Dans un monde où tout est instantané, l’Institut Sapiens vous propose de prendre 5 minutes chaque lundi pour (re)découvrir les principales informations économiques et technologiques de la semaine écoulée, commentées par nos experts.

Les jumeaux génétiquement modifiés dotés de super-capacités cognitives 

Source : Ulyces

Les jumeaux, appelés Lulu et Nana, auraient vu leurs gènes modifiés avant leur naissance en novembre 2018 avec un outil appelé CRISPR. Initialement ayant pour but d’immuniser les bébés contre l’infection par le VIH, le scientifique chinois He Jian­kui a procédé à une modification de leur l’ADN en apportant le gène CCR5. Toutefois, une telle modification génétique est susceptible d’affecter les capacités cognitives des jumeaux, en les faisant ainsi les premiers humains dotés d’un « super-cerveau » et de la récupération perfectionnée du cerveau après un accident vasculaire cérébral. Un autre côté de médaille, cependant, est explicité par certains neurobiologistes qui entrevoient des effets imprévisibles de ces modifications.

Notre analyse :  Si cette expérimentation est sans doute d’une ampleur exceptionnelle, elle reste controversée. Le triomphe immense en cas de succès de résister au virus de VIH, elle pose en même temps la question d’éthique. Il ne s’agit pas cette fois-ci d’une création d’un robot avec des dispositions intrinsèques, ni de l’IA apte de performer mieux, mais d’une intervention directe dans le processus de la reproduction biologique de l’humain. Certes, cette découverte bouleversera le domaine de la santé en apportant des opportunités de remédier des maladies cognitives, en outre de la résistance de l’humain au VIH. Néanmoins, l’expérimentation sur les bébés devant être traqués toute leur vie par des scientifiques, le risque des conséquences imprévisibles d’un génome modifié ainsi que la réaction débattue du public, font réfléchir sur le coût du spectacle de ‘design’ des humains avec des super-capacités. Les conséquences pouvant être visibles qu’après quelques années d’un approfondissement de l’étude, on pourrait dans le futur être menacé par une discrimination : en cas de succès, ce seront que les riches qui pourront financer une amélioration des capacités cognitives de leurs enfants ?

 

Un système de la reconnaissance faciale testé à Nice

Source : Le Figaro

 Pour la première fois en France, des caméras équipées d’un élément de reconnaissance faciale sont testées dans l’enceinte du carnaval à Nice. Après une autorisation par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), un millier de volontaires ont accepté un rôle de « cobayes » sur la voie publique surveillée les 19 et 20 février. Ayant pour but de tester certains scénarios récurrents comme celui d’un enfant perdu ou d’une personne suspecte, à terme, ce système appelé « Any Vision » sera utilisé à des fins de sécurité et de prévention.

Notre analyse : La sécurité renforcée par la mise en place d’un système de reconnaissance faciale est une grande avancée dans la lutte contre le terrorisme et d’autres dangers. Toutefois, avec l’introduction de cette technologie à l’échelle nationale, les libertés individuelles des citoyens pourront être menacées par une surveillance omniprésente. En cas d’approbation du système et de la propagation de la technologie « Any Vision », la France, risque de copier la Chine et son système de notation sociale,  qui correspond à un contrôle absolu de la vie quotidienne des citoyens.

 

Amazon promet de rendre la moitié de ses livraisons neutres en carbone d’ici 2030

Source : Usbek & Rica

Lundi 18 février, l’entreprise de vente en ligne a déclaré que «baisser les coûts doit aller de pair avec une réduction de l’impact sur l’environnement ». Cette annonce a été faite en réaction à un rapport publié par Greenpeace cinq jours avant qio l’accusait  avec d’autres géants du « cloud computing » d’alimenter leurs infrastructures principalement avec des énergies polluantes. Si Amazon a démenti les chiffres avancés par l’ONG (12% d’énergie d’origine renouvelable), le géant en a néanmoins profité pour mettre en avant ses nouveaux engagements.

Mises bout à bout, les innovations en matière de développement durable  (véhicules électriques, carburants bio pour l’aviation, emballages réutilisables et énergies renouvelables) devraient permettre à la firme de rendre la moitié de ses livraisons neutres en carbone d’ici 2030. En outre, son empreinte carbone sera également publiée publiquement « plus tard dans l’année ».

Notre analyse : Si Amazon n’a pas attendu le rapport de Greenpeace pour se doter d’une stratégie pro-environnementale, on remarque tout de même le rôle fondamental que peuvent jouer les « lanceurs d’alerte » dans la régulation du capitalisme. Les entreprises, aussi puissantes soient-elles,sont aujourd’hui obliger de renvoyer une image positive de leurs affaires pour éviter un bad buzz auprès de l’opinion publique. Les ONG, journalistes et autres producteurs de critiques contre les multinationales permettent de responsabiliser les entreprises. En matière d’écologie, le concept a tellement conquis l’opinion qu’aucune entreprise ne peut ouvertement déclarer ne pas s’en préoccuper. Non seulement renier l’écologie devient suicidaire, mais s’engager pour améliorer ses performances environnementales devient un véritable avantage compétitif dans un monde où la mentalité des consommateurs évolue vers des pratiques plus durables. Néanmoins, ceci ne signifie pas que toute critique faite au capitalisme par ses détracteurs est fondée, ni même que la stratégie marketing des entreprises est complètement désintéressée.

Des chercheurs jugent leur IA trop dangereuse et bloquent sa sortie

Source : Usbek & Rica 

Des chercheurs d’OpenAI, une association californienne à but non lucratif de recherche en intelligence artificielle, ont développé une IA « linguistique » nommée GPT2 capable d’écrire une suite tout en restant fidèle au style de l’auteur et au sens du texte. Elle a notamment poursuivi les deux phrases d’incipit de 1984 de George Orwell et proposé une suite étonnante à un article du Guardian sur le Brexit. Le directeur de recherche d’OpenAI assure que GPT2 aurait même très bien pu passer les examens d’admission aux universités américaines et recevoir une excellente note. De peur que cette technologie ne tombe entre de mauvaises mains, les chercheurs ont décidé de ne sortir qu’une version limitée et ne publiera aucune information sur son code d’apprentissage, sa base de données ou son modèle. Pour l’instant, ils souhaitent continuer à explorer les capacités de GPT2 pour voir jusqu’où il peut aller.

Notre analyse : OpenAI s’est fixé pour mission de sensibiliser le public aux éventuels dangers de l’intelligence artificielle et promeut une IA au service du bien commun. Malheureusement, tous les développeurs ne seront pas aussi bien intentionnés. Les chercheurs soulignent également le caractère « imprévisible » de l’IA et la nécessité de prendre des précautions. La régulation de l’IA est un vrai sujet de réflexion mais reste très délicat. Comment réguler une technologie dont on ne connait pas encore tous les contours et les limites sans pour autant freiner son développement ? Quel niveau de risque notre société souhaite-t-elle tolérer ? Il est illusoire de croire que nous pourrons contenir l’usage de l’IA à des fins vertueuses tout simplement parce que tout le monde n’adhèrera pas à la « guideline » éthique publiée récemment par la Commission Européenne. Néanmoins, face à une IA utilisée à des fins malhonnêtes ou criminelles, l’IA « éthique » deviendra un outil de défense indispensable.

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