Si l’Union Européenne a beaucoup de défauts, elle a la vertu d’avoir préservé le vieux continent de tout conflit durant plus de 70 ans. Mais, ravagée par les crises des subprimes et des dettes souveraines, elle s’est avérée dans sa mouture actuelle incapable de répondre aux grands enjeux économiques, sécuritaires et environnementaux du XXIe siècle.

Aussi, la relance de l’idéal Européen doit s’articuler autour de projets structurants rejoignant à la fois les préoccupations des peuples et les défis du futur. La transition énergétique représente l’un de ces projets majeurs.

En amont de la publication de notre étude sur la transition énergétique, notre expert énergie, Philippe Charlez a présenté ses préconisations pour déployer une politique européenne de l’énergie sans rogner notre souveraineté.

Pour notre expert, la transition énergétique ne peut reposer sur le charbon. Il y a urgence à se tourner vers de nouvelles solutions moins polluantes.

Le mix énergétique a beaucoup changé ces dernières années : au début du 19ème siècle, le mix énergétique était constitué à 100% du bois. La part du bois est aujourd’hui quasi nulle. Le corollaire direct a été un reboisement de la France. La surface forestière française était de 15 Mha en 1500. Elle est tombée à 5 Mha en 1800, pour remonter à 15 Mha en 2000. Le choix a été fait alors de se tourner vers le pétrole, dont l’apport énergétique est 10 fois plus important que le bois. C’est la preuve même qu’une transition énergétique est possible, à condition notamment de la baser sur l’innovation, afin de garantir son respect de l’environnement.

Au niveau de l’intensité énergétique (qui correspond au ratio de la croissance de l’énergie sur la croissance du PIB), la France a divisé la sienne par 3 en 200 ans, pour atteindre aujourd’hui un ratio de 1,1. A titre de comparaison, la Russie est à 4,7, l’Inde à 4, la Chine à 3,7, les Etats-Unis sont à 1,7, l’Allemagne est à 1 et le Royaume-Uni est à 0,8. La moyenne mondiale est de 2,3.

La France a ainsi une des croissances les moins polluantes au monde, contrairement à beaucoup de ses partenaires. La raison principale tient à la faiblesse des émissions en carbone de notre parc nucléaire, qui occupe 76% de notre mix énergétique.

La question de la transition énergétique en Europe doit avoir comme objectif de décarboner la production d’électricité.

En 2000, le mix énergétique était le suivant  : l’hydro était à 15%, le gaz était à 18%, le charbon à 35% et le nucléaire à 32%. Les énergies renouvelables sont à 0%.

En 2018, le mix énergétique est le suivant :  l’hydro stagne à 15%, le gaz reste à 20%, le charbon et le nucléaire sont passés à 25% chacun. Les énergies renouvelables sont quant à elles passées à 15%. 

Si la part des ENR a augmenté dans le mix européen, elles n’en restent pas moins précaires en termes de rendement, notamment à cause du manque de capacité de stockage, laissant ainsi notre consommation d’énergie tributaire de la météo. Sans stockage de l’énergie, aucune croissance verte n’est envisageable. Il faut comprendre que le nucléaire permet une production de l’ordre de 7 TWh/ GW, alors que l’éolien ne permet une production qui n’est que de 1,5 TWh/ GW. De plus, une éolienne n’est pas neutre en carbone : elle nécessite lors de sa construction : 150 tonnes d’acier, 400 M² de bêton, le tout pour une rendement assez faible de 2 MW par éolienne.

 

Pour conclure, pour notre expert Philippe Charlez, la transition énergétique européenne doit se baser sur l’énergie nucléaire, même si c’est une technologie encore assez jeune. La version actuelle, basée sur la fission est imparfaite car elle produit des déchets. La version parfaite sera celle de la fusion, elle ne produira pas de déchets. Nous passerons de l’un à l’autre grâce à l’innovation, qui peut être coordonnée au niveau continental.

 

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