Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Première publicité créée par une IA

Source : SciencePost

L’IA Watson d’IBM a créé une publicité de 60 secondes pour la firme automobile japonaise Lexus. Plus précisément, cette dernière a écrit le scénario de la séquence, qui a ensuite été mis en scène par un réalisateur. L’IA Watson a été nourrie par quinze année d’archives publicitaires. Pour son scénario et le clip qui s’en est suivi, la publicité a été récompensée au Festival international de la créativité Cannes Lions qui est généralement vu comme le festival international du film publicitaire. L’IA Watson est donc pluridisciplinaire après son apparition dans le secteur bancaire et spatial.

Notre analyse : L’IA montre que ses applications sont nombreuses et variées et que, bien entraînée et abreuvée des données pertinentes, peut effectuer plusieurs tâches totalement différentes. Concernant cette publicité, l’IA avait comme objectif de créer de l’émotion, elle en a déduit que la meilleure façon d’y arriver était de doter l’automobile d’une conscience pour la rendre plus humaine, à l’instar de film comme Cars ou Toy Story. Cette IA sait donc jouer sur nos sentiments et pourrait à terme créer des films ou des livres faits sur-mesure selon les différentes attentes des clients.

 

Une enceinte connectée peut-elle être témoin d’un meurtre ?

Source : Le Monde

Vendredi 9 novembre, un juge a demandé à Amazon de lui fournir les données audios d’une enceinte connectée présente sur le lieu d’un meurtre. L’entreprise a indiqué à la presse américaine qu’elle « ne divulguerait pas d’informations d’utilisateurs » sans une requête officielle de la justice fédérale. Toutefois, la probabilité que l’enceinte s’est allumée reste extrêmement faible. En 2016, pour une affaire similaire, Amazon s’était opposé à la mise à disposition de ses données à la justice américaine. Pour rappel, environ 50 millions de foyers aux Etats-Unis sont équipés d’enceinte connectée d’Amazon.

Notre analyse : La multiplication d’enceintes connectées dans les foyers  pourrait servir à régler des problèmes judiciaires en espionnant l’ensemble de la population, que ce soit chez soi ou à l’extérieur. Toutefois si cela se produisait, la dérive autoritaire serait extrêmement inquiétante. Si Amazon commence à divulguer ses informations, l’attrait d’en demander d’autres pour des délits mineurs en tout genre serait important. Dans cette optique, une législation mondiale claire, rigoureuse et inflexible devrait voir le jour pour utiliser ses informations uniquement dans des cas extrêmes et sous certaines conditions très strictes.

 

L’IA est de plus en plus présente dans les médias

Source : Les Echos

L’IA est de plus en plus présente dans les médias. Et notamment concernant la presse écrite où Le Monde et L’Express, par exemple, ont contribué avec l’entreprise Syllbas pour générer automatiquement des textes lors des élections 2017, cela a permis de couvrir 36 000 communes contre une centaine auparavant. Dans le domaine de la radio, France Bleu a également utilisé l’IA pour écrire des textes pour les élections régionales de 2015. Certains groupes de chaînes télévisées et notamment France Télévision utilise aussi l’IA pour faire des comptes rendus de match de football. Toutefois, cette dernière peut aussi être à l’origine de « Deepfake », contre cela un renforcement de la rigueur éditoriale est primordial.

Notre analyse : L’IA est très présente dans nos média, que ce soit pour générer des textes automatiquement, ou pour nous délivrer directement des informations au travers d’un journal télévisé comme cela a été fait récemment en Chine. Ces nouvelles applications ont permis d’écrire des textes, et de relayer plus d’informations, dégageant dans le même temps de la disponibilité supplémentaire pour les journalistes et les rédacteurs, consacrée à l’analyse. Toutefois, les applications négatives de l’IA comme les « Deepfakes » doivent être contrer par une rigueur journalistique plus présente, mais plus globalement par un esprit critique plus développé de l’ensemble de la population, pour pouvoir intégrer, vérifier et analyser les multitudes d’informations que nous transmettent l’IA.

 

Google va commercialiser ses premiers robot-taxis

Source : Zonebourse

Alors que Waymo, une filiale de Google, avait déjà en service 400 véhicules autonomes aux Etats-Unis et les proposaient gratuitement aux utilisateurs, ces derniers vont maintenant être payants. Google est d’ailleurs en train de tester plusieurs modèles de prix afin de commercialiser ses robot-taxis. En plus de transporter des individus, le service pourrait très rapidement prendre en charge des livraisons et concurrencer Amazon Prime. Google avait obtenu le premier l’autorisation des régulateurs californiens pour tester sa voiture autonome où un simple « chaperon » est présent à bord pour répondre aux questions des passagers. La société vient d’ailleurs d’acheter 82 000 robot-taxis pour ne pas se laisser distancer par Tesla qui en compte déjà 200 000.

Notre analyse : Les GAFA se diversifient de plus en plus et suivent logiquement les nouvelles possibilités qu’offrent l’IA. Les robot-taxis de Google sont déjà utilisés par certains géants de la grande distribution comme Walmart ou Avis pour transporter leurs clients à leurs magasins. Des applications dans le domaine de la livraison sont également étudiées et pourraient donner lieu à une réduction des coûts dans le domaine de la logistique et de l’approvisionnement avec des véhicules pouvant livrer des produits à tout heure, ce qui réduirait également les coûts liés à la gestion des stocks. Si la révolution au niveau du transport d’individus est bien visible, la révolution concernant le domaine de la grande distribution commence à s’entrevoir et pourrait bouleverser les modèles de distribution traditionnels. Il faut cependant souligner qu’à leurs tours, les géants de la grande distribution pourraient in fine devenir dépendants des GAFA du fait de ces livraisons.

 

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

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