Avec plus d’1 milliard de tonne de gaz à effet de serre produit chaque année, l’industrie textile est l’une des industries les plus polluantes avec l’industrie pétrolière. Qu’elles soient naturelles (coton, soie, laine, lin) ou synthétiques (polyamide, acrylique), la fabrication et la consommation de fibres textiles menacent l’équilibre écologique de notre planète et s’accélèrent par une augmentation toujours croissante de la population mondiale et de sa surconsommation.

Là où l’intelligence artificielle prend place aux fashion shows, dans les allées des boutiques, dans les sites de commerce en ligne et dans les ateliers des créateurs, elle se fait discrète comme catalyseur potentiel du mouvement de Mode Éthique (Green Fashion en Anglais). Les discussions sur la mode durable et respectable de notre écosystème naturel s’agitent dans la sphère Fashion, et pour cause les enjeux sont majeurs : produire une nouvelle mode pour des nouvelles habitudes écologiques tout en conservant un niveau de créativité exemplaire et à la hauteur d’une demande féroce de changement permanent.

De nombreux créateurs tel que celui de la marque Veja développent déjà leur marque de mode durable et responsable d’un point de vue social mais aussi environnemental. Ces marques assurent des conditions de travail décentes aux employés, prohibent le travail des enfants, mais aussi utilisent des textiles recyclés ou biologiques qui écartent l’utilisation de pesticides, ou écologiques en interdisant par exemple la déforestation. Ces avancées sont significatives dans l’industrie Fashion mais on pourrait aller plus loin et voir plus large en utilisant l’intelligence artificielle comme levier d’accélération du mouvement. En effet, l’intelligence artificielle prend une place plus importante dans nos vies à tous par les capacités actuelles de collecter et d’analyser de grandes quantités de données et ce rapidement, mais son utilisation est encore sous-estimée.

Une marque peut imaginer estimer les quantités à produire en fonction des consommations passées de ses clients et en analysant en temps réel son empreinte écologique comme la consommation d’eau dû à la fabrication et à la transformation de ses produits. Sensibiliser ses clients par une communication en temps (quasi) réel de cette empreinte sous forme d’indice peut permettre de communiquer sur une signature tendance et responsable et pourquoi pas d’attirer une clientèle additionnelle. Bloomberg a par exemple développé des indices, Bloomberg Barclays MSCI ESG Indices, pour les revenus fixes d’une entreprise sur le marché publique en prenant en considération les impacts sociétaux, environnementaux et de gouvernance. Les investisseurs et les actionnaires sont eux aussi sensibles à ces questions.

Des sociétés proposent déjà des solutions algorithmiques et numériques pour optimiser les stocks d’une marque dans un entrepôt, dans une boutique physique ou encore optimiser les quantités à déployer dans un pays. Néanmoins, le critère déterminant reste aujourd’hui l’augmentation des bénéfices d’une marque et l’optimisation de sa productivité. Il faut étendre ces technologies à des fins écologiques et donc de communication du branding éco-responsable de la marque auprès des clients. L’intelligence artificielle peut également aider à mesurer les effets des ces politiques et d’en optimiser l’implémentation et l’utilisation vis à vis de segments de clients et de cultures.

Sans augmentation du coût global, la qualité primera sur la quantité, et l’intelligence artificielle en sera le meilleur allié. La créatrice britannique Vivienne Westwood l’affirme “Buy less, choose well, make it last”, un leitmotiv à consommer sans modération !


Publié initialement le webzine 1NSTANT.FR 

Docteur en sciences de formation et entrepreneuse, elle navigue depuis plus de 10 ans dans les sciences numériques entre les États-Unis et la France. Aurélie a utilisé ses compétences en mathématiques et programmation informatique dans de nombreuses disciplines telles que l’ingénierie, la médecine, l’éducation, l’économie, la finance ou encore le journalisme. Aurélie s’engage plus généralement à développer un monde technologique inclusif en luttant contre les biais algorithmiques et en communiquant régulièrement et auprès du plus grand nombre sur les technologies numériques et l’intelligence artificielle.

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