La caricature est devenue la  pierre angulaire de notre démocratie. Résumer une actualité politique en un dessin est un art essentiel pour la compréhension et la critique de la société dans laquelle nous vivons. A l’occasion de la 12ème édition des petits déjeuners de l’Institut Sapiens, Monsieur Kak, le dessinateur caricaturiste de l’Opinion, était présent pour nous en parler.

Monsieur Kak ne choisit pas ses sujets, la Une lui est communiquée tous les matins et il doit proposer plusieurs idées sous forme de croquis liés à cette actualité. Un croquis va ensuite être retenu par la rédaction du journal et il ne reste plus à Monsieur Kak qu’à affiner cette ébauche. S’il n’est pas libre de choisir le sujet, les consignes exactes pour le dessin ne sont pas imposées.

Lorsque la Une du quotidien a été définie, Monsieur Kak cherche à repérer les éléments qui vont faire rire. L’objectif n’est pas de faire de la politique ni d’être méchant ou revanchard, mais de faire de l’humour, c’est-à-dire se moquer des protagonistes. Si parfois les caricatures de Monsieur Kak croquent des anonymes, elles font plus rire et sont plus virales sur les réseaux sociaux lorsque les protagonistes  ont une certaine notoriété

Toutefois, comme le dessinateur le souligne, moquer n’est pas dénigrer. Le but est de créer un décalage humoristique, de trouver dans une situation d’actualité, un élément comique. Pour Monsieur Kak, on peut et on doit rire de tout. La capacité d’affronter une situation difficile arrive quand on accepte d’en rire. L’humour est donc une manière d’affronter le sujet au lieu de le fuir, de désamorcer la peur. Cette culture de la caricature n’est pas universelle et n’a pas le même degré d’acceptation partout. Au Japon, par exemple, personne n’imaginerait se moquer du chef de l’État.

Le métier de dessinateur-caricaturiste consiste  donc à apporter une autre dimension à l’actualité politique. Monsieur Kak rappelle qu’en France, nous sommes libres de pouvoir nous exprimer sur un sujet. Même si la liberté d’expression reste  encadrée et protégée (incitation à la haine, à la consommation de drogues, etc.), le droit à la parodie accorde au caricaturiste la liberté d’exercer son métier, qui est de faire rire et de grossir les traits des individus.

L’avantage du dessin de presse est qu’il est lisible en seulement quelques secondes et donc accessible à un public très large.

La caricature est aussi un indicateur du niveau de démocratie : une fois qu’un caricaturiste subit une pression de la part du gouvernement, ce n’est pas bon signe. Ce qui n’est heureusement pas le cas en France.

 

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