La pollution est désormais quantifiable et visible à tous

Source : Vox

Bénéficiaire d’une subvention de 1,7 million de dollars de la part du Google, une société à but non lucratif, WattTime, envisage d’utiliser le data issue des satellites en combinaison avec la puissance de l’intelligence artificielle, pour traquer avec précision et en temps réel la pollution de l’air, y compris les émissions de carbone, émanant de toutes les centrales électriques du monde. Les données proviendront d’une variété de capteurs fonctionnant à différentes longueurs d’onde, y compris l’infrarouge thermique capable de détecter la chaleur jetée pendant l’évacuation de la fumée ou de l’eau de refroidissement. Les informations recueillies seront rendues publiques.

Notre analyse : Dans un contexte où la pollution atmosphérique est le cinquième plus grand risque de mortalité dans le monde, la lutte contre des émissions excessives est un enjeu d’une extrême importance. Aujourd’hui, les techniques de monitoring des émissions sont faibles et les données biaisées (ou autrement dit ‘faussées’), ce qui limite l’efficacité du contrôle des centrales électriques. Cette nouvelle technologie rendra plus efficace le système de la surveillance et permettra d’accroitre la transparence des données. Toute réglementation de la pollution nécessite la surveillance et la vérification. Dans un contexte où de nombreux pays sont suspectés de sous-déclarer leurs émissions, une vérification transparente par une tierce partie, le public, augmentera la confiance en la capacité des régulateurs de restreindre la pollution. Avec une telle transparence, il deviendra impossible pour les centrales électriques de fausser les quantités des émissions et d’éviter un paiement des dédommagements.

D’autant plus qu’en matière de respect de l’environnement, le public peut être plus terrifiant et punitif que tout autre organisme de réglementation. L’accessibilité des données au grand public signifie un danger pour les plus gros pollueurs et tricheurs en termes de déclaration des émissions : aucune entreprise, aucun pays ne pourra plus cacher ou truquer ses chiffres. Une fois que ces données seront libérées, le public saura les trouver, et les utiliser ensuite pour revendiquer, à voix haute, la protection de la nature et la punition des pollueurs.

 

Une faille du système de surveillance chinois dévoile l’ampleur du dispositif

Source : 01.net

Le chercheur en sécurité John Wethington a trouvé les données recueillies par le système de surveillance chinois. Celles-ci étaient en ligne et accessibles à tout le monde depuis un navigateur, sans aucun contrôle d’accès. Cette trouvaille a permis de révéler les détails des données récoltées par le « Big Brother » chinois. Le système de reconnaissance faciale collecte des données physiques sur les passants de la ville de Pékin : âge, pilosité, humeur, lunette, masque, etc. Le système serait même capable de reconnaître l’origine ethnique du passant (les Hans forment la majeure partie de la population alors que les Ouïghours sont persécutés par le régime). La base de données révèle également que dès qu’une personne fichée apparait devant le système de reconnaissance, le lieu, l’heure, le nom de la personne et son numéro d’identité sont enregistrés et une alerte est envoyée aux autorités. Le système récupère également les données des appareils mobiles (téléphones, ordinateurs, etc.). Autre information troublante, la base de données est hébergée par Alibaba et le système informatique s’appuie également sur l’intelligence artificielle de ce géant.

Notre Analyse : L’intelligence artificielle donne aux États policiers modernes les moyens de leurs ambitions. Le plus inquiétant n’est pas tant l’existence de telles possibilités, mais le fait qu’il y ait peu de résistance des populations contre l’utilisation de tels outils. En Chine, le crédit social ne semble pas révolter la population. Un reportage réalisé par France 24 en immersion dans la ville de Pékin montre des citoyens chinois révéler fièrement aux journalistes leur score élevé. « Je trouve ça bien d’être noté, dans une société il faut qu’il y ait des règles », explique un jeune pékinois. La semaine dernière, l’annonce de l’Australie souhaitant s’inspirer du système chinois a fait prendre conscience que cette mode n’allait pas s’arrêter aux frontières de la Chine. Avec la demande croissante de sécurité, il est difficile de croire que nos démocraties ne résistent aux « avancées » que ces technologies permettent. La liberté risque de devenir obsolète, on lui préfèrera la protection, l’assurance d’une société sans délit, sans crime, sans risque. Malheureusement, cet idéal pourrait suffire à justifier que l’on sacrifie les quelques déviants pour le plus grand bien de la majorité qui n’a « rien à se reprocher ».

