Soyons clairs, la France du Numérique est en retard. L’Inde, la Chine, le Japon, la Californie, l’Allemagne, l’Angleterre, tous ces pays sont nos concurrents. Tous ces pays développent des atouts qui nous feront mal à plus ou moins long terme quand ce n’est pas déjà fait (Chine, USA en tête). Nos « licornes », ces Startup performantes, plafonnent à 1 à 2 Md€ face aux 900 Md€ d’Apple, un peu moins pour Alphabet (la holding de Google). Même en multipliant par 10 leur valeur, elles représenteraient à peine 1% des GAFAMI /BATX.

Certes, le président Macron met 1,5 Md€ sur la table suite au plan Villani et le numérique devient donc une « priorité ». Mais ne nous leurrons pas. Même si les « cerveaux » français sont aujourd’hui très bien représentés dans le monde, cet état de fait risque fort de disparaitre dans les années à venir. C’est comme surfer une belle vague. On admire les surfeurs sans voir que la vague va se tarir. Il y a aujourd’hui quelques mesures, quelques changements qu’il faudrait effectuer, mais qui ne pourront pas être entrepris par l’État « providence ». (car en France, on compte sur l’État). Or celui-ci n’a ni l’agilité ni la capacité à changer rapidement. Tenu par un système législatif d’un autre siècle et par des élus tributaires d’un peuple qui ne voit pas les changements arriver (ils regardent la fameuse vague et les politiques les regardent, eux), il y aurait pourtant des possibilités d’action, en totale disruption avec notre philosophie franco-française.

Redéployer le nucléaire, avec nos fleurons en la matière. Car l’énergie sera demain un pilier de l’économie numérique. Et qu’on le veuille ou non, on n’a pas mieux en matière de production énergétique, n’en déplaise aux écolos. Et pour ceux-ci qui voudraient manifester, je leur propose de le faire en Chine autour des innombrables usines à charbon, avant de s’occuper de la Technologie EPR (déployée en Angleterre brexitienne !)

Que l’état investisse en mode « business-angel ». L’État a tout à fait la capacité financière pour investir et développer des « Startup » publiques, ce qui aurait un double avantage : a) récupérer des fonds substanciels lors de sessions. b) pouvoir rémunérer à leur vraie valeur des scientifiques et chercheurs qui aujourd’hui « se battent avec le lance-pierre » pour quelques milliers d’€ de subvention, nécessaires à leurs travaux de recherche fondamentale.

Que l’État forme ses fonctionnaires à la culture du profit et à lire un bilan. L’économie est un sujet trop sérieux aujourd’hui pour qu’on laisse ce dossier à des personnes qui n’ont aucune notion de ce qu’est un fonds de roulement, un actif, un passif, etc…

Que l’État contrôle enfin les formateurs et enseignants, en recherchant pour eux un niveau d’excellence motivé par un système de primes au lieu d’un nivellement par le bas qui démotive les bonnes volontés.

On voit bien les cris d’Orfraie que peuvent déclencher ces simples propositions dénuées pour moi d’un quelconque débat « gauche/droite » dépassé.

Ça permet de se rendre compte du chemin à parcourir…

Après des études de biologie et deux années dans les forces spéciales, Stéphan Le Doaré se tourne vers l’informatique. Actuellement gérant de la société DSI Concept à Marseille, il conseille les entreprises dans la structuration de leur système d’information. Son deuxième roman aborde l’Intelligence Artificielle et le Transhumanisme d’un point de vue social et prospectif. Les conférences qu’il anime sur le sujet de l’I.A. replacent ce thème dans les contextes géopolitique, économique et sociétal. Il est également membre du LICA (Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle)

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