Une ferme robotisée complètement autonome ouvre aux Etats-Unis

Source : EuropeanScientist

L’entreprise Iron Ox vient de lancer sa première ferme autonome, fonctionnant entièrement à l’aide de robots et d’une intelligence artificielle. Cette ferme high tech utilise la culture hydroponique, un mode de culture où les plantes sont cultivées hors sol, sur un substrat neutre et inerte, permettant de réduire drastiquement la quantité d’eau nécessaire. Deux  robots s’occupent des taches quotidiennes : Angus, un robot sur roues de 450 kg bouge les plants dans l’entrepôt et un bras robotique prends les plantes individuelles et les bouge d’un module à un autre. Le travail humain reste néanmoins nécessaire pour la plantation et le packaging. Le logiciel d’intelligence artificielle « the Brain » utilise les données des robots et de différents capteurs pour envoyer des instructions aux robots. Cela permet notamment d’ajuster l’équilibre des gaz (notamment le CO2) et nutriments dans chaque pot pour des conditions de culture optimales. Iron Ox devrait commencer à vendre ses produits à des restaurants et supermarchés locaux à la fin de l’année. Toutefois, ce modèle reste très coûteux par rapport à l’agriculture traditionnelle.

Notre analyse : Même si le coût financier de ce mode de production reste pour le moment élevé, cette prouesse technique illustre l’ampleur de la révolution technologique et son impact sur le marché du travail. Comme nous pouvons déjà l’observer, la plupart des emplois ne sont pas menacés par les délocalisations, au contraire, la robotisation permet de re-localiser une partie de la production. Toutefois elle engendre des suppressions d’emplois. Si cela peut paraître terrifiant, le travail humain est une ressource rare et le restera. Remplacer une partie du travail humain par des robots et des IA permet de libérer de la main d’oeuvre humaine pour effectuer d’autres tâches et donc de produire plus avec pourtant le même stock de main d’oeuvre. Déléguer des tâches aux robots est donc une fabuleuse opportunité qui libère à chacun du temps pour se livrer à d’autres occupations, plus intéressantes et plus rémunératrices. A condition de préparer la population à de telles transformations.

 

Une carte de paiement avec lecteur d’empreintes digitales va être expérimentée en Grande-Bretagne

Source : The Verge

La banque britannique NatWest va tester une carte de paiement dotée d’un lecteur d’empreintes digitales à partir de la mi-avril. 200 consommateurs font partie du programme. Grâce à cette technologie, les propriétaires n’ont plus besoin de taper un code PIN. De même, le plafond de 30 pounds pour les cartes sans contact n’est plus appliqué lorsque l’empreinte digitale est utilisée. Cette technologie permet une sécurité accrue, même si elle présente des failles – il existe toujours le risque que l’ empreinte soit volée et imitée. Pour l’instant, les utilisateurs doivent passer par la banque pour enregistrer leur empreinte. Néanmoins, dans une version ultérieure, ils pourraient simplement l’enregistrer grâce à leur téléphone. Si on peut se demander quel serait l’intérêt d’avoir une carte biométrique alors qu’un téléphone portable moderne est actuellement capable de remplir ce rôle, les cartes bancaires ont l’avantage d’être fournies gratuitement par la banque.

Notre analyse : Cette expérimentation n’est pas exceptionnelle. Par exemple, la carte biométrique à reconnaissance d’empreinte digitale est utilisée au Japon depuis le printemps 2018. De même, en France une expérimentation est en train d’être menée et devrait aboutir à une généralisation en septembre 2019. L’authentification de l’empreinte digitale est la méthode d’authentification biométrique la plus utilisée dans le monde. Elle se répand de plus en plus notamment parce qu’elle est présentée comme un moyen plus fiable de sécuriser l’accès aux appareils électroniques. Pourtant, contrairement à un mot de passe, chacun laisse ses empreintes digitales partout derrière lui. Une empreinte digitale se révèle donc très facile à trouver, puis à voler. La société Starbug est même parvenue à reproduire l’empreinte du ministre allemand de la défense à partir d’une simple image. De plus, s’il est possible de changer un mot de passe, l’empreinte est donnée pour toute la vie. Pour ces raisons, certains capteurs commencent à intégrer aussi un système mesurant la pulsation cardiaque, la pression sanguine ou une photo infrarouge afin de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une empreinte artificielle ou même d’un doigt coupé. L’empreinte digitale seule est donc loin de constituer une solution miracle contre les pirates déterminés.

