Intelligence artificielle : 1 français sur 4 préfère l’IA à Emmanuel Macron

Source : Le Big Data

D’après un sondage, réalisé par l’Université IE de Madrid, 25% des français accepterait de laisser une intelligence artificielle gouverner le pays. Cette étude a été réalisée dans d’autres pays européens et a obtenu des résultats similaires : 30% en Allemagne, Italie, Irlande et Royaume-Uni. Le chiffre monte à 43% aux Pays-Bas. Les arguments avancés sont les avantages des machines : plus de pragmatisme, vision d’ensemble, davantage de fermeté sur certaines thématiques comme la lutte contre le réchauffement climatique …

Notre analyse : Le résultat de cette étude fait froid dans le dos. A l’heure où 70% des Français ont une mauvaise opinion du Président de la République, de tels résultats ne sont pas étonnants. Malgré tout, il faut savoir raison garder. La politique n’est pas une affaire d’experts et donc encore moins une affaire d’intelligence artificielle. Les hommes politiques font face à des sujets qui ne requièrent pas une bonne ou une mauvaise réponse mais une réponse prenant en compte les différents points de vue, les implications immédiates et à long terme et qui résulte de compromis et de discussions entre les différents acteurs nationaux et internationaux.

De plus, sur quoi seront basés les résultats issus de cette « IA présidentielle » ? Sur les réponses politiques passées sur des sujets similaires ? Sur des scénarios hypothétiques en fonction des réponses à une question ? On ne peut imaginer une réponse n’ayant pas de dimension systémique et donc ne prenant pas en compte toutes les implication. Il est par exemple impossible d’apporter une réponse ferme au problème du réchauffement climatique de manière unilatérale par la France ; cela engendrerait une perte significative de compétitivité pour les acteurs économiques français vis-à-vis de leurs concurrents européens. Il est impératif de reconstruire une relation de confiance entre le politique et la population afin que nous ne tombions pas dans une dictature technologique.

 

La police de New-York présente une IA capable d’identifier des « schémas criminels »

Source : Le Point 

La police new-yorkaise a développé un système utilisant l’intelligence artificielle pour améliorer et faciliter le travail de recoupement des crimes et des délits. En analysant les schémas criminels, l’outil peut obtenir une liste de suspects potentiels. L’outil, surnommé Patternizr, s’appui sur différents éléments comme le signalement physique des criminels, le mode opératoire ou le type de crime commis (biens dérobés, armes utilisées…). Une liste de suspects potentiels est établie provenant des archives des services de police. Patternizr est, d’après la NTPD, plus précise et plus efficace que les anciennes méthodes.

Notre Analyse : Cet outil d’aide à la décision permettra de faire coïncider de manière plus efficace des crimes et des délits commis dans des aires géographiques différentes ; un recoupement qui n’est pas automatiquement réalisé actuellement. Avec le développement des caméras à reconnaissance faciale et de l’utilisation de l’IA, le travail d’investigation de la police se simplifie et s’améliore. Malgré tout, il faut rester vigilant quant aux libertés et à la présomption d’innocence dans le but ne pas privilégier systématiquement l’efficacité au détriment des libertés individuelles. La prochaine étape sera peut-être de prédire les délits avant même qu’ils ne soient commis, comme dans le livre du romancier Philip K. Dick, Minority Report (adapté au cinéma par Steven Spielberg en 2002). Cela a déjà été expérimenté par certaines organisations dans le monde ; la police de Berlin en 2014 ou encore l’entreprise suédoise Securitas en 2016.

 

Apple Card : une révolution menaçante pour le secteur bancaire

Source : Presse Citron

Après sa première intervention couronnée de succès dans le secteur bancaire avec le service Apple Pay, Apple a dévoilé récemment sa propre carte bancaire. En partenariat avec la banque américaine Goldman Sachs, le système sera introduit aux États-Unis à partir de cet été. Le service d’Apple Card propose des conditions particulièrement attractives pour les clients-propriétaires des IPhones parmi lesquelles une absence de frais de gestion, de frais à l’international et de pénalités pour les incidents bancaires, un cashback allant jusqu’à 3% sur les montants dépensés, une carte virtuelle dans un Wallet et sa version physique en titane, sécurisée et ne disposant aucun numéro, aucun nom d’un titulaire ni d’un code CVV.