 

Une IA plus rapide et plus économe en énergie

Source : 01.net

Des chercheurs de l’Université de Stanford ont testé une puce neuromorphique qui reproduit artificiellement le fonctionnement des synapses du cerveau. Plutôt que de fonctionner de manière binaire (0 ou 1), cette puce fait varier l’intensité de ses signaux électriques qu’elle envoie. Ce type de puce existe déjà depuis plus d’un an mais cette expérimentation a eu pour particularité de permettre la programmation simultanée de 1024 synapses artificielles, ce qui constitue un gain de temps et d’énergie considérable. Cela est rendu possible par un disjoncteur général qui paramètre toutes les synapses simultanément. Scott Keene, co-auteur de l’article publié sur le site de l’université de Stanford a déclaré que « si on a un système de mémoire capable d’apprendre avec l’efficacité énergétique et la vitesse comme celui que nous avons présenté, on pourrait l’insérer dans un smartphone ou un ordinateur portable », tout en ajoutant que « cela nous donnerait la possibilité de former nos propres réseaux et de résoudre les problèmes localement sur nos propres appareils, sans compter sur le transfert de données. » Les grosses machines actuelles pourraient ainsi être remplacées par ces petites puces. La technologie en est toute fois à ses balbutiements, il reste encore à tester son système d’apprentissage, sa résistance à la chaleur, etc.

Notre Analyse : La capacité du cerveau à apprendre et mémoriser une importante quantité d’informations en consommant si peu d’énergie est une vraie prouesse de la nature que les ingénieurs cherchent à imiter. En effet, les technologies d’intelligence artificielle actuelles sont énergivores. A l’heure où les enjeux environnementaux poussent nos sociétés à réaliser des économies d’énergie, le développement de l’IA et des objets connectés est plus perçu comme un problème que comme une solution. A titre d’exemple, alors que le cerveau humain consomme en moyenne 20 watts – de l’ordre de la consommation d’une ampoule électrique -, l’IA AlphaGo de DeepMind en consomme 20.000. Le numérique consomme déjà 10% de la production électrique française. D’après le rapport Villani, en 2040 la consommation énergétique requise par les machines pour le calcul pourrait dépasser la production énergétique mondiale. L’enjeu est donc bien réel et cette nouvelle technologie n’est pas anecdotique. Face à ce défi, si certains parient sur l’effondrement de notre civilisation, cet exemple montre que l’ingéniosité humaine est encore pleine de ressources.

Des robots-livreurs se baladant sur les trottoirs

Source : BeGeek

Les premiers robots-livreurs circulent déjà sur les trottoirs de Washington. Autonomes et majoritairement électriques, ils sont surtout utilisés dans la dernière boucle de livraison et aident beaucoup les petits commerces à faire face à la concurrence des géants du commerce en ligne.  Dotés de caméras, de GPS, et d’intelligence artificielle, notamment de la capacité à mémoriser la carte d’un territoire, ces petits robots peuvent éviter certains obstacles lors de l’activité dans les zones fortement peuplées.

Notre analyse : Après la présentation d’un concept de drones-livreurs, l’autorisation des robots autonomes terrestres transportant des colis compacts ne semble plus extraordinaire. Particulièrement utiles pour les prestataires du commerce de détail, ces robots représentent une ouverture encore plus forte à la concurrence de ce secteur. Cette nouveauté offre aux petites entreprises la possibilité de concurrencer avec les compagnies-leaders possédant des réseaux de livraison bien développés et à cout marginal faible.

Toutefois, la question des risques d’accidents sur les passages piétons doit être adressée. Dotés d’une capacité de contourner ‘certains obstacles’, ces robots restent dangereux pour les personnes à mobilité réduite. Le piéton doit rester vigilant et capable de réagir vite en cas de comportement anormal d’une machine. Cela constitue un enjeu de sécurité des algorithmes. En effet, un fonctionnement sans interruption doit être assuré, autrement, un contact direct des robots avec des piétons pourrait s’avérer dangereux. De plus, même si aux États-Unis ‘aucun incident majeur n’a été recensé jusqu’à présent’, l’enjeu de la responsabilité est identique à celui de la voiture autonome. En cas d’accident grave engendré par ce robot inoffensif, sera-ce la compagnie qui possède ce robot, le livreur de la marchandise utilisant ce service, un piéton, ou encore le destinataire du colis qui sera considéré responsable et devra rembourser les dommages ?

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