 

Implicity lève 4 millions d’€ pour mieux exploiter les données cardiaques

Source : La Tribune

Implicity est une start-up parisienne créée en 2016 et spécialisée dans le traitement des données provenant des pacemakers et des défibrillateurs. Sa création répond aux difficultés pour le personnel hospitalier à traiter les données créées. En effet, depuis quelques années les 5 fabricants de pacemakers et de défibrillateurs ont équipé leurs dispositifs de plateformes de télésurveillance qui collectent en temps réel les données émises. Malgré une génération importante de base de données, il est aujourd’hui difficile de les traiter et de les analyser. Complexité des plateformes existantes, émissions de fausses alertes sont autant de difficultés pour les médecins pour traduire ces bases en expertise médicale. Dans le but de s’internationaliser et de s’implanter notamment aux USA et en Europe au cours de cette année, Implicty vient de lever 4 millions d’euros.

Notre analyse : Grâce au développement d’une interface unique pour les 5 équipementiers ainsi que l’utilisation de l’intelligence artificielle pour gérer et analyser les différents types de données (fréquence cardiaque, respiration insuffisante, insuffisance cardiaque, apnées du sommeil, activité physique du patient…), Implicity se place au cœur d’un secteur très prometteur. Il s’agit en effet d’un secteur générateur d’une quantité astronomique de données inutiles (car peu ou pas traitées). Un traitement efficace de ces informations sur les personnes équipées d’un pacemaker ou d’un défibrillateur, permettrait de prévenir de nombreuses crises : prévenir les signes avant-coureurs pourrait réduire la mortalité des patients.

De plus, la conquête par cette start-up française de nouveaux marchés (USA et Europe) lui permettra de toucher davantage de patients et donc d’obtenir des données supplémentaires. Cette expansion permettra d’améliorer leurs prévisions afin de potentiellement devenir pionnière et leader dans le secteur du traitement des données cardiaques.

 

Développement de la 5G avec Huawei : Washington menace Berlin

Source : Notre temps

Dans le but de rattraper son retard dans la course à la 5G, l’Allemagne se tourne vers le géant chinois leader dans le secteur, pour la mise en place de ses infrastructures. La 5G est actuellement un des enjeux les plus importants. En effet, cette technologie permettra un internet ultra rapide indispensable pour le développement de nombreuses innovations (smart-cities, véhicules autonomes…). Ce rapprochement entre l’Allemagne et Huawei a créé un nouvel incident politique sur fond de guerre commerciale sino-américaine et de soupçons d’espionnage industriel chinois via l’entreprise privée Huawei. Washington promet des répercussions en matière de renseignements entre les deux grandes nations.

Notre analyse : La course à la 5G attise les tensions. Deux choix s’offrent aujourd’hui à chaque nation concernant cette nouvelle technologie très convoitée. S’allier avec le géant chinois, pionnier en la matière, afin d’assurer une installation rapide dans le but de gagner de précieuses années, ou bien développer ses propres infrastructures. Les soupçons qui pèsent sur la firme chinoise et le risque qu’un secteur aussi stratégique soit entièrement détenu par un groupe étranger poussent de nombreuses économies à privilégier un développement national. Les inquiétudes à ce sujet proviennent de la parution d’un texte de loi introduit en 2017 en Chine : « Toutes les organisations et tous les citoyens doivent soutenir, assister et coopérer avec les efforts de renseignement national en accord avec la loi, et doivent protéger les secrets du renseignement national dont ils ont connaissance ».

L’Allemagne préfèrera-t-elle sa coopération avec les USA ou une installation plus rapide de son réseau 5G ? Dossier à suivre, alors que la Suisse vient tout juste de lancer la construction du réseau de téléphonie mobile 5G avec la technologie du groupe chinois.


Informations analysées par Guillaume Moukala Same et Antoine Tantot, chargés d’études à l’Institut Sapiens. 

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