En Estonie, une IA va rendre des décisions de justice

Source : Le Figaro

L’Estonie a décidé d’écarter les juges humains de certaines décisions de justice, lorsque l’affaire n’implique que des délits mineurs concernant des faits dont les dommages sont inférieurs à 7.000 euros. La responsabilité de juger de la culpabilité ou non d’une personne incriminée reviendrait ainsi à une intelligence artificielle. Une première mondiale qui devrait s’appliquer pour la fin de l’année. En s’appuyant sur les textes légaux, l’IA analysera les informations déposées en ligne par les deux parties en conflit sur une plateforme dédiée. Cette innovation pourrait libérer du temps aux juges et aux greffiers afin qu’ils puissent se concentrer sur des affaires plus complexes.

Notre analyse : Le travail du juge est un travail titanesque qui consiste à emmagasiner un maximum d’informations issues de diverses sources (textes de loi, jurisprudence, rapports d’experts, etc) afin de porter un jugement éclairé. Or, l’avantage de l’intelligence artificielle repose justement sur sa capacité à analyser rapidement d’importantes bases de données. D’autant plus que la majorité des affaires traitées par les tribunaux concerne des cas simples. Loin de détériorer la qualité des jugements rendus, cela permettrait de déléguer à l’IA ce qu’elle est capable de gérer et aux humains de se spécialiser dans ce que l’IA est incapable de réaliser. Mais doit-on pour autant laisser l’IA prendre des décisions ? Son rôle n’est-il pas uniquement de conseiller les humains afin qu’ils fassent les choix les plus éclairés possibles ? Ces questions, seule l’expérience permettra d’y répondre. Heureusement, l’Estonie a pris les précautions nécessaires puisque la réforme estonienne prévoit la possibilité pour des humains de faire appel à la décision prise par la machine.

 

En Suède, le premier robot recruteur doté d’une IA

Source : We Demain

Tengai Unbiased est le premier robot recruteur. Il a été conçu pour évaluer les candidats uniquement sur des critères objectifs relatifs aux aptitudes et aux compétences. Toutes les questions sont posées à chaque candidat de la même manière et dans le même ordre. Les réponses sont ensuite converties en texte en temps réel. La sélection des candidats se fait ensuite par les recruteurs sur la base de ces textes. Le robot a déjà conduit 130 entretiens tests dans les locaux du cabinet de recrutement TNG. 76% des candidats qui ont participé aux tests recommandent son usage. Le robot devrait commencer à mener de vrais entretiens à partir du mois de mai. Selon ses concepteurs, ce robot serait un moyen de lutter contre les discriminations à l’embauche en se débarrassant des biais humains. Pour l’instant, Tengai Unbiased intervient uniquement au début du processus d’embauche mais pourrait un jour sélectionner elle même les candidats.

Notre analyse : Jusqu’ici, les tentatives pour objectiver le processus de recrutement à l’aide de l’intelligence artificielle ont plutôt échoué. En effet, l’IA peut analyser les CV des candidats qui ont déjà faits leur preuve dans l’entreprise et en déduire les caractéristiques qui conditionnent la réussite, mais si le recrutement de l’entreprise était déjà biaisé auparavant, l’IA ne fera que reproduire les mêmes biais. Plus précisément, cela signifie que si une entreprise est composée en grande partie d’hommes blancs avec un nom français, l’IA considérera ces critères comme des critères de réussite sans savoir que l’échantillon est en réalité biaisé. Par exemple, le robot recruteur d’Amazon éliminait tous les profils qui comportaient le mot « femme ». Cette utilisation de l’IA n’est donc pas la plus pertinente. Au contraire, la méthode imaginée par le cabinet TNG permet aux humains de juger un candidat sur le fond et non sur les apparences (nom, sexe, physique, etc) et représente un nouvel espoir pour la lutte contre les discriminations à l’embauche.

