Guy Manou Mani, auteur du livre « L’apocalypse numérique n’aura pas lieu » et  expert de la transformation technologique, était l’invité de la 10ème édition des petits déjeuners Sapiens. Il a présenté  son essai dans lequel il expose sa vision optimiste de la transformation numérique ainsi que les nombreux domaines de l’activité humaine qui vont être touchés. Selon lui, aucun secteur ne va y échapper.

Tout d’abord, les notions mêmes de temps et de lieu de travail sont déjà totalement remises en cause par le numérique, notamment grâce au télétravail. Dans le domaine de l’éducation en, on ne travaillera plus  avec des élèves comme on le faisait il y a 30 ans. Les smartphones, par exemple, désormais interdits en classe, créent en réalité  des perspectives incroyables  en favorisant la recherche de l’information par les élèves, ainsi qu’en améliorant leur capacité d’échanger avec un enseignant et de travailler en groupe. L’auteur dresse un parallèle avec la réception négative de l’introduction de la calculatrice dans les salles de classes. Aujourd’hui, qui oserait remettre en cause cet outil devenu indispensable ? Il vaut mieux regarder de tels appareils comme des outils pédagogiques permettant à la fois de perfectionner le processus d’enseignement et d’atteindre plus facilement des résultats. Deux éléments sont donc nécessaires concernant la formation des élèves : ils doivent savoir chercher de l’information et faire un usage optimal des nouveaux outils disponibles.

Dans le secteur de la santé, il souligne que la Sécurité Sociale française dispose d’un des plus grands stocks de données de santé au monde. Un potentiel qu’il faut se donner les moyens d’exploiter.  De plus, la nature de l’hôpital doit changer. Beaucoup de tâches pourraient être exécutées à domicile si l’on construisait des immeubles intelligents. Le secteur hospitalier pourrait ainsi gagner en efficacité, à condition d’accepter de fermer des hôpitaux.

Lorsque 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore, la question de la formation des jeunes devient cruciale. Actuellement, on assiste à une demande accrue de développeurs et de codeurs. Selon l’auteur, dans les années à venir, le marché du travail proposera encore plus de postes liés au « design » du numérique : il estime une création annuelle de 50 000 postes pour les codeurs, 40 000 postes pour les ingénieurs et 30 000 pour les développeurs.

La transformation numérique est inévitable, et l’humanité n’a que deux réactions possibles : soit tenter de résister soit, au contraire « surfer sur cette vague des opportunités » offertes par le numérique et en profiter pour se réinventer. Certes, comme toute révolution technologique, la transformation occasionnera des coûts de transition, mais il faut agir maintenant pour changer le futur. L’anxiété face à un tel bouleversement est légitime et il faut savoir y répondre en créant un cadre de confiance, fiscal, social adapté à ce nouveau monde. Guy Manou Mani conclut que s’il y avait une chose à faire elle se résumerait en une seule proposition : investir massivement dans l’éducation et la formation, conditions essentielles de la réussite d’une société en transformation.

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