 63% d’entre eux pensent que l’IA améliorera les capacités humaines. Au contraire, 37% supposent que l’IA les dégradera. Les points d’inquiétudes sont notamment au niveau de la dépendance à cette technologie, de la potentielle perte de contrôle puisqu’elle peut être autonome, et de la mise au chômage technique d’une grande partie de l’humanité. Toutefois, des solutions sont également soulignées telles que la coopération numérique internationale au service de l’humanité ou la réorganisation de nos systèmes politiques et économiques pour renforcer les aptitudes humaines au travers d’une coopération humain-IA plus approfondie.

Notre analyse : L’IA, comme toutes nouvelles technologies, suscite des craintes et des méfiances dans la population en général, et dans une moindre mesure dans le domaine scientifique. Comme le souligne le directeur d’un laboratoire de recherche du MIT sur l’économie digitale, Erik Brynjolfsson, tous les chemins sont possibles, cependant le choix de créer une IA au service de l’humanité n’appartient qu’à nous. Dans cette optique, la France et la Canada se sont alliés la semaine dernière pour avancer sur les questions éthiques que posent l’IA. Ensuite, il faut également noter que certaines peurs peuvent être injustifiées, telles que celle concernant le chômage, où un phénomène de destruction créatrice pourrait se produire, ce qui serait signe d’un certain dynamisme économique.

 

Une IA créée des visages artificiels

Source : Siècle Digital

Des chercheurs travaillant pour l’entreprise Nvidia ont créé une IA capable de créer des visages artificiels très réalistes à partir des photos de plusieurs personnes réelles. L’IA reprend les éléments dans des visages d’individus qu’elles jugent importants et construit un nouveau visage totalement artificiel avec des possibilités d’obtenir des variantes de celui-ci. Cette avancée pose des questions concernant les fakes news, où des individus virtuels avec leurs propres opinions pourraient être créés très rapidement pour par exemple augmenter l’image donné par un mouvement social. L’entreprise Nvidia était déjà arrivée à créer un monde virtuel à partir d’images réelles.

Notre analyse : Au-delà des inquiétudes concernant les fakes news, qui seraient résolues par une augmentation globale du capital humain, et donc de l’esprit critique de chacun, cette avancée pose surtout la question de la créativité de l’IA. De plus en plus d’applications vont dans ce sens, que ce soit par exemple le tableau artistique ou la pub de Lexus, créés et imaginés par des IA. Nous savons déjà que cette technologie peut prendre en compte et analyser un nombre considérable de données. Toutefois, si le développement de la créativité de l’IA continu dans ce sens, cette dernière pourrait également fournir des solutions ou des idées innovantes dans tous les domaines d’activité.

 

Les entreprises européennes à la traîne concernant l’adoption de l’IA

Source : Maddyness

Selon une étude menée par BCG Gamma, les entreprises françaises et allemandes sont en retard à propos de l’adoption de l’IA par rapport à la Chine et aux Etats-Unis. Selon l’étude, 32% des entreprises chinoises utilisent désormais quotidiennement l’IA, contre 22% aux Etats-Unis, et seulement 20% en France et en Allemagne. Lorsque l’on y ajoute les entreprises avec des projets en cours pour mettre en place une utilisation quotidienne de l’IA, ce pourcentage grimpe à 85% pour la Chine, contre seulement 49% en France. Au niveau sectoriel le constat est le même avec seulement trois secteurs sur les six que prend en compte l’étude, qui seraient véritablement concernés par une utilisation quotidienne de l’IA (la vente au détail, la santé et les technologies médias et télécoms).

Notre analyse : La France accuse un retard sur la Chine, et sur les Etats-Unis. Le plan IA de la France avec des financements à hauteur de 1,5 milliard d’euros ne saurait suffire par rapport aux montants alloués par la Chine et les Etats-Unis. L’Europe devrait fortement investir dans l’aide et l’accompagnement des entreprises, et notamment des PME dans l’adoption de cette technologie pour faciliter sa mise en place. Une fois ces dernières autonomes en matière d’IA, elles auront les moyens et les connaissances nécessaires pour développer elle-même cette technologie.

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

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