Le logement est au cœur des préoccupations des Français. Nul ne peut envisager sereinement la construction d’un foyer ou l’accomplissement d’un projet professionnel sans un accès durable et sécurisé à un logement. Or aujourd’hui, notre logiciel immobilier se doit d’être repensé pour coller aux mutations économiques et sociales en cours.

Le parc du logement français se compose de 35 425 000 unités, contre 25 453 000 il y a 30 ans. Au sein de ce parc, on dénombre 82,3% de logements principaux (29,2 millions d’unités), 9,4% de logements secondaires (3,3 millions d’unités) et 8,3% de logements vacants (2,9 millions d’unités).

Dans le même temps, la Fondation Abbé Pierre  nous apprend que 896 000 personnes sont privées de logement personnel et 4 millions souffrent de mal logement. Le logement est devenu le premier poste de dépenses des ménages (locataires et propriétaires), absorbant en moyenne 28,3% du revenu. La disparité est très grande selon les profils des ménages : le taux d’effort des ménages appartenant au premier décile de revenu et se logeant dans le secteur privé est de 52%. Il devient ainsi de plus en plus difficile de se loger, ce qui peut induire des difficultés à accepter une mobilité professionnelle.

Pourtant, l’Etat français a à cœur de stabiliser le marché du logement. Les dépenses publiques  liées au logement s’élèvent à 42 milliards €  par an, dont 21 milliards €  au titre des APL.

A cela s’ajoutent les 4,5 millions de logements sociaux que l’on dénombre sur notre territoire. Pourtant l’efficacité du ciblage dans l’attribution de ces derniers reste à démontrer : 70% des locataires d’un logement privé peuvent prétendre à un logement social. Ce trop haut taux d’éligibilité est une barrière pour les plus défavorisé : ceux logés dans le parc social sont devenus minoritaire, leur part tombant de 24% à 7.7% en 20 ans. A l’inverse, 84.000 ménages y logeant font partie des 10% des ménages les plus riches de France.

Il est urgent de transformer en profondeur ce pan essentiel de notre société. Pour cela, l’Institut Sapiens préconise de déployer à un triple choc :

  • Un choc d’offre permettant d’augmenter le nombre de logement mis sur le marché et de favoriser l’accession à tous les ménages, quel que soit leur profil professionnel ou leurs revenus. En simplifiant les règles existantes et en recréant de la confiance entre propriétaire et locataire, on maximisera le parc locatif existant. Ce choc d’offre doit également concerner le logement d’urgence en permettant la construction de solutions temporaires de logements à destination des sans-abris, favorisant ainsi leur sortie de la précarité et la ressource nécessaire pour rebondir.

 

  • Un choc de simplification ayant pour effet de rendre beaucoup plus efficace notre politique du logement social, pour qu’elle profite enfin aux plus défavorisés qui n’ont pas la possibilité de se loger dans le parc privé. On assure ainsi un logement décent à chaque citoyen français, quel que soit son revenu ou sa situation professionnelle.

 

  • Un choc de mobilité permettant de réduire la fracture existant entre territoires et métropoles, grâce à l’avènement de nouvelles formes de travail et le déploiement du véhicule autonome, permettant de considérablement réduire les distances et envisager la construction d’une vie en dehors des grandes villes. Ce choc ne sera réussi que si l’Etat à tous ses niveaux, décide d’un grand plan d’investissement public permettant l’aménagement et l’accessibilité du territoire.

 

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A propos des auteurs 

Bernard Cadeau

Expert logement pour l’Institut Sapiens Dirigeant du réseau immobilier Orpi durant 18 Ans dont 12 en qualité de Président jusqu’en décembre 2017, il est titulaire d’une Maitrise de droit des affaires de l’université Paris Panthéon Sorbonne. Il est un des spécialistes français concernant la politique du logement, de l’immobilier mais aussi de l’animation d’entreprises en réseau. Il intervient à ce titre régulièrement dans les médias pour éclairer le débat public.

 

 

Dominique Calmels

Co-fondateur de l’Institut Sapiens Directeur Financier du groupe Accenture pour la France et le Benelux, il est le Président de la commission Economie et Fiscalité du Groupement des professions de services ( GPS ). Il préside également la commission Fiscale de la Fédération Syntec Numérique et il participe aux travaux du Medef dans plusieurs comités. Il est passionné d’économie et notamment l’économie de la Fonctionnalité et Circulaire. Il a une formation en finance, comptabilité et fiscalité.En décembre 2017 il a cofondé l’Institut Sapiens avec Olivier Babeau et Laurent Alexandre.

2 pensées sur “Logement : 3 chocs pour une révolution”

  1. Bonjour,
    Ne serait-il pas bien ou mieux quelque part d’aligner les prix du mètre carré des professionnels du secteur hors HLM de ceux du secteur HLM afin de pouvoir faire bénéficier à tous les possibilités d’accession à la propriété ? Ici, comme vous l’expliquer, bien des ménages les plus riches ou aisés vivent dans les HLM laissant de ces faits, l’obligation aux plus démunis les logements hors HLM.
    L’alignement des prix feraient baisser le prix des loyers des deux secteurs en sachant le retour des plus riches et ou aisés dans le secteur hors HLM. Il est vrai maintenant que le secteur HLM connaît et accuse un retard considérable en ce qui concerne la loi sur la transition énergétique et qui oblige l’état à garantir ceux-là ou les travaux voire la construction de nouveaux logements HLM.
    Nous sommes par ailleurs, dans cette obligation.
    En outre, remettre le PSLA serait bien.
    Parler de critères d’accession stricte à un logement social ferait grandir aussi une sorte de favoritisme tout en sachant les critères d’accession à un logement hors HLM. Voilà pourquoi l’alignement des prix.
    Le PSLA ou revoir ce dernier serait une bonne chose car aujourd’hui, être seul avec 1100€ de salaire net, il est impossible de devenir propriétaire, l’accession à la propriété est impossible à moins d’être en couple, mais pour celui ou celle qui ne le souhaite pas ?
    Merci.
    Cordialement

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