En 1837, l’économiste français Adolphe Blanqui cite pour la première fois le terme « révolution industrielle » dans son ouvrage « Histoire de l’économie politique ».

Le terme entrera ensuite dans le langage courant et désignera le passage d’une société à dominante agraire et artisanale vers une société commerciale et industrielle, passant du « domestic factory » au « factory system ».

Le boom ferroviaire des années 1840 modifie profondément l’économie et dans le milieu du textile, trois professions sont particulièrement menacées par l’apparition de métiers mécaniques : les tondeurs de draps, les tisserands sur coton et les tricoteurs sur métier.

En 1780, un ouvrier anglais (qui n’a peut-être jamais existé, et parfois appelé « Captain Ludd », « King Ludd » ou « General Ludd ») aurait détruit deux métiers à tisser. En 1811, il signe des lettres de menace de sabotage envoyées aux patrons de l’industrie textile et devient le leader imaginaire d’un grand mouvement de résistance à l’industrialisation. Depuis, le terme « luddisme » est utilisé pour désigner ceux qui s’opposent ou critiquent les nouvelles technologies.

Dans le même temps, à Lyon, se jouent les insurrections des Canuts (1831 puis 1834), tournées vers la défense d’un idéal de dignité dans son travail. Leur devise « Vivre en travaillant ou mourir en combattant » exprime ce désir de « vivre dignement par son travail » face à l’industrialisation qui tue le marché économique dans la filière du tissu (près de 500 métiers mécaniques à l’époque). Par leur « solidarité prolétarienne » et un esprit de compagnonnage, les Canuts, organisés (quasi militairement), cultivés et très politisés influenceront par la suite des penseurs tels que Proudhon, invitant la condition ouvrière dans le champ politique.

« Mais où est donc le rapport avec l’intelligence artificielle » me direz-vous ?

Prenons nos amis les chevaux. Ils nous accompagnent depuis l’antiquité pour notre développement agricole. Ils ont tiré nos araires pour labourer nos champs, nous ont permis de nous déplacer plus rapidement, etc. De nombreux métiers gravitaient autour du cheval.

 

Imaginons une conversation entre deux chevaux, dans les années 1900, regardant  passer une Ford T :

« Ces ‘automobiles’, quand même, c’est ennuyeux pour nous !

– Mais non, ne fais pas ton Luddite ! Ils ont dit la même chose quand les trains ont remplacé les diligences.

– Franchement, j’aime mieux faire le taxi en ville que de tourner en rond pour un puits ou une mine de charbon.

– Car tu imagines si le moteur à explosion… explose économiquement ?

– Il y aura toujours des emplois pour nous, on ne les connait même pas encore. Regarde, quand on a inventé la roue, l’araire, la charrue…

Pourtant, ces « nouveaux emplois » ne sont pas arrivés et de 26 millions en 1915, la population équine est tombée à 3 millions en 1960 aux États-Unis.

Les muscles mécaniques ont rendu les chevaux inutiles, les neurones informatiques en feront-ils de même avec nos cerveaux biologiques ?

Après des études de biologie et deux années dans les forces spéciales, Stéphan Le Doaré se tourne vers l’informatique. Actuellement gérant de la société DSI Concept à Marseille, il conseille les entreprises dans la structuration de leur système d’information. Son deuxième roman aborde l’Intelligence Artificielle et le Transhumanisme d’un point de vue social et prospectif. Les conférences qu’il anime sur le sujet de l’I.A. replacent ce thème dans les contextes géopolitique, économique et sociétal. Il est également membre du LICA (Laboratoire d’Intelligence Collective et Artificielle)

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