Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Prédictions dans le domaine de l’IA pour l’année 2019

Source : Le Big Data

Le média Big Data nous propose ici de passer en revue l’ensemble des études réalisées pour l’année 2018 et 2019 dans les différents domaines impactés par l’IA. Concernant l’adoption de cette dernière dans le milieu professionnel, 43% des entreprises déclaraient ne pas avoir de stratégie claire sur cette dernière en 2018. De plus, 38% des entreprises pensent que l’IA va augmenter le nombre d’emploi alors que 19% qui estiment le contraire. 31% d’entre elles craignent ne pas trouver d’experts qualifiés dans ce domaine. Enfin concernant l’adoption de l’IA par la population, les articles diffusés dans les médias sont 2,5 fois plus positifs en 2018 qu’en 2016 selon l’AI Index 2018.

Notre analyse : L’image que l’on retire de l’IA, que ce soit pour les entreprises ou la population en général, tend à s’améliorer d’année en année. Dans le milieu professionnel, la demande de compétences dans le domaine de l’IA a augmenté de 190% entre 2015 et 2017 selon LinkedIn. De même, 88% des leaders seniors estiment que cette technologie va améliorer la productivité de leurs entreprises. Concernant une adoption plus globale, 63% des experts en IA (sur un panel de 1000 experts) pensent que cette technologie améliorera les capacités humaines. L’IA est donc de plus en plus acceptée. Toutefois certains experts ou chefs d’entreprises restent encore septique concernant l’IA. Par exemple, 37% des experts en IA pensent que cette dernière dégradera les capacités humaines.

Les jumeaux numériques bouleversent le domaine de la santé

Source : Numerama

Le concept de jumeaux numériques est la capacité de représenter numériquement un objet ou un individu. Grâce à la création d’un jumeau numérique d’une personne à part entière avec ses informations complètes, cette entité peut être soumis à de nombreux tests médicaux plus au moins risqués qui auraient été impossible à réaliser sur l’individu physique. Cette technologie est déjà utilisée dans de nombreux secteurs d’activités comme l’aérospatiale ou l’automobile. Avec la hausse de notre compréhension du corps humain, cette technologie pourrait contribuer à la réalisation de tests ultra-rapides pour discuter de la réussite potentielle d’un traitement.

Notre analyse : Ce concept est déjà pleinement utilisé dans l’industrie et notamment dans les tests pour la voiture autonome où l’entreprise Waymo a déjà parcouru plus de 11 milliards de kilomètres de routes virtuelles avec ses voitures autonomes numériques. Les jumeaux numériques dans le domaine médical permettraient de réaliser des tests et des diagnostics plus rapides et de meilleures qualités. Couplées aux nouvelles IA de détection de certaines maladies, ces technologies pourraient représenter une évolution majeure des soins dans ce domaine. Toutefois pour que cela se fasse, il faut que cette technologie soit acceptée par le patient où ce dernier aura à choisir entre un traitement testé numériquement des millions de fois, ou physiquement sur une dizaine de personnes.

L’IA est de plus en plus présente dans le recrutement

Source : Les Echos Start

L’IA est de plus en plus utilisée dans le domaine du recrutement. Selon une étude de LinkedIn, 76% des recruteurs interrogés pensent que l’IA aura un impact important sur le recrutement. Certaines firmes utilisent d’ailleurs déjà l’IA pour recruter. C’est le cas de groupe Lotte en Corée du Sud ou de Google où des milliers de CV sont analysés et sélectionnés par une IA. Cela leurs permet de gagner en productivité dans la gestion des ressources humaines. D’ailleurs selon le cabinet Robert Walters, 40% des recruteurs estiment que les algorithmes leurs permettent de gagner du temps. Toutefois, les candidats craignent une déshumanisation de ce dernier. En effet selon l’étude de Robert Walters, 62% des candidats estiment que l’usage de l’IA dans le recrutement présente un risque de déshumanisation.

Notre analyse : L’IA permet de générer des gains de productivité dans de nombreux secteurs d’activité, la gestion des ressources humaines en fait partie. De nombreuses entreprises comme l’Oréal, Ikea ou Pepsi ont externalisé la majorité de leurs processus de recrutement à une IA qui s’occupe même des entretiens audiovisuels. Toutefois, si le possible risque d’une standardisation du recrutement est réel, un paramétrage de l’IA selon les besoins de personnalisation de recrutement d’une entreprise pourrait régler ce problème. Cela étant dit, le contact et l’impression humaine entre un employeur et un candidat ne sauraient être, pour l’instant, remplacer par une IA.

 

Une IA a triché pour réaliser une tâche

Source : Presse Citron

Des chercheurs de Stanford et Google étaient en charge de transformer des images satellites en cartes pour le service Google Maps. Pour ce faire, ces derniers ont utilisés l’IA CycleGan qui devait transformer les images satellites en cartes routières. Les résultats se sont avérés dans un premier temps concluant. Toutefois les chercheurs ont découvert que l’IA avait en fait volontairement encodé toutes les informations de l’image satellite dans la carte routière. Cette IA a appris elle-même cette technique et peut désormais encoder n’importe quelle carte aérienne alors qu’elle était simplement conçue pour transformer une image sous un format A à la même image sous un format B.

Notre analyse : Le fait marquant ici est que cette IA a évolué de manière autonome pour réaliser une tâche d’une meilleure manière qu’elle l’aurait fait avec ses paramètres de base. Ceci pose la question de l’évolution de cette technologie. De nombreuses IA ont été laissées en libre évolution, comme l’IA « Tay » de Microsoft, devenue raciste après seulement 24 heures passées sur les réseaux sociaux. Si les évolutions autonomes de l’IA sont possibles, à nous de les encadrer pour qu’elles demeurent vertueuses et agissent pour l’humanité. Le fait rassurant ici est que même si cette IA ait utilisé des outils différents que ceux prévus initialement, elle a finalement accompli et respecté la tâche qui lui était imposée et n’a pas dérivé de cette dernière.

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

Laisser un commentaire