Des chercheurs sont parvenus à corriger un défaut naturel de la photosynthèse pour l’améliorer

Source : Sciences Mag

La photosynthèse, processus par lequel les plantes vertes obtiennent de la matière organique à partir de l’énergie lumineuse, produit des déchets toxiques. La photo-respiration permet à la plante de convertir ces déchets en ressources utiles. Par ailleurs, ce processus naturel a un coup énergétique qui réduit l’efficacité de la photosynthèse. Des chercheurs ont construit une voie métabolique dans des plants de tabacs transgéniques qui permet de transformer ces déchets pour un coût énergétique moindre. Cette méthode a permis d’améliorer la productivité de cette plante d’environ 40%.

Notre analyse : Cette innovation semble prometteuse. Grâce aux gains de productivité qui en découlent dans le secteur agricole, nous serions capables de nourrir un nombre substantiel de personnes supplémentaires, sans augmenter la taille des zones cultivées. Cet exemple montre qu’il est inutile de tomber dans le catastrophisme qui conduit parfois à des recommandations liberticides. Nous devrions plutôt concentrer nos efforts sur la recherche de solutions innovantes. Toutefois, l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché de ce type de produit constituera un frein à son déploiement, les Organismes Génétiquement Modifiés suscitant pour l’instant la plus grande méfiance de nos décideurs politiques. Il est impératif de réfléchir plus rapidement sur le rôle des OGMs dans notre société, étant donné les nombreux bénéfices que l’humanité pourrait en tirer. 

Une IA qui peut lire dans vos pensées et parler à votre place. 

Source : Futura

Des ingénieurs en neuro-sciences américains sont parvenus à développer une IA capable de lire dans les pensées et de transformer les signaux électriques du cerveau en paroles intelligibles. Le deep learning intervient dans l’association des signaux électriques enregistrés aux mots. L’IA a été capable de reconstruire le son de chiffres de 0 à 9 avec un taux de réussite de 75%. L’IA n’est encore qu’à ses balbutiements et les chercheurs prévoient de l’entrainer à la reconstruction de mots et de phrases plus complexes. Toutefois, ce système reste encore très invasif. En effet, les expériences ont été effectuées sur des patients atteints d’épilepsie auxquels ont été implanté des électrodes.

Notre analyse :  Si cette innovation pourrait notamment permettre à des muets de retrouver la parole, ou même à des tétraplégiques de commander un ordinateur par la pensée (pour la technologie qui permet de lire dans les pensées), elle pose également de sérieuses questions en matière de liberté individuelle. Comme l’a souligné Laurent Alexandre dans son livre La Guerre des Intelligences,  « en pénétrant le cerveau, la science fait perdre à l’individu son dernier domaine d’intimité ». La pénétration dans nos pensées est la technologie rêvée par le régime chinois qui pourrait noter ses concitoyens non seulement sur ses actes, mais aussi sur ses pensées spontanées, intempestives, incontrôlées. Mais il n’y a pas besoin d’être en Chine pour craindre une telle technologie. Alors qu’aujourd’hui la liberté d’expression fait débat sur les limites qu’il faudrait lui apposer, à l’avenir, débattrons-nous de la liberté de penser ? Peut-être établirons-nous le crime de la pensée. Même si Facebook, qui travaille également sur cette technologie, a affirmé ne souhaiter pénétrer dans notre pensée uniquement avec notre consentement, ceci ne peut être assuré et le risque de « hack de la pensée » devient bel et bien réel. 

Traçabilité : Nestlé mise sur la blockchain 

Source : Le Matin

Un projet initié par IBM, « IBM Food Trust » et auquel participe une dizaine de géants de l’alimentaire, vise à utiliser la blockchain pour améliorer la traçabilité d’un produit. Nestlé vient de rejoindre ce projet. Diverses données sont collectées, du début à la fin de la chaîne de production, comprenant « les récoltes, la transformation, le transport ou encore l’étiquetage des produits ». Le consommateur pourrait avoir accès à ces informations en scannant un QR code via son téléphone portable. Pour l’instant, Nestlé n’en est qu’à la phase de test et fait encore face à plusieurs défis techniques, il faudra donc encore attendre un peu avant que cette pratique soit disponible au grand public

Notre analyse : Le manque d’information ou l’asymétrie d’information est généralement interprété comme une imperfection du marché. Or, ce qui n’est pas souvent perçu est la capacité du marché, grâce à l’innovation technologique et entrepreneuriale, à corriger de lui même ses propres imperfections. Il existe une demande forte de transparence de la part des consommateurs. Celle-ci sera rendue possible par la technologie et le marché avec une performance largement supérieure à toutes les formes de régulation qui ont été imaginées pour remédier à ce problème. Par exemple, dans le cas de la viande de bœuf polonaise avariée qui a été découverte la semaine dernière, la blockchain permettrait de localiser cette viande contaminée en un rien de temps. 

Apple lance une appli de santé

Source : Les Echos

Apple s’est associé avec le géant de l’assurance Aetna pour lancer l’appli d’e-santé « Attain ». L’appli fonctionnera avec l’Apple Watch et proposera à l’utilisateur des défis hebdomadaires pour l’aider à atteindre les objectifs qu’il s’est fixé. L’utilisateur, s’il atteint ses objectifs, sera ensuite récompensé en « crédits » qu’il pourra utiliser pour faire des achats. Les récompenses pouvant aller jusqu’à l’offre d’une Apple Watch. Les deux géants assurent ne pas commercialiser les données de santé de ses utilisateurs, ni les utiliser pour réviser les prix de souscription à une assurance. Celles acquises avec le consentement de utilisateurs seront exploitées par l’assureur uniquement pour dresser des statistiques générales.

Notre analyse : Avec cette application, Apple concurrence les Etats dans le domaine de la santé publique. A l’approche basée sur l’interdiction généralement favorisée par les législateurs, Apple préfère celle des incitations en récompensant les comportements sains. Toutefois, la rencontre entre le Big Data et l’assurance soulève de nombreux enjeux. En effet, les informations que les assureurs détiennent sur nous leurs permettraient de calculer le risque encouru pour chaque individu et ainsi de proposer un prix adapté aux différents comportements individuels. En théorie, cette discrimination aurait pour vertu de responsabiliser les individus, mais en pratique on peut aussi y voir une nouvelle forme de contrôle et d’intrusion dans la vie privée. Pensons au fait qu’un verre de vin quotidien suffit à augmenter le risque de certains cancers. L’assureur, connecté à notre compte bancaire, pourrait s’accorder la liberté d’augmenter son prix proportionnellement au risque supplémentaire que ce verre de vin lui fait courir. Toute la vie pourrait se traduire en risque, ainsi il n’y a aucune limite à ce qui pourrait intéresser les assureurs. Toutes nos actions seraient scrutées jusqu’au moindre détail. Big Brother ne serait plus une dystopie mais bien le quotidien. 

Chargé d’études à l’Institut Sapiens. Etudiant à Sciences Po Grenoble

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