Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Le Parlement européen adopte le droit voisin pour la presse

Source : Les Echos

Les eurodéputés ont adopté mercredi la réforme européenne du droit d’auteur, avec l’introduction, entre autres, d’un droit voisin pour la presse. L’article 11 prévoit notamment que les géants du Web devront une redevance aux éditeurs de presse. Par exemple, les articles d’information mis en avant génèrent beaucoup de trafic sur tous les services. Notamment sur un moteur de recherche comme Google. Un trafic qu’il monétise en publicité. Cette manne devra désormais être partagée équitablement entre la presse et les Gafa.

Notre analyse : À court terme, cela semble être une bonne solution pour augmenter les revenus de la presse et donner aux éditeurs les moyens d’offrir des contenus numériques et digitales de qualité à leurs lecteurs. Toutefois à long terme, les Gafa pourraient tout bonnement ne plus publier ces derniers et se concentrer sur la mise en valeur d’une presse non-européenne. Les éditeurs européens ne seraient donc plus affichés sur les moteurs de recherche et sur les réseaux sociaux, fragilisant un peu plus leurs auditoires.

 

L’armée américaine investit 2 milliards de dollars dans l’intelligence artificielle

Source : Le Monde

L’agence de recherche de l’armée des Etats-Unis, la Darpa, a annoncé un plan d’investissement de 2 milliards de dollars sur cinq ans. Ce dernier visera à développer l’intelligence artificielle à des fins militaires, et plus particulièrement, à analyser « l’explicabilité » d’un choix de la part d’un réseau de neurones artificielles. L’objectif premier de cet investissement est donc de comprendre les processus de décision d’une IA. Cette compréhension permettrait de rendre ces technologies acceptables, tant au niveau juridique qu’éthique.

Notre analyse : L’investissement global du gouvernement américain dans les technologies en lien avec l’IA, représentait 1,1 milliard de dollars en 2015. La Darpa a donc quasiment investi le double pour analyser l’explicabilité du choix d’une IA, c’est-à-dire, la manière dont raisonne un réseau de neurones artificielles pour arriver à une décision finale. L’incompréhension humaine de ce processus de décision est une barrière à son introduction dans le domaine militaire. Une fois ce processus dévoilé, il deviendra sous contrôle et donc acceptable.

 

Le Parlement Européen adopte une résolution pour interdire les robots tueurs

Source : Numerama

Deux jours après l’annonce de la Darpa, le Parlement Européen a approuvé une résolution concernant l’interdiction internationale des systèmes d’armes létales autonomes. Même si cette dernière n’a pas de valeur juridique, elle envoie néanmoins un message aux dirigeants européens et internationales. En effet, les eurodéputés appellent les chefs des Etats membres à prendre des mesures juridiques concrètes en Europe, et à ouvrir les négociations avec la communauté internationale.

Notre analyse : Interdire les armes létales autonomes serait se priver d’un secteur à fort potentiel de croissance économique. De plus, la Chine et les Etats-Unis en premier lieu, avancent rapidement dans le développement de ces armes, et ne donnent pas l’impression de vouloir ralentir la cadence, comme en démontre l’investissement de 2 milliards de dollars déployé par la Darpa. Si l’élaboration d’un cadre juridique est essentielle, proscrire ce secteur d’activité en Europe reviendrait à nous placer sous menace directe des Etats-Unis et de la Chine en matière de technologie militaire dans un futur proche.

 

Le CSA veut assouplir les règles concernant l’audiovisuel

Source : Les Echos

Face à une concurrence toujours plus forte des plateformes numériques de contenus audiovisuels comme les Gafa ou Netflix, le gendarme de la télévision française a publié une gamme de mesures visant à assouplir les règles et les contraintes pesant sur les acteurs traditionnels dans ce domaine. L’objectif est donc d’octroyer une plus grande marge de manœuvre aux chaînes télévisées, notamment en matière cinématographique et publicitaire, dans l’optique d’avoir des contenus audiovisuels innovants et personnalisés selon le diffuseur.

Notre analyse : Passant de 1,4 millions d’abonnés en 2016, à plus de 3,5 millions aujourd’hui, Netflix, gagne rapidement des parts de marchés grâce à ses contenus adaptés et personnalisés. Les mesures publiées par le CSA octroieraient une plus grande liberté aux chaînes de la télévision française, grâce par exemple à la suppression des jours interdits de cinéma à la télévision. Avec cet assouplissement, elles pourraient alors proposer des programmes plus personnalisés. Néanmoins, le développement de leurs plateformes numériques semble être, à terme, la seule solution pour répondre aux nouveaux besoins de personnalisation de leurs consommateurs.

 

Le ministre de l’éducation veut revaloriser la fonction de professeurs

Source : L’Obs

Après la réforme du Baccalauréat, l’interdiction du portable au collège et le dédoublement des classes dans les quartiers défavorisés, le ministre de l’éducation s’attaque désormais à la revalorisation de la fonction de professeur. Dans cette optique, en plus de l’annonce d’une prime de 3000 euros pour les professeurs des quartiers difficiles (REP), l’attribution de primes par équipes selon la réalisation de certains objectifs est évoquée. Enfin, un accompagnement accru, notamment par des professionnels est également proposé.

Notre analyse : « Un pays qui va bien est un pays qui aime ses professeurs » déclarait Jean-Michel Blanquer fin août. L’attribution de prime corrélée à des objectifs de réussite peut être vu comme un bon début, mais certainement pas comme une réelle revalorisation du métier de professeur, au vu du très faible salaire de base proposé. De plus, les demandes de ces derniers sont claires. Ils souhaiteraient notamment davantage d’accompagnement et de soutien dans la réalisation de leurs missions.

 

Chargé de mission à l’Institut Sapiens depuis mai 2018. Actuellement en Master 2 Macroéconomie et politiques européennes à la faculté des sciences économiques et de gestion de Strasbourg, il s’intéresse notamment aux problématiques liées aux sources de la croissance et du développement économique.

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