Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Le gouvernement chinois engage une IA comme présentateur télé

Source : Journal du Geek

Xinhua, l’une des deux agences de presse du gouvernement chinois, a développé deux IA pour présenter les actualités en chinois et en anglais. L’image du présentateur est celle d’un vrai journaliste et se base sur un système d’IA. Quelques imperfections sont à noter comme le fait que sa bouche bouge en mouvements saccadés peu naturels, et sa voix synthétique est monotone. Toutefois le résultat est impressionnant et les avantages nombreux puisque ce présentateur virtuel n’a ni besoin de prendre de jour de congés, ni besoin de toucher un salaire. Cette démarche a d’ailleurs été faite dans l’optique de réduire les coûts.

Notre analyse : Ceux qui prédisaient que l’IA dite faible ne remplacerait que les métiers aux tâches automatiques ont vu faux. L’IA peut effectuer des tâches complexes non répétitives. Cela s’est vu dans le domaine juridique par exemple où une IA a battu 20 avocats dans la détection de problèmes concernant des contrats commerciaux il y a deux semaines, et aujourd’hui dans le domaine de la communication, et plus particulièrement de l’interaction sociale. La hausse de l’efficacité et la réduction des coûts itinérants à ces nouvelles applications de l’IA permettra de générer des gains de productivité et donc l’allocation de ces derniers et du temps supplémentaire dégagé par cette technologie à de nouveaux secteurs d’activité innovants et dynamiques.

SpaceX va envoyer 7000 satellites pour apporter internet depuis l’espace

Source : Numerama

Le projet de SpaceX a obtenu le feu vert du régulateur des télécommunications aux USA pour lancer 7000 satellites à basse altitude pour apporter internet à l’ensemble de la population. L’entreprise aura donc à terme environ 11 000 satellites en orbite autour de la Terre puisqu’elle avait déjà eu l’autorisation de le faire pour 4 425 d’entre eux au printemps. Le service internet sera disponible dans un premier temps à partir de 800 à 900 satellites en orbite. Ce dernier sera d’abord centré aux Etats-Unis, à Porto Rico, à Hawaï, en Alaska et aux Îles Vierges dans les Petites Antilles. Toutefois, certaines critiques ont été émises concernant cette initiative avec comme principal argument la multiplication des satellites gravitant autour de la Terre et donc l’augmentation de la pollution spatiale.

Notre analyse : SpaceX veut se placer en première position sur le marché des fournisseurs de réseau internet en développant une technologie de diffusion de ce dernier bien moins coûteuse au niveau de l’entretien et de la mise en place. D’autant plus que cette dernière pourrait à terme être déployée dans des zones dépourvues d’infrastructures de télécommunications comme les zones aux conditions climatiques difficiles, ou très mal desservis par ces dernières comme certains territoires africains, ou dans une moindre mesure certaines régions rurales françaises. Posséder internet est aujourd’hui la condition nécessaire, mais non suffisante, pour espérer accéder au développement, au progrès technique et plus globalement à la connaissance. Contrôler l’accès à l’innovation grâce à son réseau internet peut faire entrer SpaceX dans une nouvelle catégorie supérieure d’entreprise, à l’instar des GAFAM.

Les raisons d’une baisse généralisée des cryptomonnaies

Source : Les Echos

Le bitcoin est passé sous la barre des 6000 dollars, plancher symbolique que certains experts considéraient comme stable voir sous-estimé par rapport à sa valeur réelle. Toutefois, les cryptomonnaies en général ont plongé cette semaine sous cette barre pour la troisième fois de l’année après les mois de février et de juin. Cette baisse a plusieurs raisons. Tout d’abord elle est dû à la faible liquidité des cryptomonnaies, ce qui les rends difficilement monétisables dans une optique de consommations voir de financements. Ensuite, la corrélation élevée entre les différentes cryptomonnaies rend la propagation d’une baisse initiale aux autres extrêmement rapide. Enfin, la communication autour du bitcoin se faisant en majorité sur les réseaux sociaux, la peur d’une chute de la monnaie est contagieuse à l’ensemble des agents.

Notre analyse : Le réel intérêt ne réside pas forcément dans sa valeur et dans les financements que l’on peut retirer du bitcoin, mais plus particulièrement dans la technologie sous-jacente des cryptomonnaies, la blockchain. Cette dernière permet de stocker des données numériques pour un coût minime, de manière décentralisée et sécurisée. Alors que les cryptomonnaies étaient considérés comme des monnaies refuges, elles restaient toutefois une liquidité peu efficace pour traiter les paiements. Ce processus peut être assez lent, et les frais de transaction peuvent s’avérer plus élevés que pour les transactions classiques. En bref, indépendamment de la blockchain, les cryptomonnaies avaient déjà une utilité limitée, les baisses successives de cette semaine montre que même son rôle de monnaie refuge est menacée.

La France a inauguré le premier TGV d’Afrique au Maroc

Source : L’Express

Le président de la République Française Emmanuel Macron a inauguré jeudi avec le roi du Maroc Mohammed VI le premier TGV du continent Africain. Ce dernier doit relier Tanger à Rabat en 2h10 au lieu 4h45 actuellement. Il a été financé à 50% par la France et construit par la SNCF. À travers ce projet, la France espère signer d’autres contrats en Afrique, notamment dans le domaine des infrastructures de transport, dont le continent manque cruellement. Ce TGV, qui a coûté environ 2 milliards d’euros, devrait transporter six millions de personnes en trois ans.

Notre analyse : Ce projet témoigne tant des opportunités qu’offrent le marché africain, que de son incroyable retard au niveau du développement économique. Le Maghreb étant l’un des territoires les plus avancées du continent avec l’Afrique de Sud, nous pouvons nous poser la question de la qualité des infrastructures du reste de l’Afrique. Les opportunités de partenariats pour la construction dans le secteur des transports sont donc importantes pour l’Union Européenne, d’autant que ces derniers pourraient s’inscrire dans les négociations commerciales actuelles. Pour rappel, l’Union Européenne veut faire signer des accords de partenariats économiques à plusieurs pays africains et notamment aux Etats-membres de la CEDEAO pour la période post 2020. À l’heure actuelle, au sein de l’Afrique de l’ouest, seul le Nigéria refuse de signer ces accords. L’initiative de partenariats Europe-Afrique pour la construction d’infrastructures de transports pourraient aider à avancer dans ces négociations commerciales et renforcer le lien Afrique-UE.

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

Une pensée sur “IA, SpaceX, bitcoin et TGV : Les 4 infos qu’il ne fallait pas manquer la semaine du 12 novembre”

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