Suite à la chute du bloc soviétique, l’Estonie, dont le système administratif s’est écroulé comme château de carte, a su se reconstruire en misant sur le tout numérique. 20 ans plus tard, ce petit pays balte fait office d’exemple mondial d’Etat plateforme : 99% de ses services publics sont dématérialisés, l’enregistrement d’une société se fait en seulement 18 minutes,  et chaque citoyen dispose d’une e-identité pour s’identifier à tout moment grâce au numérique. Cette numérisation des services a permis de dégager une économie budgétaire de l’ordre de 2% du PIB, sans toucher au périmètre d’intervention de l’Etat.

Pour notre 3ème édition des petits déjeuners Sapiens, nous avons eu le plaisir de recevoir Emmanuelle DucrosJournaliste économique à l’Opinion Lauréate 2018 du prix CITI-Columbia University de l’excellence journalistique pour l’article « Bienvenue en E-stonie, le premier Etat réel à l’administration 100% dématérialisé », et Antoine Picron, Analyste en politiques publiques | Chercheur associé à l’Institut Sapiens Auteur de l’étude Sapiens « L’E-stonie, modèle d’un Etat plateforme e-gouverné »

Selon nos intervenants, le modèle repose sur 3 piliers : la confiance des utilisateurs en un système décentralisé, la couverture numérique de tout le territoire estonien, et la présence d’un X-Road, véritable décentralisation et numérisation des services publiques de l’Etat, organisés en ruche permettant de protéger les données et les services de toutes attaques malveillantes. 

Un modèle garantissant l’accessibilité et l’égalité à tous les citoyens, tout en protégeant les données et la vie privée du citoyen, sont des caractéristiques qui font du modèle estonien une parfaite alternative aux GAFA. Une vision qui a été relaté dans le dernier ouvrage de Violaine de Champetier de Ribes  et Jean Spiri, qui ont présenté leurs propres conclusions à la fin de notre petit déjeuner.

 

 

Néanmoins, si le modèle estonien peut-être montré en exemple pour le volet gestion d’un Etat-plateforme, il n’est pas à copier dans sa globalité. Outre le fait que l’Estonie n’ait une population que de 1,3 millions d’habitants (soit l’équivalent de la ville de Lyon), hyper concentré autour de 2 métropoles, il s’agit également d’un des pays qui polluent le plus en Europe, dû à son appétence pour l’électricité charbonnée. Une inspiration oui, une transposition complète non !

 

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