Les sociétés industrialisées se sont largement habituées à recourir à la technologie pour faciliter leur quotidien. Cette propension à chercher dans la technologie une solution aux problèmes humains n’est pas sans conséquences. La confiance que nous plaçons dans les outils techniques a pour corollaire l’affaiblissement de notre capacité tant à chercher d’autres solutions qu’à exercer notre esprit critique face à des outils présentés comme des panacées.
Dans le contexte actuel de craintes induites par la crise sanitaire liée au coronavirus (SRAS-CoV-2), la raison est souvent écrasée par l’émotion. Dans nos sociétés marquées par le sentiment de menace permanente, tout outil présenté comme offrant une solution à une menace est considéré comme acceptable, si ce n’est désirable. En l’occurrence, le recours à une application de traçage pour identifier les personnes ayant été en contact avec un individu porteur de Covid-19, est apparu comme une solution de choix pour lutter contre une maladie présentée comme dévastatrice1 .
Si le gouvernement français a fait le choix de brigades sanitaires dans un premier temps, il semble qu’il n’exclue pas, dans un second temps, l’utilisation d’une telle application en complément des brigades. Le présent document vise à proposer quelques pistes de réflexions préliminaires au débat à venir sur l’emploi de l’application Stop-Covid. Plus largement, il contribue à la réflexion actuelle sur le développement de nouvelles technologies.

 

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À propos des auteurs

Ysens de France

Docteure en droit public, elle est spécialisée en robotique terrestre. Dans le cadre de son doctorat, elle s’est particulièrement intéressée à l’émergence de systèmes militaires robotisés autonomes dans les conflits armés. Une approche spécifique qui a construit une réflexion prospective et transverse des enjeux liés à l’innovation technologique. Le champ d’application de ses recherches est européen et international, à l’instar de sa collaboration avec euRobotics. Elle est actuellement directrice de la prospective à l’Institut Sapiens.

Emmanuel R. Goffi

Directeur de l’Observatoire Ethique & Intelligence Artificielle de l’Institut Sapiens. Il est spécialiste en sciences politiques et éthiques. Il a servi durant 25 ans dans l’armée de l’Air française. Titulaire d’un doctorat en sciences politiques de Science Po Paris, Emmanuel est également professeur en éthique des relations internationales à l’ILERI et chercheur associé au Centre for Defence and Security Studies à la University of Manitoba, à Winnipeg, Emmanuel a enseigné et conduit des travaux de recherche dans de nombreux établissements universitaires en France et aux Canada. Il intervient régulièrement dans des colloques et dans les médias. Il a publié de nombreux articles et chapitres d’ouvrages et est l’auteur de Les armées françaises face à la moral : une réflexion au cœur des conflits modernes(Paris : L’Harmattan, 2011) et a coordonné un ouvrage de référence sur les drones, Les drones aériens : passé, présent et avenir. Approche globale(Paris: La Documentation française, coll. Stratégie aérospatiale, 2013). Ses recherches portent essentiellement sur l’éthique appliquée à la robotique et à l’intelligence artificielle, notamment dans le domaine de la défense.

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