Une intelligence artificielle pour faire face aux conséquences du changement climatique

Source : CBC

Les nouvelles technologies au service de la prévision des effets du changement climatique, c’est le challenge que tente de relever des chercheurs de l’Université de Waterloo (Canada) en partenariat avec Microsoft. Ce partenariat vient d’un programme débuté en 2017, AI for Earth, et qui regroupe des projets utilisant l’IA afin de résoudre les grands enjeux climatiques de demain. Le projet opère dans 4 grands domaine : l’agriculture, l’eau, la biodiversité et le changement climatique.

Analyse : Personne n’ignore les problématiques liées aux dérèglements climatiques. Les conséquences sont protéiformes et le 21èmesiècle est la première période à voir l’apparition de réfugiés climatiques. Bien que le numérique soit responsable d’une partie du changement climatique (notamment via les Data Centers) il permet également de réduire l’impact environnemental si son utilisation est bien effectuée. Via une rationalisation de l’utilisation des ressources, une meilleure gestion des flux, des économies d’énergie (que ce soit pour les particuliers ou l’industrie), les utilisations de l’intelligence artificielle sont nombreuses et variées. L’exemple le plus emblématique est le programme mis en place à Dubaï qui, grâce à l’IA optimise la collecte et le recyclage des déchets de la ville. C’est notamment pour ces raisons qu’il est indispensable d’équiper l’ensemble des zones géographiques au réseau. En effet, les régions les plus défavorisées n’ont pas accès à ces avantages et cela pourrait donc contribuer à creuser les inégalités géographiques. La lutte contre le changement climatique via les nouvelles technologies et plus particulièrement l’IA devra d’abord passer par un équipement homogène des réseaux dans l’ensemble des zones habitées.

 

Le prix d’Internet sans publicités s’élèverait à plus de $35 par mois

Source : Vox

Combien couterait Internet s’il n’y avait plus de publicité ? La réponse a été apportée par le site Tech Vox. L’étude a estimé qu’un Américain devrait payer environ $35 par mois pour pouvoir utiliser Internet sans publicité. Pour un français, le coût serait d’environ 8€ par mois en raison du montant d’investissements publicitaires moins élevé qu’aux Etats-Unis (5 milliards d’euros pour 50 millions de Français contre 106 milliards de dollars pour 250 millions d’Américains). Le prix à payer au Royaume-Uni, d’après une étude de 2014 du journal Le Monde, serait d’environ 170€. Les montants diffèrent en fonction de l’usage de la navigation, du type de navigation et surtout de l’utilisation des données qui génèrent des recettes importantes pour les plateformes.

Analyse : La publicité en ligne est au cœur de nombreux enjeux, attaques et sanctions qui sont régulièrement adressées aux plateformes. Ainsi en janvier dernier la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) infligeait une amende de 50 millions d’euros à Google pour non-respect du règlement européen de la protection des données (RGPD). Supprimer la publicité, le traçage ainsi que l’exploitation des données devrait être un choix mais ce changement impliquerait un prix important à payer. Profiter de nombreux services haut de gamme « gratuitement » est une habitude extrêmement ancrée chez les internautes et faire marche arrière s’avère extrêmement complexe. Cela est notamment observable avec le lent développement du moteur de recherche européen Qwant, développé pour concurrencer le géant américain du secteur en prônant le respect de la vie privée. Changer ses habitudes s’avère difficile. Comme exprimé dans cette célèbre citation, résumant le business modèle de ces géants du numérique : « Si c’est gratuit, c’est vous le produit ».

Plastique transformé en énergie  

Source : Usbek&Rica

Des chercheurs de la Chester University (Angleterre) ont développé une nouvelle technique de combustion des plastiques non recyclables. Le projet baptisé Waste2tricity, en collaboration avec une entreprise britannique spécialisée dans la valorisation énergétique des déchets, Powerhouse Energy, a pour le but de transformer les déchets non recyclables qui participent à la destruction des écosystèmes. Suite à la combustion, à la température de 1 000°C dans un four en verre, le plastique se transforme en hydrogène de haute qualité et à faible teneur en carbone.Le carburant créé peut être utilisé pour alimenter des moteurs ou éclairer des habitations. Le premier test de ce nouveau dispositif sera effectué cette année par une centrale dans le Cheshire.

