Paradoxalement, le ralentissement imposé par l’état d’urgence sanitaire s’est trouvé être un accélérateur de mouvements de fond dont les prémices avaient été posés avant la crise, venant bouleverser les unités de temps, de lieu et d’action de la scène du travail.

Bouleversement de l’unité de temps d’abord, la crise ayant mis en lumière de nouvelles figures du temps, venant questionner le modèle du temps homogène et abstrait comme référence central de la régulation du temps de travail. Le décompte du temps apparaît impuissant à demeurer la seule unité de mesure du travail. L’enjeu est l’appréciation de la charge réelle de travail, pour laquelle le temps de travail n’est plus un indicateur pertinent, en vue d’une maîtrise des rythmes et d’une réconciliation des temporalités du travailleur.

Bouleversement de l’unité géographique ensuite. Au-delà de l’extension et de la démocratisation du travail distancié – conduisant nécessairement à dépasser une approche individuelle centrée sur certains profils ou certains postes, pour l’appréhender collectivement comme organisation du travail –, les tensions lourdes sur le marché de l’emploi vont accroître le besoin de développement d’une politique de mobilité dans le travail. Or, une approche fondée sur une économie des proximités – géographiques et socio-économiques – permettra de construire un écosystème de mobilités professionnelles inter et intra-sectorielles efficace.

Bouleversement de l’unité d’action enfin. La gestion de l’incertitude à venir passe en effet par une gouvernance renouvelée bâtie sur une convention de confiance impliquant de nouvelles libertés d’actions tant pour les salariés que pour l’employeur.

La capacité d’action et d’adaptation est en effet clef pour l’entreprise face aux bouleversements dont elle a et aura à connaître, supposant une implication pleine et entière, utile et efficace, de l’ensemble de ses parties constituantes.

Cela passe par une négociation collective réellement constructive, et le développement d’institutions inclusives, seule base d’une véritable croissance, valorisant le capital humain.

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