Le plus long pont jamais imprimé en 3D ouvre à Shanghai

Source : Dezeen

Une équipe de l’école d’architecture de l’université de Tsinghua de Beijing a modélisé puis imprimé en 3D un pont de 26,3 mètres de long et 3,6 mètres de largeur. Le pont a été construit à partir de 176 pièces chacune imprimée avec une imprimante 3D utilisant deux bras robotisés. 450 heures ont suffi à imprimer toutes les pièces. D’après les architectes, ce mode de construction ne représente que deux tiers du coût de construction d’un pont conventionnel de taille similaire. Ceci s’explique par le fait que le pont imprimé en 3D n’utilise pas de barres d’armature. Enfin, le pont est incrusté d’un système de surveillance qui enregistre la façon dont le béton se déforme au fil du temps, fournissant des informations qui serviront aux architectes dans leurs futures constructions.

Notre analyse : Cette technologie permet d’améliorer radicalement l’efficacité du secteur BTP. L’impression de ce pont n’est qu’un exemple parmi tant d’autres des prouesses de l’imprimerie 3D dans ce secteur. Au Texas, par exemple, la start-up Icon a imaginé un prototype de maisons imprimées en 12 à 24 heures pour 4.000 dollars. Ces gains de productivité bénéficieront en premier aux populations défavorisées en leur permettant d’imprimer rapidement des habitats et pour un moindre coût. Cela signifie également que le secteur aura besoin à l’avenir de plus en plus d’ingénieurs et de moins en moins d’artisans. Encore un exemple de métier sérieusement menacé par la révolution technologique. Si la technologie permet à l’humanité de produire plus tout en épargnant ses peines, la formation demeure un  enjeu fondamental pour adapter la main d’oeuvre à l’évolution des besoins des nouvelles industries.

Tesla rachète Maxwell Technologies

 Source : les Echos

Maxwell Technologies est un concepteur et manufacturier américain spécialisé dans le stockage et la distribution d’énergie. La société vient d’être  rachetée par Tesla pour 4,75 dollars par action. L’opération  sera finalisée au deuxième trimestre et permettra à Tesla d’acquérir des brevets et avoir accès à une technologie avancée de super-condensateurs. Contrairement aux batteries lithium-ion actuellement utilisées par Tesla pour ses voitures électriques, les condensateurs de Maxwell ont l’avantage de pouvoir être rechargés presque instantanément et sans s’user.

Notre analyse : Jusqu’ici, le marché des voitures électriques peine à décoller, malgré les subventions qui y sont accordées. La préférence des consommateurs pour des voitures traditionnelles s’explique par le défaut de compétitivité dont souffrent encore ces voitures. Pour séduire universellement, les constructeurs doivent améliorer l’autonomie des voitures et le temps de charge de la batterie, véritables sources de la réticence des consommateurs et de l’avantage compétitif des voitures traditionnelles. Heureusement, ces avancées sont en cours mais il faut du temps pour que la technologie soit au point. Le marché est un processus de tâtonnement, les voitures électriques qui existent actuellement ne sont que les prototypes qui servent la révolution à venir. Les subventions à la voiture électrique, qui traduisent la volonté louable de libérer les villes de la pollution de l’air, ne suffisent pas à la rendre attractive, seul le progrès accomplira cette tache.

Le réseau social Facebook a 15 ans

 Source : BFM TV

La réseau social qui compte aujourd’hui 2,3 milliards d’utilisateurs dans le monde soufflait le 4 février 2019 ses quinze bougies. En faisant un retour en arrière dans le temps, on s’aperçoit que Facebook a très vite fait parler de lui. Au bout d’un an d’existence, la presse française évoque pour la première fois le nom du futur géant. Entre admiration, inquiétude, anticipation d’un rachat potentiel, spéculation sur l’avenir du groupe, Facebook est très vite pris au sérieux jusqu’à devenir un véritable sujet d’actualité à partir de 2007. C’est aussi à cette date qu’apparaissent les premières angoisses relatives à la protection des données personnelles. Utopique pour Le Point, la protection des data est perçue comme une guerre perdue d’avance.

Notre analyse : Une dizaine d’années plus tard, la guerre numérique se structure et les différents camps s’organisent. Le sujet de la protection des données personnelles est un des sujets majeurs du XXIè siècle. La naissance des GAFA c’est aussi la naissance d’un business model. Grâce à la revente des données qui sont générées sur le net, les utilisateurs ont accès à des services « gratuitement ». Mais cette « gratuité » n’est qu’une illusion. Dans l’économie numérique, c’est la vie privée qui est le produit. Ce nouveau business model n’a-t-il pas une allure de pacte faustien ? En quelques années les data sont devenues l’or noir sur lequel repose la nouvelle économie, il est impossible de s’en passer. Il est donc impératif de parvenir à concilier efficacité économique  – ces données nourrissent l’intelligence artificielle et permettent des avancées prodigieuses – et éthique – car c’est bien notre vie privée qui est en jeu. Certains ont imaginé une forme de « patrimonialité des données » où chacun serait le propriétaire légitime de la valeur qu’il produit grâce à son activité sur Internet et pourrait revendre ses données. Il reviendra à la société de décider là où il faut placer le curseur, entre efficacité et éthique, tout en subissant la pression concurrentielle de la Chine qui ne voit dans l’individu qu’un pion au service de la puissance nationale.

Une révolution pour les panneaux solaires

Source : Sciences et Avenir

Les panneaux solaires seraient en passe de connaître une vraie révolution. L’avenir de l’énergie solaire n’est peut-être pas « le panneau » comme il en existe aujourd’hui mais une sorte de revêtement qui pourrait être apposé sur n’importe quelle surface, par exemple des murs ou des fenêtres. Ces nouveaux « panneaux solaires » moins chers, plus souples, plus légers  et fonctionnels même à l’ombre sont rendus possibles par les « pérovskites », une structure atomique particulière capable de former des cellules photovoltaïques. La société « Saule Technologies », fondée par la polonaise Olga Malinkiewicz, est la première chaîne au monde basée sur cette technologie. Sa capacité de production atteindra les 180.000 m2 de panneaux à la fin de l’année 2020. Des tests de cette technologie sont actuellement en cours, notamment à Varsovie et à Nagasaki.

Notre analyse: Les panneaux photovoltaïques ont aujourd’hui une portée limitée. Si SolarCity, la société d’Elon Musk, a imaginé des tuiles photovoltaïques, pour être fonctionnelles celles-ci requièrent néanmoins d’être exposées au soleil. Avec les panneaux solaires à base de pérovskites, non seulement la surface couverte par des panneaux solaires pourra considérablement augmenter – tout en étant plus discrets – mais ceux-ci seront également fonctionnels à l’ombre ou par temps couvert. Ce progrès permet de ré-actualiser le rêve des bâtiments auto-suffisants et éco-responsables. Toutefois il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, la technologie étant encore en expérimentation à l’échelle grandeur nature. Alors que de nombreuses solutions innovantes se font concurrence, il est difficile de dire à l’heure actuelle laquelle s’imposera comme le modèle présentant le plus d’avantages et le moins d’inconvénients.

Chargé d’études à l’Institut Sapiens. Etudiant à Sciences Po Grenoble

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