 

Une arrivée de l’IA dans les PME franciliennes

Source : Les Echos

Un projet « Challenge IA » lancé à Bercy, promeut un plan d’audits et de conseils sur la pénétration de l’intelligence artificielle pour les entreprises, et est un autre avancement dans une stratégie de numérisation des territoires. Cette nouvelle politique d’incitation pour les petites entreprises à se jeter dans le grand bain de l’intelligence artificielle, de la blockchain et du numérique en général, pour éviter de stagner, démontre clairement une mobilisation des pouvoirs publics autour de la problématique de l’introduction de nouvelles technologies dans les stratégies entrepreneuriales.

Notre analyse :  Prenant en compte un taux assez faible de 15% des entreprises françaises intègrant des technologies se basant sur l’IA, l’action des pouvoirs publics démontre son empressement de rendre des entreprises plus compétitives afin d’éviter le risque de se faire dépasser par ses concurrents étrangers. Du côté de la politique de l’innovation, cette stratégie offrant aux entreprises les solutions apportées par le numérique marque clairement le début de numérisation des territoires. Dans un secteur privé, on observe également la volonté des entreprises de grandir, de s’investir et de bénéficier de ce passage à l’IA. Des technologies basées sur le numérique permettront aux entreprises, tout d’abord, d’améliorer le contrôle de la qualité, de pousser la logistique, d’anticiper des commandes, mais aussi de valoriser les données dont elles disposent grâce aux certifications des algorithmes et la consolidation plus efficace des bases de données. Avec une abondance d’applications possibles, les firmes n’ont que l’embarras du choix pour accueillir cette technologie. Toutefois, l’entrave pour certaines firmes est celle des dirigeants partisans des techniques plus « traditionnelles ». Il est alors indispensable d’expliciter des gains potentiels de l’introduction de l’IA et de la « démystifier ».

 

Un robot-chef de rayon

 Source : 20 minutes

A Bordeaux, un robot équipé des capteurs et des caméras se balade entre les rayons alimentaires d’un magasin Casino. En détectant des produits manquants il s’occupe des ruptures de stocks et envoie des compte-rendus aux collaborateurs, en fournissant une liste des produits manquants ou qui arrivent bientôt à sa date de péremption. Avec un petit tableau d’affichage « Pour votre service, je parcours le magasin et aide mes collègues à s’occuper des rayons », ce robot travaille pendant des heures d’ouverture du magasin en contournant les clients.

Notre analyse : Bien que du point de vu logistique cette innovation est synonyme d’efficacité, elle fait à réfléchir toutefois sur les tendances de remplacement par les robots de certaines tâches autrefois purement ‘salariales’. Tout d’abord, un robot-manager des rayons permet de réduire le gaspillage alimentaire grâce à une détection plus rapide des produits bientôt périssables, ce qui suggère, par exemple, de mettre en place une promotion de tels produits. La détection facilitée des produits manquant contribue, à son tour, à une meilleure image du magasin, en le désignant comme plus attentif envers ses clients. En outre, un petit robot roulant entre les visiteurs est une arme-marketing implicite : comme un phénomène non vu avant et ailleurs, il peut attirer des clients par un simple fait de sa présence. Toutefois, la question d’acquisition par ce robot des fonctions d’un responsable de rayon reste sur la table. Certes, encore en phase d’expérimentation cette innovation bénéficie aux salariés en leur permettant de gagner du temps et d’éviter de parcourir le magasin plusieurs fois ce qui est particulièrement utile dans les supermarchés avec de grandes surfaces. Toutefois, si pour l’instant un robot de ce type n’est pas destiné à remplacer un salarié, il peut provoquer une baisse des effectifs du métier occupé par des actifs substituables par une machine.


Informations analysées par Guillaume Moukala Same et Anastasiia Kyrylesku, chargés d’études à l’Institut Sapiens.

Une pensée sur “IA-juge, IA-recruteur et robot-chef de rayon : les infos à ne pas manquer de la semaine du 1 avril”

  1. En Estonie, une IA va rendre des décisions de justice ! :sauf que les juges peuvent reprendre la main au cas par cas.

    En Suède, le premier robot recruteur doté d’une IA : idem pour le DRH

    Une arrivée de l’IA dans les PME franciliennes : sous contrôle des chefs d’entreprises ou spécialistes concernés.

    Un robot-chef de rayon : auquel les collaborateurs peuvent refuser les suggestions, augmenter ou diminuer les quantités à approvisionner.

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