Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Les géants de l’intelligence artificielle réunis à Shangaï

Source : RFI

Les poids lourds de l’IA se sont réunis cette semaine à Shangaï. Cette conférence mondiale a réuni 40 pays et 200 entreprises, dont Microsoft, Amazon ou encore Alibaba, et les universités les plus renommées en matière d’IA, tel que le MIT (Etats-Unis), la NTU (Singapour), la CUHK (Hong Kong) et l’Université Tsinghua (Chine). La réunion de ses établissements universitaires a débouché sur la création d’une alliance mondiale pour la recherche et le développement de l’IA qui sera basée à Shangaï. De plus, les géants de cette technologie, tel qu’Amazon ou Huawei ont également annoncé l’ouverture de centres et d’instituts de recherches, toujours à Shangaï. Avec ces alliances, l’autre objectif de cette réunion était de rassurer la communauté internationale en cette période de guerre commerciale avec les Etats-Unis. Le chef d’Etat Chinois s’est donc montré conciliant et a évoqué la possibilité de partager les avancées en matière de numérique de la Chine avec ses partenaires.

Notre analyse : Suite à l’annonce d’un investissement de 14 milliards de dollars pour le développement de l’IA il y a quelques mois, la Chine tend à devenir la place forte de cette technologie. Les opportunités de développement sur le territoire Chinois sont claires, comme en démontre les alliances de recherches universitaires et les installations des centres de recherches sur l’IA de Microsoft ou Amazon. La Chine ambitionne donc de devenir la plus grande plateforme mondiale d’échanges concernant l’IA, et donc la plaque tournante de cette technologie. L’Union Européenne, à la traîne sur le sujet, pourrait profiter de ces possibles alliances et échanges technologiques pour tenter de combler son retard sur son homologue Chinois, tout en se donnant les moyens de développer elle-même sa technologie.

 

L’IA va générer 13 billions de dollars d’ici 2030

Source : Le Big Data

Selon une étude de la société de consulting McKinsey, l’IA aura tant son lot d’effets positifs que négatifs sur la croissance et le travail d’ici 2030. Tout d’abord, l’IA pourrait générer 13 billions de dollars de croissance économique d’ici 2030, soit 1,2 point de PIB mondial par année. Cet impact sur la croissance sera particulièrement imputable à l’automatisation de la production grâce à l’IA, qui devrait engendrer 9 billions de dollars d’activité économique. Enfin, cette technologie pourrait également rapporter 6 billions de dollars grâce aux nouveaux produits en lien avec cette dernière, comme les drones ou la voiture autonome.
Toutefois, son développement devrait avoir certains effets négatifs tels que l’augmentation des écarts d’inégalités entre les pays développés et ceux en voie de développement, ou l’obligation pour certaines populations de changer de régions, ces derniers représenteraient 14%.

Notre analyse : Face à la faible croissance économique en Europe, l’apport d’un surplus à cette dernière de 1,2 point par an pourrait s’avérer essentielle. Toutefois, pour profiter pleinement de ce nouveau secteur à forte valeur ajoutée, il faut que cette dernière se donne les moyens d’être compétitive sur le sujet, à l’instar de la Chine. Ensuite, l’automatisation de notre système productif induit par l’IA modifiera la structure de notre marché du travail, diminuant d’un côté la demande de travail concernant les métiers répétitifs comme celui de caissiers et d’ouvriers de la manutention, et augmentant de l’autre la demande de travail dans les métiers du digital, de la maintenance robotique, et de la recherche numérique par exemple. Pour finir, la hausse des écarts d’inégalités entre les pays développés et ceux en voie de développement devrait malgré tout être minime au vue du nombre de projet open source concernant l’IA et de la possibilité d’échanges technologiques avec la Chine notamment.

 

Le continent Africain a célébré sa première conférence sur l’IA

Source : Africanews

L’Afrique du Sud a accueilli cette semaine l’Artificial Intelligence Expo au Cap. Cette dernière a rassemblé plus de 800 participants qui devaient faire découvrir des technologies de collecte de données ou encore de reconnaissance faciale. Le but était de présenter globalement l’IA pour la rendre compréhensible à tous. L’information à souligner est que cette conférence était la première à propos de l’IA qui se déroulait sur le continent Africain.

Notre analyse : Ce premier évènement témoigne autant de l’intérêt mondial que suscite l’IA, que de l’incroyable retard du continent Africain concernant les nouvelles technologies, et plus particulièrement en matière de numérique et d’IA. Ayant comme objectif de se développer économiquement et socialement pour sortir de l’extrême pauvreté, l’Afrique ne peut plus se reposer uniquement sur ses ressources naturelles et doit se lancer dans la course à l’IA, malgré ses faibles ressources humaines et financières en comparaison des Etats-Unis par exemple. Toutefois, le continent possède un avantage certain : Un partenariat fortement développé avec la Chine, qui a notamment évoqué durant la conférence à Shangaï la possibilité de partager ses technologies concernant l’IA avec ses partenaires.

Emmanuel Macron présente sa stratégie de transformation du système de santé

Source : BFM

Plusieurs annonces majeures sont à retenir. Tout d’abord, la fin du numerus clausus permettra une plus importante formation de médecins. À cette hausse du recrutement s’ajoute la création de 4000 postes d’assistants médicaux, chargés de soulager les médecins dans leurs travaux, et notamment au niveau administratif.  Ensuite, une réorganisation de l’hôpital public sera effectuée dans une optique de qualité, plutôt que de quantité des soins. Enfin, le virage numérique a également été évoqué avec le remboursement de la télémédecine par la sécurité sociale. Selon BFM, dans cette optique, 1,6 milliards d’euros sont alloués dans le cadre du Grand plan d’investissement pour accompagner cette révolution digitale.

Notre analyse : La fin du numerus clausus est une bonne nouvelle sous l’hypothèse d’une juste répartition des futurs médecins selon les besoins des territoires. L’INSEE considère qu’être sous le seuil de 250 médecins pour 100 000 habitants représente une situation critique. L’Aube par exemple, a indéniablement un plus grand besoin de professionnels de santé que le Bas-Rhin avec seulement 242 médecins pour le premier, contre 402 pour le second. Le risque est donc une surconcentration de médecins dans des zones avec des densités déjà élevées. Toutefois, le numérique, au travers de la télémédecine entre autres, pourrait résoudre ce problème avec notamment des consultations à distance dans les déserts médicaux. Il ne faudrait cependant pas oublier que des infrastructures et du personnel de santé restent indispensables pour fournir la plupart des services médicaux (opérations, prises de sang, diagnostics complets … etc). Enfin, les mesures de réorganisation des hôpitaux publics peuvent être jugées comme trop faibles aux vues des enjeux et des possibilités technologiques actuelles. Selon notre expert Guy Vallancien, il est important que nos CHU muent en « Groupe médico-universitaire » qui induirait une décentralisation accrue pour être présent sur tout le territoire, la fin des séjours hospitaliers inutiles, et une formation initiale des futurs médecins répartie entre plus de soins, plus de recherche ou plus d’enseignement. De plus, il est primordial d’intégrer les avancées numériques et digitales, et notamment en matière d’IA, dans notre système de santé, cela permettrait de converger vers ces « Groupes médico-universitaires ».

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

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