L’IA pourrait générer des milliards d’euros de croissance pour l’Europe

 Source : L’Opinion

Une étude réalisée par le cabinet de conseil McKinsey a chiffré le potentiel de l’intelligence artificielle. Les consultants estiment que le développement de l’IA pourrait accroitre le PIB européen de 2700 milliards d’euros d’ici 2030, avec un coût de transition qui avoisine le milliard d’euros. Toutefois, la Commission européenne estime que les trois-quarts des emplois liés au big data resteront non pourvus d’ici 2020. De même, il existe des différences d’avancement dans le développement de la technologie en fonction du pays ou du secteur :  entre la Grèce et l’Allemagne ou la finance et l’éducation par exemple. Ainsi, pour bénéficier pleinement de ce potentiel, des efforts sont nécessaires. L’Union Européenne a donc fait le choix de se doter d’une politique volontariste et d’investir vingt milliards d’euros par an.

Notre analyse : La destruction créatrice est source de croissance sur le long terme. Cette étude a pour avantage de rappeler que le développement de l’IA pourrait conduire à un enrichissement considérable de la société si nous parvenons à saisir cette opportunité et à minimiser les coûts qui découlent de la nécessaire période de transition. De plus, si nous voulons que cette richesse soit répartie pour que tout le monde puisse en bénéficier, une vraie politique volontariste de formation et d’éducation est indispensable. Pour l’instant, les pays de l’Union Européenne cherchent à se distinguer des Etats-Unis ou de la Chine en fixant des règles éthiques au développement de l’IA. Ce choix politique n’est sûrement pas le plus stratégique. Alors que l’Europe est loin derrière, Elle réfléchit à comment se mettre des bâtons dans les roues. Toutefois, souhaitons-nous que la Chine nous impose son modèle éthique ? La volonté de l’Europe de conserver ses valeurs malgré une révolution technologique bouleversante est légitime, le problème est que l’Europe n’est pas dotée de la crédibilité nécessaire pour asseoir son autorité sur la scène internationale. Sans une concertation internationale, le risque est que la concurrence récompense ceux qui font fi de toute éthique.

 

Enseignements de l’expérimentation d’un revenu de base en Finlande

Source : BFM TV

Entre 2017 et 2018, 2000 chômeurs finlandais ont reçu un revenu de base mensuel de 560 euros sans condition. Pour étudier les conséquences de cette mesure, le groupe des bénéficiaires est comparé à un groupe test qui touche les indemnités de chômage classiques. Les chercheurs ont conclu que le revenu de base n’avait pas d’effets sur l’emploi. Toutefois, les bénéficiaires du programme ont présenté « moins de symptômes de stress, moins de difficultés de concentration et moins de problèmes de santé » ainsi qu’une confiance renforcée dans leur avenir. Les témoignages montrent également que ce système a l’avantage de simplifier radicalement le quotidien des demandeurs d’emploi, contrairement à celui en place jugé trop bureaucratique.

Notre analyse : Pour certains, cette expérience se solde par un échec, pour d’autres c’est une réussite. Tout dépend de ce que l’on attend d’un « revenu de base ». Tout d’abord, ce revenu ne s’apparente pas à un revenu « universel », il n’a pas vocation à être versé à l’ensemble de la population. Il est néanmoins inconditionnel car les individus en recherche d’emploi le reçoivent sans condition préalable. L’argument souvent avancé contre ce genre de revenu est qu’il serait désincitatif au retour à l’emploi. Or, l’expérience prouve le contraire – avec les réserves qu’il convient d’émettre liées aux limites de la méthodologie. Cette expérience démontre par ailleurs que ce type de versement favorise le bien être des bénéficiaires.  Le revenu de base n’est donc pas moins performant que le système actuellement en place en termes de retour à l’emploi, mais a des conséquences positives sur la psychologie et la santé des bénéficiaires. Si à l’origine le gouvernement espérait que cette mesure favorise le retour à l’emploi, la découverte inattendue est qu’elle permet au moins de libérer les chômeurs de l’enfer kafkaïen qu’ils vivent au quotidien.

 

Le MIT crée une nouvelle école dédiée à l’IA

Source : Les Echos

La Massachusetts Institut of Technology a annoncé la création à Boston d’une faculté dédiée à l’intelligence artificielle. L’école ouvrira ses portes dès la rentrée prochaine en 2019. L’objectif n’est pas de former de simples spécialistes de l’IA, mais des experts capables d’utiliser l’IA dans des champs de recherche aussi diversifiés que les humanités, la biologie ou la chimie. Au total, c’est un milliard de dollars qui ont été investis dans ce projet. Avec cet investissement dans le capital humain, le principal donateur Stephan A. Scharzman espère éveiller l’intérêt du gouvernement américain pour ces questions.

Notre analyse : « Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme » écrivait Rabelais. Si cette école permettra de déployer l’IA dans tous les domaines de la recherche, elle favorisera également l’émergence d’experts capables de porter un regard transversal et pluridisciplinaire sur les questions relatives à l’IA. La technologie progresse beaucoup trop vite pour que la pensée puisse suivre, mais celle-ci doit au moins essayer de s’accrocher. Il ne faut pas se tromper de combat, l’enjeu de ce siècle n’est pas technologique mais éthique, philosophique et politique.

 

La reconnaissance faciale, nouvel Eldorado du transport aérien

 Source : Les Echos

La reconnaissance faciale, maintenant bien avancée, permet de se passer de la carte d’embarquement pour prendre l’avion. Depuis le 1er février, les passagers des vols Miami-Munich de Lufthansa n’ont plus qu’à présenter leur visage devant un scanner. C’était déjà le cas pour une poignée de vols : avec British Airways à Orlando, Jetblue à New York-JFK, Delta à Minneapolis, KLM à Amsterdam-Schiphol et Air France à Paris. Cette innovation qui pour l’instant n’est que l’exception, serait en passe de devenir la règle. En effet, selon une étude de 2018, 77% des aéroports prévoient d’investir dans les nouvelles technologies biométriques. Le leader mondial de cette technologie est européen (mais pas citoyen de l’UE) : la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA) est basée à Genève. Si elle permet aux passagers de ne plus avoir à se soucier de leur carte d’embarquement, cette technologie a pour finalité de fluidifier les parcours des usagers. Ainsi, à Orlando la British Airways peut embarquer 240 passagers en 10 minutes.

Notre analyse : Cette technologie présente des avantages certains et est utilisée par de plus en plus d’acteurs à des fins diverses. En plus de l’exemple présenté ci-dessus, la reconnaissance faciale permet déjà de déverrouiller son iPhone ou de payer avec son visage, ce qui améliore grandement la satisfaction des utilisateurs et facilite leur quotidien. Cette même technologie permet également de déceler des maladies rares avec un taux de réussite supérieur à celui des meilleurs médecins.

Toutefois, utilisée à mauvais escient, elle rendrait possible une surveillance de masse, à la fois des Etats pour des raisons de sécurité mais aussi des professionnels du marketing qui pourraient traquer nos émotions en direct et en déduire notre niveau de satisfaction. Ainsi, des entreprises proposent déjà des panneaux publicitaires avec une caméra intégrée pour enregistrer et analyser notre réaction en temps réel. Sommes-nous certains d’accepter de sacrifier la vie privée sur l’autel de l’efficacité ?

Chargé d’études à l’Institut Sapiens. Etudiant à Sciences Po Grenoble

Laisser un commentaire