Si l’année 2019 aura salué diverses expérimentations de la 5ème génération des standards de communication (5G) à travers des opérations de chirurgie à distance, l’année 2020 pourrait consacrer leur déploiement.

Au cœur de cet enjeu se joue la prochaine révolution numérique, l’Internet des Objets (IoT). Formulé différemment, l’IoT fait référence aux objets du quotidien qui communiquent entre eux et avec les humains via Internet. Comme l’explique Eric Dosquet, c’est « une nouvelle manière d’interagir avec les objets[1] ». Ainsi, plus les objets seront connectés, plus ils contracteront le temps et l’espace qui conditionnaient jusqu’ici les modes d’interaction entre les individus. Du premier lapin connecté[2] à l’ambulance connectée[3] permettant à un médecin de guider via des lunettes un ambulancier dans ses premiers gestes de soin, ce ne sont pas moins de 7 milliards d’objets connectés qui furent mis en service. Un chiffre qui pourrait atteindre 21,5 milliards en 2025. Aucun secteur ne sera épargné par cette interconnexion homme-machine qu’il faut dès à présent interroger. Quels seront les modalités et les outils permettant à l’homme de rester et d’être au cœur de cette révolution numérique ?

Pour y répondre, nous avons fait le choix du secteur de la santé comme laboratoire d’expérimentation de cette révolution numérique. La crise du COVID-19 a en effet démontré l’importance de son capital humain et la nécessité de lui allouer les bonnes ressources financières et technologiques. Au cœur de cette considération s’exprime la nécessité de mettre en valeur et de préserver l’excellence et le savoir-faire de nos chercheurs et médecins afin qu’ils puissent satisfaire leur raison d’exercer, soigner leurs patients et améliorer la santé des citoyens. Toutes réflexions et évolutions dans ce secteur devront ainsi répondre à trois objectifs : offrir un meilleur accès aux soins y compris les plus innovants, assurer un meilleur suivi des patients et contribuer à une meilleure prévention. Ces objectifs s’inscrivent dans la stratégie nationale de santé (2018-2022) qui vise à transformer l’offre de santé dans les territoires pour répondre aux besoins de la population, développer une culture de la qualité et de la pertinence, enfin mettre le citoyen au cœur de l’innovation[4].

Pour mettre en œuvre ces réflexions sur la santé de demain, la 5G s’impose car elle offre une connexion plus rapide, plus stable et plus sécurisé entre les objets et ses utilisateurs. Elle garantit une interaction en temps réel au sein du milieu médical et aussi avec le patient. Une interaction qui, selon l’ICNIRP – un consortium international de scientifiques évaluant et fixant les limites d’exposition aux rayonnements – est sans danger[5]. Comme l’explique Olivier Merckel, responsable de l’unité d’évaluation des risques liés aux agents physiques à l’Anses[6] « la 5G ne sera pas différente de la 3G ou de la 4G. Même si la transmission des signaux s’effectue avec un autre codage, cela ne change pas grand-chose à l’interaction entre les champs électromagnétiques et le vivant. Ce qui interagit avec le corps humain, c’est l’onde électromagnétique, l’énergie transportée et la manière dont elle est déposée dans le corps : répétée, en continu, hachée [7]». Selon Serge Ferré, l’ancien Vice-Président de Nokia, l’onde de la 5G pourrait même être moins dangereuse car elle est plus courte que l’onde 4G donc moins pénétrante[8].

Reprenant les trois objectifs essentiels de ce secteur l’accès aux soins, leur prise en charge et la prévention, l’Institut Sapiens a cherché à comprendre comment la 5G y répondrait. Grâce aux nombreux témoignages recueillis auprès des principaux acteurs de la santé et de la 5G et aux premières expérimentations réalisées dans la télé médecine, il semble que la 5G pourrait être un support nécessaire à l’implantation et la diffusion des innovations diagnostiques et thérapeutiques, un outil au service de la performance médicale.

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[1] Eric DOSQUET, L’internet des objets et de la data, Dunod, Paris. Propos recueillis par Lucas Mediavilla, « Comprendre l’Internet des Objets en 5 questions », Les Echos Start, 28 juin 2018, lien suivant : https://start.lesechos.fr/innovations-startups/tech-futur/comprendre-linternet-des-objets-iot-en-5-questions-1176678

[2] Nabaztag – 2005

[3] « L’ambulance connectée, pour une meilleure gestion des urgences », Smartlink, 26 janvier 2018, lien suivant : https://www.smartlink.fr/lambulance-connectee-pour-une-meilleure-gestion-des-urgences/

[4] Ministère des solidarités et de la santé, Stratégie nationale de santé 2018-2022, lien suivant : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/dossier_sns_2017_vdef.pdf

[5] « ICNIRP guidelines for limiting exposure to electromagnetic fields (100 KHz to 300 GHz) », ICNIRP, mars 2020, lien suivant : https://www.icnirp.org/cms/upload/publications/ICNIRPrfgdl2020.pdf

[6] Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

[7]Propos recueillis par Melinda Davan-Soulas pour LCI le 29 janvier 2020, lien suivant : https://www.lci.fr/high-tech/deploiement-de-la-5g-en-france-ce-ne-devrait-pas-etre-fondamentalement-different-et-plus-dangereux-que-la-4g-anses-2144060.html

[8] Entretien avec l’Institut Sapiens, 11 mai 2020.

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