Notre analyse :  En observant clairement un changement d’habitudes d’Apple, on peut se questionner sur une présence d’un phénomène d’intrusion progressive des géants initialement numériques dans plusieurs secteurs clés d’économie mondiale. Avec une interface très opérationnelle et adaptée à une utilisation avec un smartphone, et surtout avec l’absence de tout frais bancaire, cette nouveauté va certainement séduire un grand public aux États-Unis, mais risque également d’envahir dans le futur proche le marché bancaire européen. Les banques traditionnelles sont ainsi menacées par Apple. Toutefois, on peut se questionner sur l’ampleur de cette menace. Au moins au début, ce ne seront que des propriétaires d’un IPhone qui pourront bénéficier d’Apple Card, ce qui limite considérablement l’étendue de ce service. Mais si on imagine son extension par la création d’une interface adaptable à d’autres marques de smartphone (comme, par exemple, le pack Office élaboré par Microsoft qui est désormais disponible pour une installation sur un MacBook), une Apple Card deviendra accessible à tout individu propriétaire de n’importe quel smartphone, autrement dit à toute la clientèle de l’ensemble des institutions opérant sur le marché bancaire.

Les banques commerciales européennes possèdent pour l’instant une marge de manœuvre – le temps que cette technologie arrive en Europe et noue des partenariats avec des institutions financières qui seront prêtes à collaborer avec ce géant numérique américain. De toute façon, les banques commerciales, telles qu’elles existent aujourd’hui, se retrouvent devant une nécessité de s’investir dans la transformation des technologies orientées vers le client, tout en rendant un service bancaire plus commode et moins cher. On peut anticiper ainsi une baisse consécutive des frais bancaires, ainsi qu’un changement des stratégies des banques qui seront ramenées à fidéliser leurs clients et les empêcher de partir vers « une banque numérique dans une poche ».

 

Des robots-chefs dans une restauration fast-food 

 Source : Les Echos

Premier assistant de cuisine autonome, un robot appelé Flippy, introduit récemment dans de plusieurs restaurants fast-food en Californie est capable de produire près de 400 hamburgers par heure. Ce robot est doté de la vison 3D et des détecteurs thermaux, et sait informer du personnel quand un plat est prêt pour être servi. La première version d’un robot qui était en mesure de griller 150 steaks hachés par heure a dû être perfectionnée à cause d’un manque de vitesse des salariés humains : ils n’arrivaient pas à assembler des plats assez rapidement après la cuisson par un robot.

Notre analyse : Si l’introduction des robots dans le secteur de la restauration permet d’améliorer les conditions de travail des chefs et de fournir une aide aux cuisiniers. Les robots représentent une menace pour les employés exerçant des tâches répétitives (ici de cuisson et de nettoyage). En améliorant la qualité d’un produit standardisé grâce à un réassemblage pur et dur des ingrédients présélectionnés, ces robots sont présentés comme une opportunité de rendre les emplois du secteur de la restauration moins pénibles. Selon leurs développeurs, il ne s’agit pas de remplacer un humain par un robot, mais de permettre aux salariés de bousculer vers des tâches moins laborieuses, comme la communication avec les clients, la logistique des livraisons etc. Toutefois, une telle position semble moins réaliste si on se rend compte du gain de productivité et des économies produites grâce à un remplacement d’un humain par un robot : un robot n’est pas payé, il travaille sans heures de repos, il ne part pas en congé, il ne fait pas partie d’un syndicat… Prenant en compte le fait que le secteur de la restauration est l’un des plus gros créateurs d’emplois, le rapport de force de travail ‘humain-robot’ dans ce secteur peut avoir des effets non négligeables sur l’évolution du marché de travail. A un moment donné, l’intrusion massive et inévitable du numérique dans tous les secteurs d’activité économique, on risque d’assister un jour au remplacement des cuisiniers par des professionnels de la maintenance des robots. Une question d’acceptation de cette tendance par le public reste toutefois sur la table : sera-t-on indifférent au fait que notre burger soit préparé par un robot en ne valorisant que la rapidité de sa préparation ?


Informations analysées par Anastassia Kyrylesku et Antoine Tantot, chargés d’études à l’Institut Sapiens 

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