Analyse : Même si actuellement l’humanité accorde de plus en plus d’attention aux enjeux du tri et de recyclage, le problème du plastique non-recyclable, contenant très peu de matière première, reste d’actualité. Selon une étude publiée sur Science Advances, l’humanité a produit 6,3 milliards de tonnes de déchets plastique depuis les années 1960s, dont la majorité (80%) est non-recyclée. De plus, selon le WWF, le plastique accumulé dans les océans atteindra 300 millions de tonnes à l’horizon de 2030. Ces chiffres, ne sont-ils pas effrayants ?

Une avancé proposée pas la Chester University offre un double avantage : environnemental, mais aussi économique. Un grand espoir environnemental vient du déploiement de cette technologie dans les pays en voie de développement ce qui permettrait de lutter contre la surpollution. Cela serait particulièrement pertinent pour l’Inde par exemple qui est submergée par la pollution des déchets plastiques. En ce qui concerne le côté économique, la propagation de cette nouvelle technologie permettra de valoriser les déchets plastiques. Si les déchets transformés en énergie permettent d’alimenter les voitures et fournir de l’électricité dans les foyers, ils deviendront une sorte de nouvelle matière première avec un prix et créeront ainsi un nouveau marché accompagné par l’ouverture d’usines, le développement des structures logistiques de collecte et de transports, et, par conséquent, la création de nouveaux emplois. Les déchets d’aujourd’hui seront-ils la source d’énergie de demain ?

 

Des organes artificiels faits d’encre et de papier

Source : Sciences et Avenir

Une équipe de chercheurs d’Harvard a développé des organes en papier revêtus de cellules cancéreuses afin d’imiter un cancer de sein et de tester les médicaments. La création d’organes artificiels commence à partir de cellulose, une molécule contenant du papier qui est produite par des bactéries ce qui rend sa fabrication facile et peu onéreuse. Ensuite, les molécules acquièrent la forme du tissu grâce à un hydrogel, un mélange de cellulose et d’eau. Les imprimantes 3D sont utilisées pour imiter de vrais vaisseaux sanguins en utilisant de l’encre hydrophobe, qui se fluidifie au contact de la chaleur en formant des micro-canaux. Une fois la substance produite, elle est remplie par les cellules cancérigènes, ce qui permet d’imiter le vivant (biomimétisme). Ce modèle peut être fabriqué en masse grâce à sa courte durée de production (une seule journée) et son faible coût (4 centimes de $). Un autre avantage est celui des conditions de conservation : cette structure peut être conservée pendant de longues périodes quand elle est sèche, et peut abriter tout type de cellules une fois hydratée.

Analyse : La production de substances artificielles dans le but de tester les molécules médicamenteuses est sans doute le futur de la pharmacologie et de la recherche médicale en général. L’encre et papier avec un rajout des nanotechnologies a permis de dépasser les capacités d’un examen médical tel qu’il existait auparavant.  L’injection d’un médicament dans le modèle artificiel d’un organe permet de juger de son efficacité mesurée par sa capacité de tuer les cellules cancérogènes. Cette technique offre également la possibilité d’examiner l’effet d’un médicament sur d’autres cellules. En plus du cancer, cette technologie sera utile pour étudier un grand nombre des pathologies. En outre, la valeur ajoutée de cette méthode réside dans la possibilité de personnaliser un test grâce à la reproduction de la substance avec une utilisation des cellules d’un patient particulier. Ce test personnalisé permet de prévoir si le médicament fonctionnera correctement sans exposer un patient au risque d’un traitement inapproprié. Ainsi, la création des organes artificiels permet de se rapprocher des situations physiologiques réelles à moindre coût et sans danger pour les patients. Toutefois, on peut se questionner sur la fiabilité des résultats issus des tests sur des organes ‘falsifiés’ : les effets d’un médicament seront-ils les mêmes lors de l’injection dans un véritable organisme humain ? 

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